vendredi 30 décembre 2016

Le Cirque des Rêves, Erin Morgenstern

Oui, pour finir l'année 2016, j'ai choisi une relecture. Pas si vieille que cela d'ailleurs puisque la première lecture date de l'année dernière à la même période. Et oui, je refais une chronique sur ce livre. Elle sera plus courte, cela est certain. Mais il fallait bien que j'en parle. 

Le Cirque des Rêves, Erin Morgenstern

Editeur : Pocket
Collection : /
Année de parution : 2015
Titre en Vo : The Night Circus
Année de parution en VO : 2010
Nombre des pages : 576

A lire si :
- Vous voulez une ambiance merveilleuse
- Vous aimez le cirque

A ne pas lire si :
- Vous voulez un livre qui ne parle que d'amour

Présentation de l'éditeur :

"Le cirque arrive sans crier gare. Aucune annonce ne précède sa venue, aucune affiche sur les révèrbères, aucune publicité dans les journaux. Il est simplement là, alors qu'hier il ne l'était pas."
Sous les chapiteaux rayés de noir et de blanc, c'est une expérience unique, une fête pour les sens où chaque visiteur peut se perdre avec délice dans un dédale de nuages, flâner dans un luxuriant jardin de glace, s'émerveiller et se laisser enivrer...

BIENVENUE AU CIRQUE DES RÊVES !

Derrière la fumée et les miroirs, la compétition fait rage. Deux jeunes illusionnistes, Celia et Marco, s'affrontent dans un combat magique pour lequel ils sont entraînés depuis l'enfance. Cependant ils s'aiment, et cette passion pourrait leur être fatale.

Mon avis

Le jour où je me suis plongée pour la première fois dans ce roman, j'ai su qu'entre lui et moi, il se passait quelque chose. Un peu comme le coup de foudre, cette envie de ne pas le quitter, d'y revenir aussi souvent que possible. De ne pas oublier la moindre phrase, l'ambiance, les personnages. Je savais déjà l'année dernière que j'allais le relire bien plus rapidement que les autres livres que je relis parfois. Et quoi de mieux que la période des fêtes de fin d'année pour se faire ? 

Je ne dirais pas ce que j'ai pu dire l'année dernière sur ce livre. Il est magnifique, contemplatif, poétique. C'est un livre magique qui embarque son lecteur rapidement pour ne plus le lâcher. Le Cirque des Rêves est toujours quelque part, non loin de moi. Il m'obsède toujours autant depuis l'année dernière. J'y ai pensé toute l'année, attendant de le relire, me forçant parfois à ne pas le faire. Et puis, Noël, sa féérie, et me voilà qui me replonge dans les pages du roman.

Forcément, je n'ai pas, cette découvert l'histoire. Elle était encore bien présente dans mon esprit. Non, j'avais juste envie de me replonger dans l'ambiance, de retrouver Marco et Célia, Poppet, Widget et Bailey et tous les autres personnages présents. Et effectivement, connaitre l'histoire permet de se concentrer sur le reste, les petits détails passés parfois un peu inaperçu à la première lecture. 

Ce qui forcément ressort le plus, c'est vraiment l'ambiance, que se soit au niveau de l'odorat, du goût ou de la vue. Tout est décrit presque dans le moindre détails. Les soupers de Minuits semblent réellement gargantuesque (et m'ont donné l'eau à la bouche), les pages sur les allées du Cirque font que le lecteur s'y trouve réellement. C'était quelque chose qui m'avait déjà marqué à la première lecture et qui continue à le faire à présent. Lorsque je lis ce livre, je rêve éveillée, je vois le Cirque des Rêves, je ressens le Cirque comme si je m'y trouvais pour de vrai. 

