vendredi 28 avril 2017

L'Héritage des Rois-Passeurs, Manon Fargetton

J'ai failli oublié de mettre mon avis sur ce roman ici. Trop de chose à faire en ce moment, et voilà que j'oublie une chose qui me semble à moi importante. Surtout que le roman est fort bon.

L'Héritage des Rois-Passeurs, Manon Fargetton

éditeur : Bragelonne
Collection : /
Année de parution : 2015
Format : AWZ

A lire si :
- Vous voulez de la fantasy en One-shot
- Vous aimez les héroïnes fortes
- Vous aimez les intrigues complexes

A ne pas lire si :
- Vous aimez quand ça prend son temps

Présentation de l'éditeur : 

La dernière héritière d'une lignée royale doit fuir notre monde et retourner dans celui de ses ancêtres pour échapper aux hommes qui veulent l'éliminer. Là-bas, une princesse rebelle rentre chez elle pour prendre ce qui lui est dû : le trône d'Ombre. Voici l'histoire de deux femmes, de deux mondes imbriqués, de deux retours simultanés qui bouleverseront une fois de plus le destin tortueux du royaume d'Ombre. Coïncidence, ou rencontre orchestrée de longue date ?

Mon avis

Je ne connaissais pas Manon Fargetton lorsque j'ai pris ce roman durant l'une des opé Bragelonne (la dernière il me semble, je ne sais plus). Juste en avais-je entendu parlé et encore. Mais la couverture est juste magnifique et la quatrième intrigante. Il ne m'en fallait pas plus pour découvrir le roman. En plus, chose appréciable, c'est un one-shot, ce qu'on trouve assez rarement au final en fantasy. Pas de série à rallonge, juste un roman et pourquoi pas ensuite des livres dans le même univers (c'est bien le cas ici, puisque Les illusions de Sav-Loar sont dans le même univers).

Le roman commence par une chasse au dragon bien fantasy. On découvre directement Ravenn l'une des héroïnes ainsi que la belle écriture de Manon Fargetton. Et puis, d'un coup, on passe dans notre monde, à notre époque avec Enora. Sur le coup, n'ayant pas relu la quatrième, je me suis demandée ce qu'il se passait. Mais tout cela est des plus normal en fait. Et je dois bien dire que même si l'idée de la jeune fille qui atterrit dans un monde fantasy n'a rien de bien original, elle est parfaitement menée tout au long du roman par l'autrice. Mais je n'en dirais pas plus pour ne pas spoiler.

J'ai aimé tant de chose dans ce livre que je ne sais par quoi commencer. L'écriture de Manon Fargetton est plaisante à lire. Les descriptions nous entraînent directement dans l'univers d'Ombre sans être ultra longue ou complexe, les scènes de batailles et d'actions sont fluides et les dialogues tout autant et ne tombe pas là comme un cheveux sur la soupe. J'aime quand tout est fluide comme ça, qu'on ne perd pas de temps avec des descriptions à rallonge (même si j'adore Tolkien, le maître en la matière). Et si l'écriture de l'autrice est fort agréable, elle met en avant les caractères des personnages, des personnages qui sont vraiment tous intéressants.

On commence avec les deux héroïnes, Ravenn et Enora. Ravenn est donc la princesse d'Ombre. Une princesse qui n'a pas hésité à partir en exil pendant sept ans et à revenir prendre son trône. J'ai adoré Ravenn, mais vraiment. Femme forte, fière, elle n'hésite pas le moins du monde à reprendre sa place même si pour cela, elle doit faire la guerre à son propre père et aux magiciens du Clos. Elle semble tellement sûre d'elle. Et, chose assez rare pour le noter, Ravenn est homosexuelle. Et cela est amenée de belle manière, sans fioriture et surtout sans bon gros cliché. A côté d'elle, on trouve Enora, descendante des Rois-Passeurs, qui a vu sa famille massacrée le jour de ses vingts ans. C'est un aussi un personnage fort, que la vengeance motive. Si elle m'a un tout petit peu moins plut que Ravenn, elle n'en reste pas moins intéressante. Au final, je trouve juste un peu dommage que Ravenn prenne un peu plus de place qu'elle dans l'histoire. Autour d'elles, des hommes surtout, mais qui ne leur volent pas la vedette. On y trouve Charly et Julian, deux frères qui vont venir au secour d'Enora et vont se retrouver embarquer en Ombre et dans les intrigues de Ravenn. Les deux frères sont en opposition niveau caractère mais complémentaires. IL y a aussi Hank, personnage des plus mystèrieux dont je ne parlerais pas plus ou encore Enoc'h, magicien qui va retourner sa veste et Luernios, prêtre d'un Dieu oublié. Côté ennemi, c'est pas mal non plus et surtout, ils ne semblent pas être juste là pour mettre des bâtons dans les roues de tout le monde. Leurs intrigues politiques ajoutent un vrai plus à l'histoire.

D'ailleurs, l'histoire, je n'en ai pas beaucoup parlé. Comme je le disais, elle part de quelque chose de pas forcément ultra original pour arriver à de la très bonne fantasy mêlant tout ce que je peux aimer dedans (en vrac, politique, complot et dragon). L’enchaînement est juste parfait et même si à un moment, j'ai quand même douté du plot de départ durant le déroulement du roman, je dois bien avouer que c'était plutôt pas mal vu au final. 

Pour conclure, j'ai donc beaucoup mais alors beaucoup aimé ce roman de fantasy, que se soit par son univers, ses personnages ou l'écriture de son autrice. Je pense que je me prendrais bientôt les Illusions de Sav-Loar, vu que j'ai adoré l'univers d'Ombre. En tout cas, je le conseille vivement à ceux qui veulent un bon one-shot fantasy.



jeudi 27 avril 2017

La Légende de Marche-Mort, David Gemmell

Je n'ai pas lu de Gemmel depuis 2015 déjà. Ca me manquait un peu. Du coup, j'ai pioché dans ma PAL numérique pour en sortir un, et c'est tombé sur la Légende de Marche-Mort. Tant pis pour mon idée de les lire dans l'ordre chronologique de parution.

La Légende de Marche-Mort, David Gemmell

Editeur : Milady
Collection : fantasy
Année de parution : 2012
Titre en VO : The Legend of Deathwalker
Année de parution en VO : 1996
Format : epub

A lire si
- Vous aimez les grandes batailles
- Vous aimez l'humour mais pas trop

A ne pas lire si :
- Vous voulez des dragons et autres créatures
- Vous voulez du grand voyage

Présentation de l'éditeur :

Le vieux guerrier se nomme Druss, mais on l'appelle Légende. Sa vie est un combat sans fin : deux bras maniant la hache au nom de l'honneur et de la justice. Pour l'ennemi nadir, il est Marche-Mort, un surnom sombre et maléfique, synonyme de destruction. A la veille de son dernier combat, le vieux guerrier raconte à une jeune recrue comment il a obtenu ce titre. Comment des années auparavant, il s'est embarqué aux côtés de l'énigmatique Talisman, un jeune guerrier nadir, dans la plus incroyable des aventures, en quête des joyaux d'Alchazzar, et comment cette épopée l'a conduit jusqu'au plus profond du royaume des morts. Lorsque Légende se lève et marche, il ne fait pas bon se dresser sur sa route...

Mon avis

En ordre de parution, la Légende de Marche-Mort est le septième roman de la série Drenaï. Chronologiquement, il se passe des années avant Legende. D'ailleurs son prologue et son épilogue prennent place durant le siège de Dross Delnoch par Ulric. C'est le point de commencement. Pour motiver les soldats, Druss va leur raconter l'une de ses aventures.

Alors qu'il a "abimé" le champion de lutte Drenaï, Druss se voit dans l'obligation de le remplacer au cours des jeux de Gulgothir. Il y fait la connaissance de Klay, son adversaire avec qui il sympathise rapidement. Malheureusement, le roi-dieu du Gulgothir est fou et son premier ministre retors. Par un concours de circonstence et pour assurer la victoire de Klay, le dit premier ministre envoie des hommes assassiné Druss. Alors que la ville se soulève de plus en plus contre le régime en place, c'est Klay qui sera mortellement touché. Un chaman nadir va révéler à Druss l’existence de pierres magique pouvant le soigner. Druss et Sieben, un ami poète, vont partir à leur recherche. C'est ainsi qu'ils croiseront la route de Talisman, jeune nadir lui aussi à la recherche des pierres pour unifier son peuple.

La Légende de Marche-Mort nous entraîne donc au tombeau d'OsikhaÏ, grand guerrier nadir, sorte de père de la nation. Il nous plonge autant dans une partie de la Légende de Druss, celle qui lui voudra le surnom de Marche-Mort que dans le passé des nadirs. Le roman introduit aussi la jeunesse d'un personnage important de la saga Drenaï et de Legende. J'ai d'ailleurs beaucoup aimé le traitement du dit personnage, Talisman (mais je ne dirais pas qui il est dans Legende). Il m'a un peu rappelé Tenaka dans le Roi sur le Seuil. Enlevé par les Gothirs lorsqu'il était enfant, élevé dans l'une de leur école militaire, il est étranger pour les siens et pour les autres. C'est un thème qui revient souvent chez Gemmel et que j'apprécie beaucoup. La différence est toujours présente chez lui et traité de manière subtile. Tout comme la guerre d'ailleurs. Il s'en sert beaucoup (c'est un peu le fond de commerce de la saga d'ailleurs) mais jamais n'en fait l'apologie. Druss est un personnage guerrier, qui ne vit que pour se battre, qui s'ennuie dès qu'il est dans sa ferme. Pourtant, il pense que le métier de fermier est bien plus compliqué et que la guerre ne devrait pas forcément exister. La guerre est présente, il faut faire avec (c'est un monde médiéval comme on peut l'imaginer), mais si elle pouvait être éviter, cela serait encore mieux.