Et puis, on trouve les détails que l'on a pas vu et qui semble si évident. Des réflexions de certains personnages qui prennent un nouveau jour, des moments qui semblent détails et qui n'en sont pas vraiment. C'est une chose que j'apprécie beaucoup dans les relectures, redécouvrir l'histoire à travers les détails qu'on a pu rater ou sur lesquels on est passé trop vite. Et d'un coup, un point qui paraissait un peu obscur en première lecture ne l'est plus. D'un coup, je me rends compte que Célia et Marco sont effectivement si complémentaires dès le départ qu'ils ne pouvaient que tomber amoureux l'un de l'autre. Que Bailey depuis le départ ne pouvait être qu'un rêveur et pas des moindres. Que certains évènements ne pouvaient pas être évités mais que d'autres peut-être. 

Vous l'aurez surement compris, je suis toujours autant amoureuse de ce livre. Pour voir mon tout premier avis dessus, n'hésitez pas à cliquer sur le lien dans l'introduction. Et si vous ne l'avez pas déjà lu, je vous le conseille vraiment.

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vendredi 23 décembre 2016

Fight Like a Girl, Les Foulards Rouges, Episode 2 Saison 3, Cécile Duquenne

Que j'aime avoir deux épisodes des Foulards Rouges le même mois. Ça n'arrive pas souvent, puisque la publication est mensuelle, mais quand ça arrive, c'est cool. Bon par contre, on se rend compte après que ça veut dire un mois de moins avec les Foulards et c'est peut-être un peu moins cool ça (non, je ne veux pas que ça finisse)

Fight Like a Girl, Les Foulards Rouges, Episode 2 Saison 3, Cécile Duquenne

Editeur : Bragelonne
Colleciton : Snark
Année de parution : 2016
Format : epub

A lire si :
- Vous avez lu et aimé la première et la seconde saisons
- Vous voulez une série qui mélange les genres avec bonheur

A ne pas lire si :
-... (toujours pas trouvé pourquoi il ne faudrait pas les lires, les Foulards Rouges)
- Par contre, si vous n'avez pas lu les deux premières saisons, autant éviter (tout comme de lire mes avis d'ailleurs)

Présentation de l'éditeur :

Retrouvez Lara et Renaud dans la dernière saison des Foulards rouges !

Mon avis

J'avais vraiment très envie de faire un copier/coller du début de l'avis de l'épisode 1, mais ça craint un peu non ? A vrai dire, c'est toujours la même chose, je n'ai pas trop envie de spoiler tout le monde, mais il va bien falloir à un moment donné ou disons plutôt que je pourrais le faire sans le faire exprès. Alors, pour ceux qui ne veulent pas aller plus loin : C'est toujours aussi bien, c'est toujours aussi génial, bien écrit et plein de rebondissement. Foncez. Pour les autres ça se passe sous le gros spoiler en rouge et gras.

/!\ SPOILER (en gros et en rouge, comme ça, vous êtes prévenus !)

Et c'est parti pour un avis un peu plus long que le premier paragraphe. Nous en étions arrivés à la fin de The Cell a : Lara et Renaud n'avaient pas pu entrer dans Nouvel Eldorado et donc étaient partis cherché de l'argent. Nikki et Fraan était à l'Hacienda et Nikki lisait une lettre de Claudia, patronne des Foulards Noirs, où celle-ci lui disait pas mal de chose mais pas tout non plus. Sur Terre, certains personnages commençaient à organiser la résistance ou du moins le sauvetage de Lara et Renaud. Ça faisait déjà pas mal de chose, surtout pour un premier épisode. Et bien, comment dire, ça ne s'arrête pas là. Et moi, je ne sais pas du tout par quoi commencer !

Faisons donc au plus simple, nos deux personnages principaux. Ils occupent le premier plan et une bonne partie de l'épisode, pour mon plus grand plaisir. S'ils sont toujours dans la merde, ça à l'air d'à peine se décanter pour eux. Les voilà dans une autre ville de Bagne pour gagner de l'argent. Nous allons retrouver une Lara proche de Lady Bang, plutôt bad ass et souvent inconsciente. Une Lara que j'apprécie beaucoup justement pour les deux personnalités qu'elle est capable de montrer. J'aime cette opposition qui la définit pas mal entre la femme combative, brutale, violente et ce qu'elle est réellement, à savoir une femme presque comme les autres avec ses doutes et surtout une sensibilité à l'autre énorme. Renaud est un peu plus à "l'écart" dans cet épisode. Il est présent, mais laisse plus de place à Lara. 

A l'Hacienda, Nikki n'est pas au bout de ses surprises. Claudia va l'envoyer à la recherche du Hubb de Lara mais surtout de l'argent qu'elle et Renaud ont caché durant la saison un. Elle va partir avec Fraan dans les traces de Lara. Cécile Duquenne en profite pour étoffer un peu plus le personnage de Fraan, ce qui est fort sympathique pour le lecteur. Parce que jusque là, on la voyait plutôt juste comme l'ex de Lara et pas forcément plus. Mais Fraan n'est pas que ça et j'avoue que j'ai vraiment hâte de voir ce que ça va donner en présence de Nikki. Une Nikki que j'apprécie toujours autant d'ailleurs. Je l'aimais déjà beaucoup durant la saison deux, je pense que ça ne va que continuer durant celle-ci.

Et puis, et puis enfin, le retour de Claudia, ma blondinette préférée. Et là je ne vais rien dire de plus parce que... Ben j'ai pas envie. Il faut le lire, c'est tout. Je suis contente pour Claudia parce qu'elle est toujours là, parce que je sens que cette troisième saison va la voir devenir encore un peu plus importante, parce que c'est un personnage que j'adore. 

Ce Fight Like a Girl donne la part belle aux femmes de la série (vu le titre, qui servira de "blagounette" à un moment donné, on ne s'en étonne pas). Et j'adore ça. Il faut dire que les personnages féminins de Cécile Duquenne sont tous intéressants et surtout offrent une vision plutôt grande de ce que peut-être la femme. D'ailleurs, j'apprécie beaucoup les diverses visions. Mais les hommes ne sont pas non plus en reste. Et même s'ils sont plus rarement présent ou du moins plus rarement point de vue de l'épisode, ils sont là, aident, évoluent. 

Pour finir, ce second épisode est donc tout aussi génial que les autres (on s'en serait douté en même temps, hein). L'intrigue avance petit à petit et si on ne voit pas encore venir la fin de la saison (en même temps, nous ne sommes qu'à l'épisode deux, c'est normal), on peut déjà bien sentir les divers éléments se mettre en place. 

lundi 19 décembre 2016

The Cell, les Foulards Rouges, épisode 1, Saison 3, Cécile Duquenne

Ce mois-ci accueille le début de la dernière saison des Foulards Rouges de Cécile Duquenne. Déjà la saison trois et je n'ai pas la moindre envie de quitter ces personnages que je suis depuis maintenant deux ans et demi (le tout premier épisode était sortie en février 2014, ça remonte quand même).

The Cell, les Foulards Rouges, épisode 1, Saison 3, Cécile Duquenne

Editeur : Bragelonne
Colleciton : Snark
Année de parution : 2016
Format : epub

A lire si :
- Vous avez lu et aimé la première et la seconde saisons
- Vous voulez une série qui mélange les genres avec bonheur

A ne pas lire si :
-... (toujours pas trouvé pourquoi il ne faudrait pas les lires, les Foulards Rouges)
- Par contre, si vous n'avez pas lu les deux premières saisons, autant éviter.

Présentation de l'éditeur :

Retrouvez Lara et Renaud dans la dernière saison des Foulards rouges !
 