Enfin, parlons un peu de l'écriture de Gemmel, toujours aussi facile à lire, toujours aussi entraînante. J'apprécie la simplicité qu'il utilise que se soit dans les moments de calme ou ceux d'action. D'ailleurs, il est rare que j'apprécie une bataille qui se déroule sur plusieurs chapitres où le sang coule à flot. Pourtant, avec lui, ça passe sans le moindre problème. C'est violent mais jamais trop. 

Au final, j'ai encore une fois apprécié ma lecture d'un Gemmel et je me demande pourquoi j'ai attendu aussi longtemps avant de me replonger dans la saga Drenai. 

lundi 24 avril 2017

En Quête de Vengeance, Le Fou et l'Assassin, tome 3, Robin Hobb

Aussitôt acheté, presque aussitôt lu. Je ne résiste jamais à une aventure de Fitz, même si je sais qu'après, je vais devoir attendre un long moment avant d'avoir la suite.

En Quête de Vengeance, Le Fou et l'Assassin, tome 3, Robin Hobb

Editeur : J'ai lu
Collection : Fantasy
Année de parution : 2017
Titre en VO : Fitz and The Fool, book 2: Fool's Quest
Année de parution en VO : 2015
Nombre de pages : 505

A lire si :
- Vous avez lu et aimé les deux premiers cycles de l'Assassin Royal
- Vous voulez des mystères
- Vous aimez Fitz

A ne pas lire si :
- Vous avez du mal avec les héros qui s’apitoient  un peu trop sur leur sort...
- Vous voulez de grands voyages

Présentation de l'éditeur : 

FitzChevalerie et le Fou ont changé le cours de l’histoire. Puis leurs chemins se sont séparés. Le bâtard de sang royal s’est détourné de ses activités pour mener une existence paisible à Flétribois, quant à son fidèle compagnon, il n’en a plus entendu parler. Jusqu’à ce qu’il le retrouve, mutilé, au hasard d’une balade avec Abeille. Les graves problèmes de santé de son vieil ami et les intrigues à la cour font baisser la garde de Fitz alors que survient le pire : sa fille est enlevée. Le Fou, au crépuscule de sa vie, a laissé échapper des secrets qui pourraient bien conduire de pâles inconnus à user d’Abeille comme de leur prochaine arme. Mais une magie ancienne coule encore dans les veines de FitzChevalerie Loinvoyant et, bien que ses talents d’Assassin se soient amoindris avec le temps, ennemis comme amis vont apprendre qu’il reste toujours la vengeance à celui qui a tout perdu.

Mon avis

Me voilà commençant le second tome du Fou et de l'Assassin si on suit le découpage originel. Marrant comme j'arrive pas à me dire que c'est un tome 3. Pour moi, c'est le début du 2, un point c'est tout (alors oui, il fallait que je rale sur le découpage, c'est comme ça, faut s'y faire). Et donc, ce début, il vaut quoi ?

En premier lieu, petit avertissement, ça va sûrement spoiler.

Nous reprenons exactement là où nous avions laissé Fitz et Abeille, l'un à Castelcerf avec le Fou, l'autre en bien mauvaise posture à Flétribois. Sur cette première partie, Hobb semble se concentrer un peu plus sur Fitz que sur sa fille. Je ne suis pas contre cette manière de voir les choses tant j'adore Fitz mais du coup, j'ai l'impression que rien n'avance pour Abeille, alors qu'elle est tout de même au centre de l'histoire. J'aurais apprécié la suivre un peu plus. Même s'il ne se passe pas grand chose en terme d'action de son côté, elle met en évidence les Serviteurs du Blanc, dont nous avions jusque là seulement entendu parler dans l'Assassin Royal (enfin, plutôt dans the Tawny Man, la seconde partie)(celle qui se passe après les Aventuriers de la mer). Je suppose que nous la verrons un peu plus dans la seconde partie, du moins je l'espère car j'apprécie de plus en plus cette jeune demoiselle.

Côté Fitz, on n'avance pas forcément non plus durant un moment. Mais quel plaisir de revoir le Fou, de l'entendre aussi. Bon, il est bien différent de celui dont nous avions l'habitude, mais il est là. Et puis d'un coup, Devoir décide de rendre à Fitz son nom et sa fonction de prince. Et là, c'est assez étonnant. Parce que Fitz n'a jamais été prince. Jamais. Et qu'il ne veut pas vraiment l'être. Juste après, il apprend l'attaque de Flétribois et s'y rend pour découvrir le désastre. Un désastre que les habitants ne voient pas, grace à l'art ou du moins à un truc qui s'y rapproche. Et puis, on en apprend un peu plus sur Evite et Lant (et j'avais donc raison sur qui ils sont). Fitz et Umbre décide de tout faire pour récupérer les filles, mais autant le dire rien ne va être simple, mais du tout. Du coup, on retrouve le Fitz qui me donne envie de lui foutre trois claques dans la tête, celui qui passe son temps à se lamenter alors qu'il pourrait agir. Or, avec la super annonce de Devoir, il n'a pas forcément beaucoup de l'attitude pour agir comme il le voudrait, sans parler du fait qu'il est plus que possible que les Serviteurs sachent déjà ce qu'il va faire. Bref, pour le moment, notre Fitz se ronge les sangs, cherche des solutions mais n'agit pas beaucoup.

Hobb commence donc gentiment à nous faire entrer dans le vif du sujet après un premier tome (ou deux en VF donc) où elle remettait son univers en place. Et elle fait ça plutôt bien, en mettant en avant des personnages qu'on a toujours vu (je pense à Umbre) mais pas toujours bien compris. D'ailleurs, elle profite aussi pour nous en présenter d'autres risquent d'être là plus souvent, comme Cendre par exemple qui j'espère sera toujours bien présent. J'aime la façon dont elle pose le tout, sans trop perdre son lecteur, en remettant en course des personnages qu'on avait pas vu depuis longtemps (certains depuis la première partie de l'AR, d'autre depuis la seconde). Même si nous ne voyons qu'une ébauche de la suite, tout cela s'annonce plus que prometteur et j'ai hâte d'avoir toute la série.

Au final, un début de second tome vraiment sympathique, qui sans vraiment changer de ce que nous avons pu voir de Fitz et des autres personnages jusqu'à maintenant, amorce réellement une nouvelle époque, bien plus que le premier tome. Vivement la suite.

mardi 18 avril 2017

La Première Cavalière, Cavalier Vert tome 2, Kristen Britain

Me voilà de retour en Sacoridie à la suite des Cavaliers Verts. J'avais apprécié le premier tome, et j'avoue que je voulais vraiment continuer la série pour voir où Kristen Britain allait nous amener. 

La Première Cavalière, Cavalier Vert tome 2, Kristen Britain

Editeur : Bragelonne
Collection : Fantasy
Année de parution : 2012
Titre en VO : Green Rider, book 2 : First Rider's Call
Année de parution en VO : 2003
Format : AWZ

A lire si :
- Vous avez aimé le tome 1
- Vous aimez quand ça prend son temps

A ne pas lire si :
- Vous voulez de la grande chevauchée
- Vous voulez que ça aille vite.

Présentation de l'éditeur : 

Karigan G'ladheon, jeune fille éprise d'aventure, s'enfuit après avoir été exclue de son école pour avoir défié en duel le fils d'un gouverneur de province. Elle croise alors un Cavalier Vert, l'un des légendaires messagers du roi qui lui demande dans un dernier souffle de porter un message à son souverain. Sans même prendre connaissance de la missive, elle fait le serment de la remettre en mains propres, scellant ainsi son destin, car elle est soudain magiquement investie de la mission qu'elle vient d'accepter : devenir un Cavalier Vert. Dès lors, traquée par des assasins au service d'un mystérieux sorcier, Karigan ne peut compter que sur sa fidèle monture et les mystérieux pouvoirs qu'elle va découvrir...

Mon avis

Comme je le disais, j'avais bien aimé le premier tome des Cavaliers Verts. Il était donc temps d'en découvrir un peu plus, surtout qu'on devrait avoir passer l'étape initiatique (j'aime bien cette phase, je dis pas le contraire, mais parfois, je la trouve un peu lourde, surtout qu'elles finissent par toutes se ressembler en fantasy). Bref, j'ai entamé ce tome enthousiaste et je les refermais toujours enthousiaste. 

Comme pour le premier tome, le livre commence par de l'action et pas des moindres. Une grande bataille, des morts, une créature éthérique qui s'enfuit, une Karigan blessée et pas mal d'émotion. Le retour à la maison n'est pas forcément mieux. La magie s'emballe, que ce soit celle des Cavaliers ou celle dite sauvage. Alton est envoyé au mur de D'yer pour essayer de comprendre et soigner la brèche faite durant le premier tome. Pendant ce temps, Larenne Steele se trouve en prise à son pouvoir et perd la tête. Karigan, toujours blessée et Mara vont prendre son relais.

A partir de là, ça peut paraître un peu long. Il n'y a pas vraiment de grande phase d'action. Par contre, on découvre un peu plus le roi Zacharie et le travail des Cavaliers Verts lorsqu'ils ne sont pas en mission. Heureusement, les pouvoirs de la broche de Karigan changent quelque peu. Ainsi, elle va faire la connaissance de Lil Ambrioth, la toute première Cavalière et va découvrir le passé des Cavaliers. Un passé fait de bataille qui amène du coup un peu d'action dans un récit qui en semble parfois un peu trop vide. Du côté du mur, il en va de même, peu d'action, si ce n'est une scène assez courte. Mais ce tome me semble être là pour poser un peu plus les Cavaliers Verts et faire comprendre leur importance. 

Il est aussi là pour présenter celui qui va devenir l'ennemi numéro un dans la saga. Un ennemi qui pour le moment se repose sur les descendants de son peuple. Un ennemi qui a plus de mille ans et qui n'est pas content du tout. Enfin, surtout ses alliés dans ce tome. Or si lui va s'occuper du cas Alton, en lui faisant croire pas mal de chose pour qu'il ne répare pas le mur, les autres vont plutôt s'occuper de Karigan. Malheureusement, si l'ennemi est bien là, je les ai trouvé un peu moyen va-t-on dire. Un peu mou du genoux. Et c'est particulièrement dommage. 

Mais comme je le disais, l'accent semble vraiment être mis sur l'histoire des Cavaliers Verts. Si le premier tome était là pour que l'on découvre Karigan, celui-ci est une sorte de tome 1 bis pour découvrir tout le reste. Du coup, il est un peu lent mais pas du tout inintéressant. On découvre un peu plus les personnages. Et si j'aime toujours beaucoup Karigan, je me suis aussi prise d'affection pour Mara et Alton qu'on ne voyaient pas assez dans le premier tome. Dommage par contre que Larenne soit finalement si peu présente. Quant à Zacharie, il manque pour moi de subtilité (trop gentil en fait). Il est agréable de voir les personnages secondaires un peu mieux traité que dans le premier tome. Par contre, comme précédemment, les antagonistes sont peu traités et manquent cruellement de nuance, si ce n'est la sentience (le grand méchant donc). 

Malgré la lenteur (finalement appréciable au vu de tout ce que semble mettre en place ce tome) et le fait que je le trouve très tome 1 bis, j'ai pris plaisir à lire ce roman. L'univers me plait toujours autant, si ce n'est plus que la fin de ma lecture du premier tome, il en va de même pour les personnages, que je trouve mieux caractérisé. J'ai le tome trois dans ma PAL et je compte bien le lire sous peu (dans moins d'un an quoi...). J'espère par contre qu'il sera un peu moins lent que les deux premiers tomes et qu'on évitera la partie découverte de l'univers en encore plus approfondi. Dans tous les cas, pour le moment, la saga est parfaitement pour moi, elle reste de la fantasy classique, pas prise de tête et agréable à lire. 

jeudi 6 avril 2017

Daughters of Darkness, Les Foulards Rouges, saison 3 épisode 5, Cécile Duquenne

En Mars, les Foulards Rouges sont sortis un peu tard, juste avant la fin du mois. Un peu plus d'attente donc avant la fin, et en même temps un petit soulagement de se dire qu'elle n'arrivera pas trop tôt (oui, je n'ai pas la moindre envie de quitter les Foulards Rouges). Bref, allons-y pour ce cinquième épisode.

Daughters of Darkness, Les Foulards Rouges, saison 3 épisode 5, Cécile Duquenne

Editeur : Bragelonne
Collection : Snark
Année de parution : 2017
Format ; epub

A lire si : 
- Vous avez lu et aimé la première et la seconde saisons
- Vous voulez une série qui mélange les genres avec bonheur

A ne pas lire si :
-... (toujours pas trouvé pourquoi il ne faudrait pas les lires, les Foulards Rouges)
- Par contre, si vous n'avez pas lu les deux premières saisons, autant éviter (tout comme de lire mes avis d'ailleurs)

Présentation de l'éditeur :

Retrouvez Lara et Renaud dans la dernière saison des Foulards rouges !

Mon avis

Je ne le dirais jamais assez, je vais grandement spoiler cette saison trois et donc ce cinquième épisode. Donc, si vous ne l'avez pas encore lu, si vous n'avez même pas commencé la saison trois, passez votre chemin. Tout de même, un petit mot pour ceux qui ne liront pas ce qu'il y aura en dessous de l’avertissement en rouge. Cet épisode est dans la lignée des autres, bien entendu. On passe de quelque chose qui semble presque calme pour aller crescendo et quel crescendo. La tension monte réellement tout le long de l'épisode, et cela quel qu'en soit le personnage point de vue. Autant le dire, la fin de la saison va être plus qu'explosive au vu de ce qu'il se passe dans ce cinquième épisode.

/!\ SPOILER (en gros et en rouge, comme ça, vous êtes prévenus !)

Et c'est parti pour la partie à spoiler. 

Donc, reprenons où nous en étions, c'est à dire alors que les Foulards Rouges ne vont pas tarder à devoir combattre. Un cargo du Parti vient de s'écraser sur Bagne et parmi ses occupants, Numéro Trois. Or, si tout semble bien huilé niveau plan avec le coupe-magie m'y en place, bien Cécile Duquenne en a décidé autrement. Et puis que serait la série si les plans ne fonctionnaient pas comme ils le devraient ? S'ensuit donc une bataille pas forcément ultra épique, mais surtout dévastatrice pour les Foulards Rouges. Ce qui devait être une surprise ne l'est pas, Lara et Renaud tombent même dans un piège, l'une réussissant tant bien que mal à s'en sortir, l'autre devenant captif. 

La première partie est presque "classique". Un plan qui ne fonctionne pas vraiment, une bataille, des morts, des blessés. Et ça fonctionne fort bien puisque le lecteur se retrouve à stresser avec les personnages, à se ronger les ongles. Cécile Duquenne a déjà prouvé qu'elle savait faire de la scène de bataille. Mais cette première partie, si elle fait monter le stress n'est pas la plus intéressante de cet épisode.

Non, le plus important, c'est bien la seconde partie. Déjà parce que Renaud est entre les mains de Numéro Trois et que franchement l'ennemie n'est pas tendre du tout. On avait eu l'occasion de voir la perfidie des Cinq à la fin de la saison deux et bien ce n'était rien face à ça. Mais vraiment. Autant dire qu'on a grandement envie d'être aux côtés de Lara pour aller détruire de la Numéro Trois. Une Lara qui d'ailleurs ne compte pas rester sur une défaite, même si elle commence grandement à douter d'en sortir vivante. Le doute était déjà présent, mais là il s'amplifie. J'aime cette Lara aux portes du désespoir et qui pourtant va de l'avant. J'aime aussi voir Lady Bang avec un visage un peu plus humain. C'est amusant, Lara se dissocie de Lady Bang alors que je trouve que justement, elles se mélangent de plus en plus. Peut-être est-ce l'effet du coupe-magie sur elle. Lara part à l'assaut de l'Hacienda et cet assaut est encore plus stressant que la bataille près du vaisseau du début du tome. Je n'en dirais pas forcément, on en reparlera surement lors de l'avis de l'épisode 6. Juste, ça finit par un cliffhanger, forcément. Et une fois encore, je le trouve moins horrible (enfin si on veut) que certains des deux premières saisons, comme si l'autrice voulait tout de même nous donner un peu d'espoir avant de nous faire à nouveau frémir d'horreur. 

Au final, c'est encore une fois un super épisode. Peut-être même celui que je préféré pour le moment de la saison trois (oui, je suis la sadique qui aime quand les personnages sont en danger et pas qu'un peu)(surement pour faire écho à Cécile Duquenne qui semble aimer les faire bien souffrir). J'attends la suite avec beaucoup d'impatience.

mardi 4 avril 2017

Baise-moi, Virginie Despentes

Cela fait déjà un long moment que je n'ai pas lu de Despentes. Le dernier était son recueil de nouvelles lu en 2015, pour dire. Un recueil qui d'ailleurs ne m'avait pas tant plu que ça. Cette fois, elle revient dans la PAL avec son tout premier roman. Ce qui veut enfin dire que je vais pouvoir m'offrir bientôt les Vernon Subutex.

Baise-moi, Virginie Despentes

Editeur : Le livre de poche
Collection : /
Année de parution : 2016 pour cette édition
Nombre de pages : 288

A lire si :
- Vous aimez le style Despentes
- Vous voulez du bien trash, bien vulgaire, bien sanglant aussi.