Mon avis

Il va être particulièrement dur de parler de ce début de saison trois sans spoiler ceux qui  n'ont pas encore lu les deux premiers saisons. En fait, je sens que ça va être compliquer pour toute la saison, vu qu'elle va répondre à pas mal de question que l'on se pose depuis le début et que bien sûr, elle mettra un point final à tout cela. Si j'étais méchante, je vous dirais juste de le lire et de voir. Que c'est toujours aussi génial, que Cécile Duquenne nous offre un début de saison génial. Mais je suis gentille. Et donc, à partir de là, et jusqu'à ce que je vous le dise, arrêtez de lire si vous n'avez pas encore lu les deux premières saisons et que vous ne voulez pas vous gâcher la surprise. Bref, je vais plus que sûrement vous spoiler.

/!\ SPOILER (en gros et en rouge, comme ça, vous êtes prévenus !)

Cécile Duquenne nous avait laissé avec une fin de saison deux explosives. L'attaque de Darwin était juste wahou et carrément anxiogène pour le lecteur (et que dire des personnages alors...). Je me demandais vraiment comment elle allait pouvoir reprendre après ça. En fait, je le savais un peu, puisqu'elle avait annoncé un retour sur une célèbre planète rouge (non pas Mars, l'autre).La question était de savoir qui allait arriver jusque là-bas et dans quel état. 

On se doute que Lara et Renaud y sont. Les revoir dans ce décors là fait du bien, même si l'un est devenu un grand pessimiste et l'autre essaie tant bien que mal de le remettre un peu sur pieds. C'est marrant le changement qu'on peut voir avec Renaud. Lui qu'on voit comme l'homme fort en premier saison, casse cette espèce de muraille et le lecteur découvre ses failles et ses faiblesses. Et autant dire qu'il en a pas mal. Autant dire que je l'adore encore plus comme ça mais que j'aimerais aussi un peu qu'il redevienne ce personnage qui semble plus fort, plus confiant. Parce qu'il pourrait et que parfois, l'auto-apitoiement, c'est pas génial. Quant à Lara, elle est toujours égale à elle-même, essayé de remonter le moral de Renaud même si le sien est pas forcément super haut. Elle reste un peu cette figure de proue qui lui permet de faire et de faire faire tant de chose. Lara est un personnage juste génial. Mais ils ne sont pas les seuls pour le moment à avoir attéri sur Bagne. Nikki aussi s'y trouve et pas en bonne posture (je ne dirais rien de plus sur l'état de Nikki pour le moment), tout comme Fraan. Les deux vont découvrir l'Hacienda et sa nouvelle propriétaire que le lecteur a déjà eu l'occasion de rencontrer dans la saison, j'ai nommé Claudia, l'Ibérique (pas notre blonde Claudia, d'ailleurs, sera-t-elle toujours présente ?). L'espagnole semble nous cacher bien des choses et j'ai hâte de voir son évolution depuis la fuite des autres sur Terre.

Mais que va-t-il donc se passer sur Bagne ? Et bien pour le moment, on ne sait pas vraiment. Parce que Cécile Duquenne ne nous donne dans ce premier épisode pas vraiment d'indication. On se doute d'une confrontation entre l'Ibérique, Lara et Renaud, que sur Terre certains vont essayer de se rendre sur la planète rouge, mais finalement rien de plus. Comme toujours, le suspens reste entier pour mon plus grand plaisir. Je commence déjà à établir quelques théories (qui s'avèreront surement trop farfelues comme d'habitude) et j'ai plus que hâte de voir pourquoi cette saison s'appelle Evoria (est-ce que les Foulards Rouges iront finalement sur cette planète ?). J'ai aussi très hâte de voir comment tout ce qu'il a pu se passer depuis la saison un va être expliquer.

J'ai tellement hâte, que j'ai déjà commencé le second épisode, vu que les deux sont sortis en même temps (d'ailleurs, celui-ci est gratuit tout comme le tout premier épisode). Et je crois que je ne suis pas au bout des surprises que réservent cette troisième saison, mais vraiment pas.

Pour finir, je suis donc ravie ravie ravie de ce premier épisode de cette dernière saison. J'ai à la fois hâte et pas du tout d'arriver à la fin. C'est que je me suis attachée moi à tous ses personnages ainsi qu'à leur aventure.


jeudi 15 décembre 2016

La Chambre de Jacob, Virginia Woolf

Cela faisait un petit moment que je ne m'étais pas plongée dans l'oeuvre de madame Woolf. Il fallait remédier à cela. C'est donc avec la Chambre de Jacob, peut-être le livre que Virginia Woolf aura le plus apprécié, que je continue sa découverte. Puis-je d'ailleurs encore parlé de découverte après quatre romans ?

La Chambre de Jacob, Virginia Woolf

Editeur : Gallimard
Collection : Folio Classique
Année de parution : 2012
Titre en Vo : Jacob's room
Année de parution en VO : 1922
nombre de pages : 363

A lire si :
- Vous avez déjà lu du Virginia Woolf
- Vous aimez les livres à "instantanés"

A ne pas lire si :
- Vous aimez quand tout est droit.

Présentation de l'éditeur : 

Comment saisir la vérité sur d'un être ? Jacob Flanders n'est-il pas à la fois cet enfant innocent qui joue sur une plage de Cornouailles, le brillant étudiant de Cambridge, le jeune homme séduisant, entouré d'amis et pourtant seul ? Il n'est aussi un être condamné et qui l'ignore. 
En souvenir de son frère mort trop jeune, Virginia Woolf compose ce roman en forme de kaléidoscope mêlant images, impressions et fragments de dialogue.

Mon avis

La Chambre de Jacob est un roman assez particulier dans l'oeuvre de Virginia Woolf. Il marque le tournant entre des romans disons plus conventionnel et les romans à flux de pensée qu'elle utilisera par la suite. Ce roman est le précurseur, celui qui donnera ensuite Vers le Phare ou les Vagues. Il aura reçu des critiques fort peu sympathique, peut-être parce que trop moderne pour l'époque, tout comme des critiques des plus élogieuses. Il est sûr que la Chambre de Jacob n'est pas un simple roman mais pas non plus le chef d'oeuvre de l'autrice. 

Nous allons suivre le jeune Jacob Flanders durant sa vie, courte. De son enfance avec des vacances en Cornouailles, à ses années d'études, ou encore aux derniers mois de sa vie. Sauf que si Jacob est bel et bien le centre du livre, il n'est pas finalement le personnage que l'on connaitra le plus. Virginia en a fait un personnage presque muet, assez antipathique pour le lecteur en fait. De Jacob lui-même nous n'apprendrons presque rien. Il ne nous parlera pas, restera silencieux. Ce seront les autres, tous ce qui peuvent l'entourer, sa mère, ses amis... qui vont nous en faire le portrait. La grande force de Woolf est là. Permettre au lecteur de se faire une idée d'un personnage par rapport aux autres, sans jamais mettre le dit personnage réellement en avant.

Elle en profite ainsi pour créer des instantanés de vie. Si le roman nous raconte Jacob, il va aussi nous raconter son monde, son époque et les gens qui l'entourent. Grace à sa multitude de personnage, elle brosse le portrait de Londres avant la guerre, celui d'une Angleterre encore tranquille mais pas tout à fait. Alors parfois, on finit par se perdre avec les personnages, bien trop nombreux, avec les noms. Mais toujours, on retrouve Jacob, lui ou une évocation. Et Jacob devient soudain une sorte de personnage universel, l'âme du roman, celle de son époque. Nous retrouvons aussi dans ce roman un début de féminisme assez présent, sans toutefois être envahissant. J'aime cette facette de l'autrice, engagée et qui ne se laisse pas marcher sur les pieds. 

Le tout est écrit avec poésie, comme sait si bien le faire Woolf. J'ai lu et relu certaines phrases plusieurs fois, tant je les trouvais belle. C'est aussi une écriture qui demande beaucoup à son lecteur. Impossible de faire autre chose dès qu'on se plonge dans ce livre si on ne veut pas perdre le fils de sa lecture. Cela m'arrive souvent, lorsque je m'installe et que ma fille vient me demander telle ou telle chose. Les quelques derniers chapitres ont par exemple du être relu deux fois, elle a la grippe et vient souvent me solliciter. 