A ne pas lire si : 
- Vous n'aimez pas le trash, le vulgaire, le violent

Présentation de l'éditeur : 

« Elle est surprise d'être aussi vulnérable, encore capable de douleur. Au début, on croit mourir à chaque blessure. On met un point d'honneur à souffrir tout son soûl. Et puis on s habitue à endurer n'importe quoi et à survivre à tout prix. On se croit endurcie, souillée de bout en bout. L âme en acier trempé. » Nadine et Manu sont deux filles de leur époque, à une nuance près elles refusent de subir la vie, ses frustrations et ses défaites. Alors, elles forcent le destin à accomplir leur volonté, persuadées que tout ce qui ne les tuera pas les rendra plus fortes. De casses de supermarché en revanches sanglantes, elles deviennent des prédatrices insatiables et sans scrupules, parsemant leur sale balade de sentences bien brutales, syncopées et implacables.

Mon avis

Baise-moi se traîne depuis sa parution une réputation particulièrement sulfurique, réputation qui ne fut pas arrangée par le film tiré du roman, qui fut censuré en France. Premier roman de Despentes, premier succès aussi même s'il a bien failli ne jamais être publié. Et premier scandale avec le film. Mais qu'a donc ce livre pour avoir cette réputation ? 

Le premier chapitre donne le ton. On découvre Nadine, l'une des deux héroïnes du roman, en train de mater un porno puis de se prendre la tête avec sa coloc'. Ensuite, passage chez Manu, la seconde, complète saoule. Durant la première partie, nous allons apprendre à la connaitre. L'une est fan de porno, prostituée lorsqu'elle a besoin de tunes, mal dans sa peau. L'autre est une banlieusarde qui n'a plus grand chose à perdre, si ce n'est elle-même dans la violence et dans l'alcool. Et puis, ça bascule. Violée puis assistant au meurtre de la fille avec qui elle traînait à ce moment-là, Manu pète un câble. Elle va braquer son mec, lui prendre flingue et argent puis allait assassiner un flic et sa femme. Nadine, elle, va rejoindre un pote sur Paris, pote qui se fera tuer juste après son arrivée. Et c'est à ce moment qu'elles vont se rencontrer. Rien ne justifie leur amitié soudaine dans les premiers chapitres. Du moins presque rien. Elles n'ont rien en commun si ce n'est leur désillusion. Et pourtant, alors que Manu prend presque en otage Nadine pour la mener loin de cette merde, elles vont se lier d'amitié. Et toutes les deux vont semer panique et mort autour d'elle. Pourquoi ? Vengeance face aux injustices faites aux femmes, envie de le faire aussi, juste pour le plaisir, juste pour prouver qu'elles peuvent. Commence alors un road-trip sanglant pour elles deux, où elles mêleront sexe et violence jusqu'au bout.

L'écriture de Despentes est à ses débuts et elle est déjà forte de cette oralité qui a fait sa marque. de cette vulgarité aussi. Tout comme la violence. Celle de la condition de Manu et Nadine, celle de leurs gestes, de leurs relations à l'homme, à ce qui les entoure. Et les certains des thèmes qui deviendront une marque de l'autrice montre déjà le bout de leur nez. Et pourtant, Baise-moi semble plus faire parler de lui à cause des ses scènes de sexe (écrites de manière crues) et sa violence presque gratuite. Il est vrai que comme dans les autres livres de Despentes, tout cela est bien présent. Mais on en oublie cette part de féminisme qui commence à naître chez elle, on oublie la dénonciation des classes sociales, on oublie beaucoup de chose sur ce livre à cause de sa vulgarité voulue et qui va si bien à ses personnages. Après, il est vrai que j'ai lu King Kong Theory, ce que personne n'avait pu faire à l'époque puisqu'il n'avait pas été écrit. J'ai un peu de recul sur l'autrice, je "connais" un peu sa vie. Le personnage de Manu semble découler en ligne droite du viol de Despentes, celui de Nadine rappelle l'autrice lorsqu'elle-même se prostituait. 

Après, le roman a des défauts, il faut bien le dire. L'histoire va trop vite, certains passages semblent n'être là que pour combler, les personnages, même Nadine et Manu manquent parfois de profondeur, surtout les secondaires qui finalement ne sont quasi pas traiter. Parfois, ça va bien trop vite, parfois, ça va bien trop lentement pour des scènes qui n'apportent pas plus que ça à l'histoire. 

J'ai mis longtemps à lire Baise-moi. Très longtemps. Parce que j'avais peur d'y trouver tout ce que je n'aime pas forcément chez son autrice (Les Chiennes Savantes avaient été une déception pour moi). Et en fait, j'y ai trouvé beaucoup de choses qui m'ont parlé. Alors, oui, c'est surement le plus vulgaire, trash,violent,  à la limite du porno qu'elle a écrit. C'est aussi celui où on la retrouve le plus, il me semble. Et même si parfois, j'ai eu cette sensation de malaise à la lecture de certains passages (et aussi une impression de voyeurisme déjà notée dans les autres romans d'ailleurs), le livre ne m'a pas du tout laisser indifférente. Le discours féministe de Despentes est déjà là, dans ses personnages, dans ce qu'elle leur fait vivre. Si l'on dépasse le trash du livre, si on lit entre les lignes, Baise-moi est une sorte d'hommage à la femme qui combat pour être ce qu'elle veut et non pas ce que l'homme veut. 

PS : rien à voir avec le contenu, mais j'aime vraiment vraiment beaucoup cette couverture, beaucoup plus que l'originale (qui montre l'un des meurtres les plus sordides du livre d'ailleurs)

mardi 21 mars 2017

Confessions d'un Automate Mangeur d'Opium, Fabrice Colin & Mathieu Gaborit

Dernier livre lu la semaine dernière, je vois le bout du tunnel des avis en retard. Je suis restée dans le Steampunk avec ce livre qui me faisait envie depuis un petit moment et que je me suis offert lors de la dernière ou avant dernière opération de Bragelonne. 

Confessions d'un Automate Mangeur d'Opium, Fabrice Colin & Mathieu Gaborit

Editeur : Bragelonne
Collection : Le mois du Cuivre
Année de parution : 2013
Format : epub

A lire si :
- Vous voulez une histoire bien steampunk avec pour cadre le Paris de l'exposition universelle de 19889.
- Vous voulez un récit à deux voix

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas les héroines trop tout
- Vous n'aimez pas les livres un peu trop comtemplatifs

Présentation de l'éditeur

Paris, 1899... L'industrie, portée par la force de l'Éther, a révolutionné le monde. Le ciel bourdonne de machines volantes, les automates sont partout qui agissent au service des hommes, hommes qui communiquent entre eux par téléchromos d'un continent à un autre. Dans cette ville moderne où s'ouvre une éblouissante Exposition Universelle, une jeune comédienne, Margo, aidée de son frère psychiatre, enquête sur la mort mystérieuse de son ex-maîtresse et d'un singulier personnage créateur de robots...
Écrites à deux mains par deux jeunes auteurs incroyablement doués, ces Confessions d'un automate mangeur d'opium sont un bonheur d'imagination et de virtuosité littéraire, à découvrir au plus vite.

Mon avis

Comme je le disais, cela faisait un moment que j'avais envie de lire Confessions (on va abréger, le titre est tout de même assez long). Il faut dire que j'apprécie les écrits de Fabrice Colin et que j'avais bien aimé la seule nouvelle lue de Mathieu Gaborit (antho Reines et Dragons des Imaginales 2012). Et puis, c'est du Steampunk français, et je sais que je vais y trouver autre chose que dans le Steampunk américain. 

L'histoire commence par un étrange prologue avant de partir sur les deux personnages principaux, Margo et son frère Théo. Et entre le dit prologue et le début du roman, on se pose quand même beaucoup la question du lien entre les deux. C'est quelque chose que j'aime bien, mais qui brouille quand même bien les pistes. Parce qu'on se demande ce que vient faire une actrice et un aliéniste à Paris avoir avoir rencontré un soldat dans un port. Mais revenons à Margo et Théo qui vont occuper alternativement le devant la scène et à leur propre histoire.

Alors qu'elle triomphe dans le rôle de Juliette, la jeune femme va découvrir la mort de sa meilleure amie. Celle-ci s'est ou a été jeté d'un aérocab en plein vol. Aérocab qui s'est ensuite fait la malle. Margo ne veut pas croire à un suicide et en parle à son frère, qui lui penche plutôt pour cette thèse là. Mais voilà que la jeune femme va se faire quelques ennemis en se rendant chez le père de son amie. L'aventure commence alors réellement, entre kidnappings, enquête et recherches scientifiques. Parce que Margo avait bien raison, son amie a bien été assassinée. Mais ce que l'on va découvrir pourrait tout changer. Un homme a réussi à créer un automate pensant et celui-ci, fruit d'expérience pas vraiment catholique est devenu fou...

J'ai adoré l'histoire et ses rebondissements. Il faut dire que miss Margo a le chic pour s'attirer les ennuies. Et que c'est finalement l'une des rares choses que j'ai apprécié en elle. Oui, je l'avoue le personnage ne m'a pas si plu que ça. Ce n'est vraiment pas le genre de perso que j'apprécie, trop tout. Pleurnicheuse, boudeuse, râleuse, têtue... il n'y a aucune demi-mesure avec elle. Heureusement, Théo relève un peu le truc même si lui aussi n'est pas sans défaut. Peut-être son esprit scientifique aurait-il fait pencher la balance de son côté pour moi. Je trouve extrêmement dommage de ne pas avoir réussi à m'attacher plus que cela aux personnages. Et je ne parle pas des secondaires, presque inexistant à part Franz, l'aide de Théo. Surtout que certains auraient, de mon point de vue, pu être bien plus intéressants si plus exploités (Lazare ou dix-neuf par exemple). 

C'est encore plus dommage que j'ai beaucoup apprécié l'histoire en elle-même. Elle intègre des thèmes comme la quête de l'immortalité, la folie et les dangers de la technologie de manière intelligente et j'ai plutôt apprécié la manière dont les deux auteurs les traitent.Le traitement des automates, utilisés d'abord pour des taches simples puis de plus en plus développé jusqu'à devenir des être pensant m'a fait pensé à ce que l'on peut trouver en SF sur les androïdes.  De même, l'ambiance plus retro-futuriste que steampunk d'ailleurs m'a beaucoup parlé. J'ai aimé suivre Margo et Théo dans ce Paris fin 1880, que se soit sur la seine, dans les rues ou même dans l'exposition universelle bien que finalement nous ne la voyons que très peu. De plus, les descriptions, que ce soit des lieux ou des personnages sont vivantes et plutôt pleine de poésie (plus particulièrement lorsque Margo est narratrice, ce qui me ferait presque dire que Colin est derrière elle, j'ai parfois eu l'impression de me retrouver dans Arcadia). Je trouve d'ailleurs qu'il se dégage des passages de Margo une certaine mélancolie qu'on ne trouve pas avec Théo (et c'est là que je trouve dommage de ne pas avoir réussi à accrocher avec elle, j'aurais surement encore plus apprécié).

Au final, j'aurais aimé ce livre mais pas ses personnages. Du coup, si j'ai aimé l'ambiance et l'histoire, je suis restée sur ma faim à cause d'eux. Est-ce parce que finalement ces Confessions d'un Automate Mangeur d'Opium était une sorte de premier tome (il est dit dans la préface que les auteurs ont songé à un second tome, sans avoir le temps malheureusement de s'y mettre) ? Je ne saurais le dire. Il reste tout de même un bon livre steampunk/retro-futuriste que je recommande aux amateurs du genre.

lundi 20 mars 2017

La Nuit des Egrégores, une enquête de Georges Hercule Bélisaire Beauregard, tome 3, Hervé Jubert

Triste j'ai été après une journée de lecture et la fin des aventures de Beauregard. Oui, une journée. Ca faisait longtemps que je n'avais pas pu prendre une journée pour ne faire presque que lire. Autant dire qu'une fois encore, j'ai été embarqué par ses aventures.

La Nuit des Egrégores, une enquête de Georges Hercule Bélisaire Beauregard, tome 3, Hervé Jubert

/!\SPOILERS /!\

Editeur : Folio
Collection : SF
Année de parution : 2016
Nombre de pages : 297

A lire si 
- Vous voulez du Steampunk
- Vous voulez un récit plutôt exigent
- Vous voulez du mystère

A ne pas lire si :
- Vous voulez une vraie enquête
- Vous  n'avez pas aimé le premier tome

Présentation de l'éditeur : 

Le tournoi des ombres entraîne Georges Beauregard en Egypte où un canal va être inauguré, à Suez, en présence des dirigeants des plus grandes puissances. Un étrange phénomène est en effet signalé dans le désert. Se peut-il qu'une menace pèse sur l'événement, voire sur le monde ? Et tout cela pourrait-il avoir un rapport avec les tragiques incidents qui menacent la Féerie, à Paris ? Beauregard, aidé de ses compagnons, ne va pas chômer. Surtout s'il souhaite, en plus, découvrir enfin la vérité sur ses origines.

Mon avis

Attention, je vais malheureusement être obligée de divulguacher certaines choses pour parler de ce troisième et dernier tome. Donc, si vous n'avez pas lu le tome 2, Le Tournoi des Ombres, arrêtez-vous ici.

Georges Beauregard a quitté Sequana pour suivre Adah Menken à Byzance où elle tourne. Ce sont des vacances qui semblent bien mérité, loin d'Obéron III et de Titania, loin des problèmes. Mais voilà qu'il doit repartir en mission. Une dune étrange et gigantesque se dirige vers le Canal des Pharaons et menace de le recouvrir. Or, le dit canal doit être bientôt inauguré et Obéron III y a invité officiellement et officieusement aussi les grands dirigeants du monde. Mais l'ingénieur-mage va brusquement disparaitre au cours de sa mission. Pendant ce temps, à Sequana, Titania, restée seule, commence sa purge de la Féérie et elle la commence vraiment fort. Et encore pendant ce temps, Henry Jekill a rejoint Doré à Arkham pour tenter de ressusciter Jeanne. Et encore pendant ce temps, Isis, voulant prévenir Beauregard du sort des feys, se retrouve bloquée durant la Terreur. Oui, oui, ça fait beaucoup de chose. Et à lire cela le lecteur risque de se sentir perdu. Sauf que Hervé Jubert est bien meilleur conteur que moi.

Nous allons donc voyager dans le temps et l'espace pour ce dernier tome. Un tome où Beauregard laisse de la place, plus que d'habitude, à ses compagnons. Beauregard va tout de même disparaître pendant quatre mois. Du coup, l'on découvre un peu plus Albert à Sequana. Un Albert qui devient donc l'un des perso principaux après avoir joué les seconds rôles dans les deux premiers tomes. Et je dois dire que j'adore le personnage, encore plus qu'avant. Quatre mois qui vont aussi voir le retour à la vie de Jeanne dans le corps d'une Irlandaise (c'est important). Je suis plus que ravie que Jeanne soit de retour tellement j'aime le personnage. Je trouve par contre dommage que son expérience de la mort ne soit pas forcément plus mise en valeur dans son caractère ou ses manières d'agir. Elle reste tout de même ce perso super cool, une femme en avance sur son temps, à l'esprit mutin et fort. Dans le style femme forte, il y a aussi Isis, qui même si elle est moins présente dans ce tome, se révèle toujours aussi efficace pour aider ses amis. Et puis enfin, Beauregard. Beauregard qui va tenter de sauver ses amis comme il le peut, qui va tenter d'en savoir plus sur lui (et si lui ne va pas forcément y réussir, nous lecteur, oui). Ce personnage aura été un vrai coup de cœur durant les trois tomes. J'aime son caractère pas toujours facile, son amitié indéfectible et son flegme presque anglais. Et puis, il y a les "ennemis". Titania est magnifique dans sa folie. Une vraie Hitler en crinoline. Je dois dire que la voir ainsi change de la Titania très protocolaire des autres tomes. Mais en même temps, Jubert avait laissé pas mal d'indice dans ceux-ci pour comprendre à quel point elle peut être dangereuse. Obéron reste l'espèce de bouffon qu'il a toujours été face à elle. Encore plus loin d'elle. C'est le genre de personnage qui me fait mourir de rire régulièrement.

Et si je parle d'une Titania très Hitler, ce n'est pas pour rien. Jubert lui fait carrément inventer les camps de concentration et d'extermination. Ça peut paraître déplacer pour l'époque (nous sommes vers 1860 à peu près), mais en même temps ça entre parfaitement dans l'histoire de cette trilogie. Et cet anachronisme est réellement utile. Il rappelle aussi à quel point l'"étranger" est mal vu dans un monde où tout le monde devrait être pareil, ce qui vaut aussi de nos jours. D'ailleurs, cette partie de l'histoire est fort bien mené avec l'apparition du roi des Gueux ou encore celle de Puck que nous avions laissé sur le Léviathan à la fin du tome 2. Mais il n'y a pas que cela qui compte. L'inauguration du Canal des Pharaons auraient pu faire un parfait décors pour un James Bond avec tous les espions qui s'y retrouvent. Et puis, il y a Arkham, le bel hommage à Lovecraft. 

En parlant d'hommage, on retrouve pas mal de clin d'oeil à la littérature de l'imaginaire ce que j'apprécie beaucoup. Et surtout revoilà les notes de bas de page ! Alors, oui, j'avais dis qu'elles étaient un peu trop présentes dans le tome 1. Sauf qu'elles m'avaient manqué dans le 2. Alors les revoir dans ce dernier tome m'a enchantée. Je trouve que cela donne une partie de son identité à la série. Et puis, elles sont toujours aussi sympathique à lire.

Et voilà, la trilogie est finie et moi je suis triste. Triste parce que j'ai adoré les trois épisodes et que j'aurais voulu en lire plus. C'est une trilogie Steampunk vraiment géniale avec des personnages qui le sont tout autant et des thèmes actuels repris à la sauce 1800. Bref, tout ce que j'aime.

Avant qu'il ne tue, Un mystère Mackenzie White, tome 1, Blake Pierce

Encore un livre lu durant mes vacances en fort peu de temps. Un thriller cette fois, premier tome d'une série que je continuerais peut-être, à voir. 

Avant qu'il ne tue, Blake Pierce

Editeur : Amazon
Collection : /
Année de parution : 2016
Titre en VO : Before he Kills, A Mackenzie White Mystery-Book 1
Année de parution en VO : 2016
Format : AZW

A lire si : 
- Vous voulez un thriller plutôt classique
- Vous voulez une héroïne intelligente

A ne pas lire si :
- Vous voulez une traduction française béton

Présentation de l'éditeur (coupée parce que vraiment trop longue, faut quand même pas tout dire)

 Une femme est retrouvée assassinée dans un champ de maïs du Nebraska, attachée à un poteau, victime d’un tueur cinglé. Il ne faut pas longtemps à la police pour se rendre compte qu’ils ont affaire à un tueur en série et que sa folie meurtrière ne fait que commencer. 