Au final, j'ai beaucoup aimé cette Chambre de Jacob. Le récit est beau, l'écriture tout autant. Et lorsque l'on sait qu'en plus de cela, il est une sorte d'hommage à Thoby Stephen, l'un des frères de Virginia Woolf, mort quelques années auparavant, c'est encore plus beau. Bref, un roman magnifique, à lire lorsqu'on est tranquille chez soi, à savourer.

jeudi 8 décembre 2016

En Proie au Rêve, Saving Paradise, tome 1, Lise Syven

J'ai mis le temps pour mettre la main sur ce nouveau roman de Syven. Parce que j'espèrai encore, après avoir fait une pub éhontée à ma libraire de La Balance Brisée, qu'elle aurait compris qu'il me fallait ce bouquin-là, qu'il le lui fallait. Si la dite pub a fonctionné pour la Balance Brisée, j'ai du être moins bonne avec Saving Paradise. Me reste encore un peu de temps avant la sortie du tome 2 pour continuer mon travail auprès d'elle. Oui, je suis têtue et j'aimerai bien trouver les livres que j'adore là-bas pour que d'autres puissent en profiter et que je n'ai pas à passer par la commande.

En Proie au Rêve, Saving Paradise, tome 1, Lise Syven

Editeur : Castelmore
Collection :/
Année de parution : 2016
Nombre de pages : 380

A lire si :
- Vous voulez une histoire entre fantastique et thriller
- Vous voulez des personnages sympathiques et diversifiés
- Vous voulez un bon roman

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas quand ça peut sembler aller trop vite

Présentation de l'éditeur : 

Faustine Mésanger a tout prévu : l’amour, ce n’est pas pour tout de suite, priorité aux études. La jeune femme a de qui tenir : son père est un brillant chercheur de la Fondation du Griffon, une organisation non gouvernementale qui travaille sur une découverte médicale majeure.
Mais le destin tout tracé de l’étudiante bascule le jour où le laboratoire de la Fondation explose. Faustine est alors menacée de mort, au même titre que son père et ses collègues, et se retrouve placée sous protection rapprochée. Soudain, les examens de fin d’année semblent bien dérisoires…
Tandis que les attaques s’enchaînent, Faustine commence à perdre la raison : elle entend des voix et ses cauchemars la hantent. Même Nato Braye, son garde du corps, se met à douter de sa santé mentale.
Qui cherche à éliminer les membres de la Fondation du Griffon ?

Mon avis

Avec Syven, j'ai toujours l'impression de savoir à quoi m'attendre. Il faut dire que j'ai lu tous ses romans, toutes ses séries. D'ailleurs, c'est un peu grâce à elle qu'il y a 5 ans, je me suis remise à la lecture, avec son merveilleux Au Sortir de l'Ombre. Mais cela reste une impression, parce qu'elle arrive toujours à me surprendre. Mais vraiment. 

Après un roman et un diptyque plus adulte, une série plus jeunesse, elle se lance dans le Youg Adult avec toujours cette touche fantastique qui lui va si bien (la fantasy aussi d'ailleurs, il n'y a qu'à voir Les Chroniques de Sywen). Cette fois, nous voilà donc à la suite de Faustine Mésanger, jeune étudiante en droit dont la vie va basculer le jour où un attentat va être commis au travail de son père. Un père chercheur, proche de trouver enfin le vaccin contre le cancer. Mais l'attentat des locaux de la Fondation du Griffon n'était que le début et Faustine et son père vont vite se retrouver dans un engrenage de terreur qui va tout bouleverser.

Ce premier tome va assez vite. On rentre facilement dedans d'ailleurs, ce qui permet cette "vitesse". Syven sait parfaitement comment attraper son lecteur dès le départ et surtout comment le garder avec son histoire. 