Mon avis

Je l'avoue, j'ai pris ce livre parce qu'il était gratuit et qu'il avait de plutôt bonnes critiques sur Amazon (d'ailleurs, merci 1livregratuit.com qui agrandit régulièrement ma PAL numérique de livres parfois très bons, parfois moins, mais ça c'est le jeu). Je n'avais jamais lu l'auteure avant ça et je n'en avais jamais entendu parler non plus. Bref, une plongée dans l'inconnue, moi qui ai tendance à toujours revenir vers les mêmes auteurs.

Mackenzie White a vingt cinq ans, aime son boulot de détective dans une petite ville du Nebraska mais se retrouve enfermée dans le rôle de la jolie potiche par ses collègues de boulot. Sauf qu'elle est intelligente, pleine de ressources et aimerait bien qu'on la voit pour ce qu'elle est réellement. Alors, lorsqu'elle et son partenaire sont appelé sur une scène de crime en plein milieu des champs de mais, elle sent que cela va devenir son enquête, qu'elle va enfin pouvoir réellement faire ses preuves. Mais jusqu'où l'enquête va-t-elle la mener ? 

En elle-même, l'enquête pour retrouver le tueur en série avant qu'il ne tue une nouvelle fois est plutôt bien foutue. On suit Mackenzie sans le moindre problème, d'indice en indice de fausses pistes en vraies pistes. Petit à petit les éléments se dévoilent, presque en même temps pour la jeune femme et son lecteur. C'est appréciable de ne pas tout comprendre avant elle. Seule chose, j'ai parfois eu l'impression de me retrouver dans un épisode de Criminal Mind (esprits criminels pour les non anglophones). Heureusement que j'adore cette série et que cela ne m'a pas dérangé. En tout cas, l'enquête se lit bien, se déroule bien et est plutôt passionnante. Sauf que... 

Sauf que Blake Pierce s'attache un peu trop à vouloir faire comprendre que Mackenzie est une femme dans un monde bien macho. Je n'ai rien contre, mais alors absolument pas, les livres qui mettent en avant le féminisme. Même j'en réclame. On en trouve de plus en plus avec cette touche féministe bien présente mais pas pesante. Or là, c'est un peu trop, à tel point que ça peut déranger, même les lectrices. Oui, Mackenzie est une femme qui travaille dans un milieu macho, avec un copain macho. Oui, elle vaut mieux que ça. Mais heu, faut-il le répéter à chaque page ou presque ? N'aurait-il pas mieux valu que cela soit plus subtil, moins rendre dedans ? Pour ma part, je pense que oui. De même pour tous les sentiments de la jeune femme au final. Mackenzie, cette femme décrite à la base comme forte en finie par devenir une belle Marie-Su dès qu'elle est en présence d'un homme. Adieu le féminisme de la jeune femme... Vraiment c'est dommage, parce qu'entre le passé de la jeune femme, sa fin de relation avec son mec, l'attirance pour l'agent du FBI et l'envie d'avancer dans sa carrière, il y avait de quoi faire sans la rendre pleurnicheuse. Heureusement, il semble que parfois l'autrice se soit rendue compte de cela et remet Mackenzie au milieu de tout ça et en fait une belle héroïne. 

D'ailleurs, elle est finalement le seul personnage a être réellement bien développée. Les autres sont plus secondaires malgré quelques rôles importants. Parce que ce sont tous des hommes ? J'aurais presque tendance à le dire. Il faut dire qu'ils n'ont pas le beau rôle. Le chef semble être un bon gros macho devant les autres, incapable de dire à son agent qu'elle est géniale, son coéquipier est semble-t-il un bon gros beauf, son copain n'est pas mieux dans son genre. L'agent du FBI aurait pu être fort sympathique si l'autrice ne nous disait pas qu'il était vieux jeu. Bref, des rôles pas super mais tout de même un peu édulcoré sur la fin, heureusement.

Enfin, dernier point un peu agaçant, la traduction. D'habitude, je dis pas grand chose dessus vu que je suis pas une super pro des versions originales et que je lis direct en français. Mais je sens quand même quand il y a un problème avec. Entre le mot pour mot qui donne des phrases un peu étranges, les mots en moins, ceux qui auraient surement pu être traduit de manière bien moins lourdes, il y a bien un problème. Et je ne parle pas des quelques coquilles rencontrées du à l'epub. C'est un peu dommage quand même.

Alors au final, ça donne quoi ? Un livre sympathique à lire avec une bonne enquête et une héroïne qui aurait peut-être mérité un traitement plus subtil et une traduction meilleure. Si ce n'est ce problème, j'ai plutôt apprécié et peut-être même que je lirais le tome 2.

dimanche 19 mars 2017

En Immersion avec Bella Rush, Stéphane Desienne

Cette nouvelle a été publié à l'occasion du premier Ray's Day il me semble. En tout cas, cela fait un bon moment qu'elle traine dans ma PAL. Grace au tirage au sort par ma fille, elle est enfin sortie de la PAL. Une lecture rapide, même pas une heure, qui a été agréable.

En Immersion avec Bella Rush, Stéphane Desienne

Editeur : Stéphane Desienne
Collection : /
Année de parution : 2014
format : epub

A lire si : 
- Vous voulez une lecture rapide
- Vous voulez du suspens
- Vous voulez une fin qui surprend

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas les nouvelles

Présentation de l'éditeur :

Du jour au lendemain, la vie de Craig le bucheron bascule : il devient la star d'un show télévisé auquel il n'a même pas participé. Il va plonger bien malgré lui dans l'intimité de la sublissime Bella Rush... Pour le meilleur et surtout pour le pire

Mon avis

J'adore Stéphane Desienne. J'ai toujours apprécié ce que j'ai pu lire de lui (et j'en ai lu pas mal), et cette nouvelle est aussi sympathique que le reste de sa production. Il nous entraine cette fois dans un monde un peu futuriste mais pas trop. Une époque proche de la notre où les avancés technologiques ne sont pas énormes par rapport à nous mais tout de même. Par contre, les réseaux sociaux et émissions de télé-réalité ont pris leur essor. A tel point que la vie des stars et des moins stars est surveillée par tout le monde. 

C'est dans cet univers que Bella Rush, chanteuse diva, star du moment, décide de faire sa propre émission, En immersion avec Bella Rush. Elle propose à un de ses fans de vivre durant 48 heures dans sa peau grâce à des lunettes connectés. Et c'est Craig qui gagne. Or Graig n'a pas participé, il s'est vu inscrire par sa petite soeur, fan de la star. Une situation qu'il n'apprécie pas, lui qui aime le calme. Mais personne ne refuse une invitation de miss Rush. Et le voilà qui décolle pour une villa secrète afin de partager l'intimité de la femme.

Sauf que, faut pas rêver, Desienne ne va pas lui offrir des vacances tranquille à mater le décolleté de la star. Bella Rush semble tout avoir de la star qui se fait grave chier et qui s'amuse avec un rien, surtout avec les autres. Voilà le gentil bucheron sur une île quasiment déserte. Une île au mille danger où il va devoir réussir à rester en vie durant 48 heures, observé et parfois guidé par la psychopathe. Autant le dire, le pauvre n'a pas beaucoup de chance. Le pire étant que tout le monde pense qu'il s'amuse comme un fou avec Bella Rush. 

Dans cette nouvelle, Desienne critique donc la télé-réalité (cela se sent surtout sur la fin, une fin à laquelle je ne m'attendais pas du tout), mais aussi ce besoin qu'on certain d'approcher les étoiles du star-system. On y retrouve aussi une critique des réseaux sociaux sur lesquels on met nous vit en image, parfois racontant la vérité, parfois embellissement celle-ci (oui, moi aussi, ça m'arrive). C'est bien fait et on en redemande forcément. Il faut dire que malgré le fait que cela ne soit qu'une nouvelle, on s'attache vite aux personnages et à leur aventure. J'ai eu du mal à décrocher durant la petite heure qu'à durer la lecture. 

Au final, c'est une nouvelle vachement sympathique, qui fait un peu frissonner son lecteur et surtout qui finira par le faire sourire (cette fin quoi). Stéphane Desienne réussit une nouvelle fois son coup avec moi.

Miss Peregrine et les Enfants Particuliers, tome 1, Ramson Riggs

Attention, je préviens d'avance. Je suis partie une semaine en vacances, sans internet. J'en ai profité pour lire (étonnant, n'est-ce pas) et je vais donc poster plusieurs avis sur quelques jours. 

Lorsque Miss Peregrine est sorti, il me disait bien ce livre. Mais je n'arrivais pas à le trouver chez ma libraire et ayant plein d'autres livres à lire, je ne m'en étais pas plus inquiétée que cela. Et puis, avec la sortie du film (que je n'ai pas encore vu), il a fait son apparition dans les rayons. Comme quoi, parfois, les films ça a du bon. J'ai donc fini par l'acquérir et le lire.

 Miss Peregrine et les Enfants Particuliers, tome 1, Ramson Riggs

Editeur : Le livre de poche
Collection : jeunesse
Année de parution : 2015
Titre en VO : Miss Peregrine's Home for Peculiar Children
Année de parution en VO : 2011
Nombre de pages : 437

A lire si 
- Vous aimez les histoires jeunesses
- Vous aimez le surnaturel
- Vous appréciez qu'un autre média s'intercale avec le roman.

A ne pas lire si :
- Vous voulez un livre qui sort un peu des sentiers battus au niveau de l'histoire
- Vous n'aimez pas tout comprendre avant le héros.

Présentation  de l'éditeur : 

Depuis qu'il est enfant, Jacob écoute les récits fabuleux de son grand-père. Ce dernier lui a souvent parlé de l'orphelinat de Miss Peregrine, peuplé d'enfants "particuliers", doués de capacité surnaturelles. Un soir, Jacob, qui a maintenant seize ans, trouve son grand-père mortellement blessé par une créature qui s'enfuit sous ses yeux. Bouleversé, il part en quête de vérité et découvre le pensionnat en ruine : les enfants particuliers ont bel et bien existé. Mais sont-ils toujours en vie ?

Mon avis

Miss Peregrine et les enfants particuliers a été un livre buzz comme beaucoup d'autres. Il faut dire que le mélange vieilles photos et histoire surnaturelles a bien fonctionné pour lui. Il a eu beaucoup de bonnes critiques et quelques mauvaises. C'était donc un livre à découvrir, surtout que sa quatrième de couverture me plaisait beaucoup. Et puis, comme je compte voir le film (un Burton et avec Eva Green, il ne m'en faut pas plus), il fallait bien que le lise.

Le roman commence plutôt bien, surtout qu'on s'attache facilement à Jacob, le jeune héros et à la personnalité assez particulière du grand-père. D'un récit qui semble ancré dans le normal, nous allons vite passé à autre chose. Le grand-père, jeune juif ayant fui son pays pour l'île de Cairnholm et plus précisément pour l'orphelinat de Miss Peregrine. Les histoires qu'il raconte à Jacob, tiré de son enfance là-bas, ont tout d'un conte de fée. Mais lorsque la réalité va rattraper le jeune homme, tout va basculer. Sur les conseils de son psy, il va aller retrouver le passé de son grand-père. Mais si à notre époque, l'orphelinat n'existe plus, ce n'est pas le cas dans la boucle qu'a crée la directrice. Les enfants sont bien vivants et ils sont tous plus étranges les uns que les autres. 

Il y a de très bonnes choses dans ce premier tome. Déjà, les photos, illustrant les enfants pour la plupart et s'intégrant parfaitement avec le récit. J'en arrive même à me demander si ce ne sont pas elles qui ont inspiré l'auteur, ce qui est plus que possible. Si certaines sont manifestement retouchées, on pourrait presque se poser la question pour d'autres. En tout cas, elles s'intègrent parfaitement et aide à visualiser quelques pouvoirs de certains pensionnaires. 

Ensuite, il y a les pensionnaires, disons plutôt les personnages. Tous. C'est assez rare, même les secondaires. Il y a un vrai travail dessus et cela rend de suite tout plus vivant. J'ai beaucoup apprécié Jacob, ses doutes puis ses certitudes. Il est le héros sans vouloir l'être et d'ailleurs va passer un bon moment à ne pas le vouloir. Pour les pensionnaires, même si nous ne les découvrons pas tous, j'adore la diversité qu'ils présentent. Bien sûr, il y en a que j'ai préféré à d'autres, comme Emma, ancienne amoureuse du grand-père et fortement attirée par Jacob, Enoch, étrange garçon qui semble oscillé entre l'envie de rejeter Jacob et de le garder auprès d'eux. Et puis Miss Peregrine, cette directrice qui ne veut que le bien des enfants mais qui les enferme pour cela. Un personnage vraiment étrange de mentor. Et puis les décors. L'île a l'air géniale, très irlandaise aussi. On ressent bien les deux époques, le début de l'été pour le présent, et la fin de celui-ci pour la boucle.

Malheureusement, le roman n'est pas non plus sans défaut. Et pour moi, le plus gros, c'est qu'il est prévisible du début à la fin. Je n'ai pas été surprise une seule fois par le déroulement de l'histoire. Que se soit le départ de Jacob pour l'île, la découverte des "deux" orphelinats et la suite. Est-ce parce que je suis habituée à ce genre de récit initiatique ? Je ne sais pas. Mais j'aurais voulu plus de suspens, que je n'ai pas eu. Peut-être dans les tomes suivants. Mais ce n'est qu'un détail, au vu des points positifs du livre. Un détail qui finalement ne m'a pas autant gêné que cela. Il fallait juste que j'en parle. Le déroulement du récit manque donc un peu d'originalité pour moi. Voilà. Et c'est bien le seul défaut que je trouve à Miss Peregrine et les Enfants Particuliers.

AU final, il a été une bonne lecture. D'ailleurs, je l'ai lu assez vite, deux ou trois jours avant de partir (je l'ai fini le soir avant le départ). J'ai apprécié beaucoup de chose, moins son déroulement trop prévisible. C'est un livre agréable, qui pourrait même faire frissonner les plus jeunes (avec moi, c'était un peu raté donc). Bref, à lire. Et maintenant, je n'ai plus qu'à voir le film (et râler qu'il ne suive pas le livre ?)

mardi 7 mars 2017

Homunculus, James P. Blaylock

Blaylock, comme Powers dont il est ami, est considéré comme l'un des pères du Steampunk. Il fallait donc que je lise au moins un de ses romans. Et quoi de mieux que le fameux Homunculus, sorti dans la collection du mois du Cuivre de Bragelonne ?

Homonculus, James P. Blaylock

Editeur : Bragelonne
Collection : Mois du Cuivre
Année de parution : 2016
Titre en VO : Homunculus
Année de parution en VO : 1986 (il a mon âge !)
Format : AWZ

A lire si :
- Vous aimez les histoires qui semblent aller dans tous les sens
- Vous voulez du Steampunk victorien

A ne pas lires si :
- Vous n'aimez pas avoir toutes les billes de votre côté dès le départ.

Présentation de l'éditeur :

Sa taille, dit-on, n'excède pas vingt centimètres. Il serait omniscient et omnipotent, capable d'abolir les frontières de la vie, de la mort, du temps. Seuls quelques initiés, en cette fin de XIXe siècle, connaissent son existence. Seulement voilà : l'homuncule, cette prodigieuse créature, est pour l'heure prisonnier d'une mystérieuse cassette. Quiconque se l'appropriera héritera du même coup des clés de l'éternité. Hélas ! la fameuse boîte a disparu...
Commence alors, sur fond de fog londonien, une course-poursuite délirante entre les suppôts du Mal un acnéique paranoïaque, un milliardaire dépravé, un savant fou et bossu, une poignée de zombis — et les forces du Bien — un club de scientifiques très peu préparés à leur rôle de justiciers... Comparée à tous ces énergumènes, Pandore était une sainte !

Mon avis

Je ne vais pas refaire le petit topo sur la naissance du Steampunk moderne avec les trois potes qui se lancent le truc comme un défi. Il n'empêche que de ce fameux défi est sorti pas mal de chose, dont le renouveau du genre, alliant victorien, gothique et machine et quelques romans. J'en ai déjà lu quelques uns, ceux de Powers. Il fallait bien que je regarde du côté des deux autres copains, en commençant donc par Blaylock qui était dans ma PAL depuis un moment. Ne me manquera plus que K.W. Jeter a découvrir. Mais cela sera pour plus tard. Passons à cet Homunculus.

Le début est quelque peu déroutant. A tel point que je me suis demandée si ce n'était pas la suite d'un autre roman. Et je n'aurais pas forcément tord, puisque l'un des antagoniste a vu un roman sortir un peu plus tôt (en 1984) où il apparaît (The Digging Leviathan). Blaylock semble partir de l'hypothèse que l'on sait et qu'on n'a qu'à suivre. Si on ne sait pas, on peut suivre tout de même assez rapidement ce qu'il se passe.

Quelques seize ans avant notre histoire, un alchimiste recueillit un petit être de même pas vingt centimètres. Le dit être menant l'alchimiste à sa perte. Celui-ci, avant d'être assassiné, enferma l'homoncule dans une boite. Mais si elle avait été la seule boite, tout aurait peut-être était plus simple. Il en fit faire une autre, où il enferma une émeraude, héritage pour son fils. La soeur de l'alchimiste va garder l'une des boites et donner l'autre à Birdlip en partance pour l'éther à bord de son dirigeable à énergie perpétuelle. A partir de là, tout semble aller pour le mieux. Sauf que... Le moteur du dirigeable finit par lâcher petit à petit, ramenant celui-ci et son coffret vers la terre ferme. Pendant ce temps, Narbando, nain bossu machiavélique, s'associe à Willis Pule et à Shiloh, espèce de nouveau messie fou, pour réveiller les morts et créer une armée de zombie. Or pour que cela fonctionne réellement, ils leur faut l'homoncule. Ca aurait pu être tout, mais non. Drake, industriel richissime, veut le moteur à énergie continue et pour cela, il va tout faire pour que Keeble, créateur du moteur et des coffrets, lui donne son invention. Vous êtes perdu ? Ca tombe bien, je l'ai aussi été au départ. Parce que tout cela, on l'apprend en quelques chapitres, en suivant St Ives et son club de gentlemen. Heureusement, avant le premier tiers du livre, nous commençons à remettre tout en place. St Ives et ses amis vont se mettre à la poursuite des diverses boites et essayer de contrecarrer les plans de Narbando et de Drake.