Déjà, les personnages sont tous, même les secondaires, détaillés et bien caractérisés. Autre chose, ils sont aussi diversifiés, ainsi on retrouve un tahitien, un africain (rha, j'ai oublié la nationalité de Mdia) et j'en passe. Merci pour cette représentation d'un peu toutes les couleurs et pour leur culture, qui n'est absolument pas là pour faire genre mais bien pour caractérisé un peu plus le personnage et s'en servir pour l'histoire. J'ai beaucoup de mal lorsqu'on me dit que tel ou tel personnage est de telle origine et où cela finit soit en gros stéréotype ou alors, juste pour faire "tiens regarde, je mets un noir/asiatique/américain/quesaisjeencore mais c'est juste pour faire genre". Ce n'est absolument pas le cas ici et c'est génial.

En restant sur les personnages, je dois bien dire que j'ai accroché à presque tous. Faustine, bien sûr, jeune femme qui ne se montre pas super forte, super intelligente, super tout, mais plutôt comme une étudiante qui ne sait pas ce que lui réserve le lendemain et essaie de vivre (survivre même) alors qu'elle pense ne pas en avoir les moyens. Nato aussi m'a beaucoup plu, de part ses faiblesses mais aussi par sa force intérieure et ses attentions envers Faustine (puis ils sont chou ensembles). Mais j'ai aussi eu un gros faible pour Mdia, le commandant, et surtout Chevalier, coordinatrice de la Fondation, personnage mystérieux s'il en est.

Mais si les personnages font beaucoup, il y a aussi toute l'histoire derrière. Ben oui, on peut apprécier les personnages et pas le reste (ou l'inverse). Bon là, ce n'est pas le cas, hein. Parce que l'histoire est drôlement bien foutue, drôlement addictive aussi. Syven nous offre un super page-turner plein de mystère. Car si le Tumorex, le fameux vaccin contre le cancer, est au centre de l'aventure, il n'y a pas que lui. Je n'en dirais pas forcément plus, parce que se serait spoiler, et que spoiler c'est pas bien, mais c'est juste génial (je vous aide, hein ?). Et le tout est porté par l'écriture de Syven, toujours aussi efficace, que se soit dans les descriptions ou les dialogues. Et puis, finissons par la fin. Et ce purée de cliffhanger. Mais heu, c'est pas possible de laisser le lecteur comme ça ! Il n'y a pas à dire, je veux la suite (maintenant de suite, c'est possible ?)(non ? c'est sur ? faut vraiment attendre ?).

Au final, j'ai donc eu un coup de cœur pour ce premier tome qui allie tant de chose géniale. J'ai juste très hâte d'avoir la suite (septembre 2017 normalement, ça fait long quand même). 

mardi 6 décembre 2016

La Métamorphose, Franz Kakfa

Je me suis dit qu'il fallait un jour que je lise cette nouvelle. Parce que Kakfa est un auteur des plus célèbre, et que j'en avais marre de voir comparer sur les bandeaux Perutz à Kakfa sans comprendre pourquoi. Oui, parfois, il en faut peu pour vouloir lire quelque chose.

La Métamorphose, Franz Kakfa

Editeur : Libre de droits
Collection : /
Année de parution : 2004
Titre en VO : Die Verwandlung
Année de parution en VO : 1915
Format : epub

A lire si :
- Vous voulez du fantastique soft

A ne pas lire si :
- Vous voulez quelque chose de long

Présentation de l'éditeur : 

Lorsque Gregor Samsa s'éveille, un matin, après des rêves agités, il est bel et bien métamorphosé. Doté d'une épaisse carapace d'où s'échappent de pitoyables petites pattes ! Lugubre cocasserie ? Hélas, ultime défense contre ceux qui, certes, ne sont pas des monstres mais de vulgaires parasites... Les siens. Père, mère, soeur, dont l'ambition est de l'éliminer après avoir contribué à l'étouffer... Ici, un homme se transforme en coléoptère monstrueux, là, un engin pervers tue avec application... Dans la colonie pénitentiaire, c'est l'expérimentation en direct. Une machine infernale s'acharne sur un soldat soumis. Une machinerie hors pair, digne d'un inventeur à l'imagination torturée !