L'histoire est donc dense. Blaylock suit plusieurs pistes qui semblent ne rien à voir à faire entre elles, ce qui est faux, bien sûr. Malheureusement, parfois, ça n'aide pas. Tout comme les changements de point de vue, qui nous font aller d'un personnage à un autre sans trop savoir ce qu'il se passe pour celui que l'on laisse. Homunculus est un livre exigeant pour son lecteur. Mais une fois compris les divers liens entre les personnages, ça va tout seul. Surtout que Blaylock finit toujours par nous donner des pistes. De plus, la plupart des personnages, bien que certain soit tout de même assez stéréotypé, sont intéressants et bien construits. On prend plaisir à suivre St Ives ou encore Willis Pule par exemple. Il est par contre dommage que certains, alors même qu'ils semblent importants, ne soient que des personnages secondaires et que d'autres ne servent qu'à rebondir d'un fil à l'autre.

Autre chose intéressant, l'ambiance du livre. Forcément, de Steampunk londonien, mélangé à du zombie et du fantastique, ça donne quelque chose de vraiment sympathique à lire. On ne découvre pas forcément Londres, pas contre, il y a toute cette ambiance de vapeur, de frog. Et ça, j'apprécie beaucoup. De plus, on entre directement dans ce Londres-là, sans passer par la case explication ou je ne sais quoi d'autre. Forcément, l'ambiance ajoute à l'histoire et l'auteur s'en sert carrément bien. On a pas justes des machines, de la pluie, des tempêtes, de la puanteur pour le plaisir d'en avoir. C'est là qu'on reconnait un bon roman steampunk d'ailleurs. 

Au final, j'ai eu un peu de mal à le commencer mais une fois les trois premiers chapitres passés, je n'ai pas pu m'empêcher de le lire. Ca avance de manière régulière, avec de l'action mais pas que. Franchement, c'est un bon roman malgré l'exigence qu'il demande au départ pour bien mettre les liens entre les personnages et les histoires. 

mercredi 1 mars 2017

Réparer les Vivants, Maylis de Kerengal

Ce livre-là, j'avais envie de le lire. Voir un peu ce que ça donne, un livre dix fois primé, un livre que tout le monde apprécie. Surtout après avoir lu son premier livre, Dans les rapides, et avoir eu un avis mitigé dessus. Et alors, ça donne quoi ce Réparer les Vivants ?

Réparer les Vivants, Maylis de Kerengal

Editeur : Folio
Collection :/
Année de parution : 2015
Nombre de pages : 299

A lire si :
- Vous voulez une histoire où les destins s'entremêlent
- Vous voulez un aperçu de ce que peut être une prélèvement d'organe après la mort du patient

A ne pas lire si :
- Vous êtes allergique aux phrases qui courent sur deux pages.
- Vous ne voulez pas de pathos.

Présentation de l'éditeur : 

« Le cœur de Simon migrait dans un autre endroit du pays, ses reins, son foie et ses poumons gagnaient d’autres provinces, ils filaient vers d’autres corps. »
Réparer les vivants est le roman d’une transplantation cardiaque. Telle une chanson de gestes, il tisse les présences et les espaces, les voix et les actes qui vont se relayer en vingt-quatre heures exactement. Roman de tension et de patience, d’accélérations paniques et de pauses méditatives, il trace une aventure métaphysique, à la fois collective et intime, où le cœur, au-delà de sa fonction organique, demeure le siège des affects et le symbole de l’amour.

Mon avis

Réparer les vivants a été le livre buzz de l'année 2014. En quelques semaines, nous n'avons plus entendu parler que de lui. Ce livre était l’événement, un livre parfait pour cela d'ailleurs. Ne parle-t-il pas d'une chose dure, à savoir la mort d'un jeune homme et le prélèvement de ses organes ? Le tout en se focalisant sur les personnes qui vont graviter autour de ce corps, à présent éteint. Il a tout pour plaire. Et il a plut, à voir les prix et les nombres avis plus que positif dessus. Sauf que de mon côté, je suis toujours fort méfiante sur ce genre de livre. Mais j'avais tout de même envie de le découvrir, de voir un peu ce qu'il se passait dedans. 

Je suis partie avec une impression pas forcément bonne, du à ma lecture de Dans les Rapides. Le style de de Kerengal m'avait plutôt plu, mais je ne le trouvais pas assez abouti, restant finalement à la surface de ces personnages. Or, au vu de la quatrième de couverture, Réparer les Vivants se base surtout sur les personnages qui vont entourer Simon Limbres. Un pari risqué la plupart du temps. 

J'avoue qu'à cause de l'impression que m'avait fait Dans les rapides, j'ai eu du mal à passer les deux premiers chapitres. Ils sont long, décrivant Simon et ses amis alors qu'ils partent pour une session de surf. Et puis, petit à petit, je me suis prise au jeu du livre, à ses personnages que l'on découvre petit à petit, les parents, le personnel médical, et toujours en fond, Simon déclaré en mort cérébrale alors que son corps continue à vivre.

Réparer les vivants m'a un peu fait penser à un Mrs Dalloway où en quelques pages (300 tout de même) se déroulant sur une durée de vingt quatre heures, nous découvrons un bon nombre de personnages et une bonne partie de leur vie. Mais n'est pas Virginia Woolf qui veut et les récits de de Kerengal sont parfois bancals, parfois peu intéressant et tous plutôt sombres au final. C'est quelque chose qui m'a marqué dans le roman, le peu de lumière dans les vies de la plupart des personnages. Sean et Marianne, les parents de Simon, sont séparés depuis un moment, n'arrivent pas à se retrouver vraiment, même pas devant le corps de leur fils. Ils partagent ce moment mais ne se rapprochent finalement pas plus. Révol, le médecin en chef du service réanimation, ne vit que pour son service. ne semble pas avoir de vie derrière, ne dort presque plus..., Cordélia, l'infirmière, passe son temps à penser à son coup du soir précédent, se concentre sur cette quête d'un amour parfait qu'elle ne trouve pas, Virgilio, l'interne de transplantation vit une histoire "d'amour" avec une jeune femme au tempérament incendiaire et se demande ce qu'il fout avec elle.... Très peu de personnages ont des moments lumineux, sauf peut-être un, Rémige, chanteur à ses heures perdus et infirmier coordinateur de greffes. Le gros problème du coup, c'est que ce roman qui se voulait une lumière, quelque chose qui peut faire du bien, est tout de même vachement sombre. Mais surtout, on a l'impression qu'il n'y a que ça qui intéresse l'auteure, mettre le doigt sur les parties sombres de l'humain en oubliant les moments de grâce. Pourtant, il y a en a des moments de grâce, perdus dans tout cela. Seul problème, j'ai eu l'impression plus d'une fois de tomber dans le pathos, et ça, ça ne me plait que guère.

Ce qui d'ailleurs est bien dommage, parce que le style de l'auteure s'est affirmé depuis Dans les Rapides. On retrouve toujours ses phrases fleuves qui suivent les fils d'une même pensée, opposées à des phrases bien plus courtes, marquant un arrêt brutal, une action qui l'est tout autant. On y trouve aussi de la vulgarisation mêlé à des mots plus scientifiques, mélanges permettant à tous de comprendre ce qu'il se passe, que se soit dans la chambre d’hôpital de Simon Limbres ou dans le bloc opératoire. Mais toujours, les sentiments arrivent et Maylis de Kerengal en fait trop, et tombe du coup dans une avalanche de noirceur à peine éclairée par Rémige et son histoire.

Suis-je passée à côté de ce Réparer les vivants ? Je ne pense pas. L'histoire en elle-même est passionnante, cette transplantation, ce passage de vie d'une personne à l'autre, les sentiments des parents qui doivent choisir alors que franchement, ils n'ont pas la tête à ça, ceux des futurs receveurs qui savent que pour vivre, il faut qu'un autre meure, même ceux du personnel hospitalier qui ne voit plus que le corps et les organes, qui se déshumanisent pour que leur travail soit parfait. Vraiment, c'est ultra sympathique à suivre. Mais le problème vient du background des personnages. Pourquoi avoir choisi de n'exposer presque que leur problème ? Pourquoi avoir choisi de rajouter encore plus de souffrance là où déjà nous étions bien servi. Répare-t-on réellement les vivants dans ce livre ? Non. Nous ne faisons que passer au dessus d'eux, ne voir qu'une partie, et pas toujours la meilleure, de leur vie. C'est vraiment dommage. Plus de lumière n'aurait pas fait de mal à ce roman.

Au final donc, je suis une nouvelle fois bien mitigée. Je ne sais pas si j'ai aimé ou non. Je ne sais pas non plus où finalement, l'auteure voulait en venir. Raconter le passage d'un cœur d'un corps à un autre, ce qui peut graviter autour, ou juste émouvoir dans les chaumières.