Mon avis

Bon, commençons par le commencent, j'ai eu beaucoup de mal avec cette nouvelle. A vrai dire, j'ai apprécié l'écriture de Kafka, maîtrisée et agréable à lire. C'est avec l'histoire en elle-même que j'ai eu du mal. 

La Métamorphose nous raconte ce qu'il se passe à partir d'un certain matin où Gregor, jeune commercial, se retrouve transformer en un monstrueux insecte. On va alors suivre ce qu'il se passe dans sa maison, où vivent aussi son père, sa mère et sa soeur. Si au départ, nous nous concentrons sur un Gregor qui ne comprend pas ce qui lui arrive mais essaie tant bien que mal de faire quelque chose, la situation va vite se dégrader. Gregor, enfermé dans sa chambre, va se "laisser aller" à sa vie d'insecte, sa soeur va le délaisser complètement, tout comme son père, sa mère reste en arrière, la nouvelle femme de ménage se moque régulièrement de lui... Jusqu'à ce qu'arrive des locataires et que tout tourne réellement mal pour Gregor.

C'est marrant parce qu'en écrivant le résumé, je me rends compte que vraiment la nouvelle est bien foutue, la montée en tension est là, le point culminant arrive tranquillement mais surement. Techniquement, elle est fort bien cette nouvelle. Mais le problème, c'est que tout cela a fini par m'ennuyer. Et qu'une nouvelle m'ennuie, c'est quand même bien rare. Mais pourquoi ? Juste parce que trop prévisible. Et parce qu'il faut bien le dire, Gregor n'est pas un personnage fortement plaisant. Il passe tout de même beaucoup de son temps à pleurer sur son sort (on le comprend aussi, je suppose que je ferais pareil si cela m'arriver), la soeur n'est pas forcément mieux (envie de la baffer fort régulièrement) et les parents semblent particulièrement absent. En fait, mon problème, c'est bien les personnages.

C'est bien dommage car le thème de la nouvelle, l'exclusion, le jugement sans preuve, l'aveuglement face à une situation exceptionnelle était plutôt sympathique. Mais ça n'a pas pris avec moi. Il m'a manqué quelque chose, un petit truc qui m'aurait réellement fait accroché. Bref, une petite déception.

jeudi 24 novembre 2016

Say I love You, tome 3, 4 et 5, Kanae Hazuki

Je continue à lire tranquillement les tomes de ce manga que j'apprécie beaucoup. Cette fois, c'est trois tomes que j'ai lu entre vendredi et mercredi.

Say I love You, tome 3, 4 et 5, Kanae Hazuki


Editeur : Pika Edition 
Collection : Shôjo
Année de parution : 2014 pour les deux tomes
Titre en VO : Sukitte Ii na yo
Année de parution en VO : 2009 et 2010
Nombre de pages : 159 pour le 3, 176 pour le 4, 162 pour le 5

A lire si :
- Vous voulez de la romance
- Vous aimez les histoires se passant au lycée

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas quand ça peut être niais parfois

Présentation de l'éditeur :

Mei, lycéenne, n'a jamais eu d'amis ni de copain en seize ans d'existence. Un jour, elle blesse involontairement LE beau gosse du lycée, Yamato. Mais, curieusement, celui-ci ne semble pas lui en vouloir, et parait surtout intrigué par cette étrange jeune fille...
Il cherche même à tisser des liens d'amitié avec elle par tous les moyens!
Lorsque Mei est suivie par un stalker, Yamato vient à son secours et l'embrasse...
Me début d'une relation entre deux êtres que tout oppose.

Mon avis

Les deux premiers tomes mettaient en scène le début de la relation entre Mei et Yamato et nous présentait une bonne partie des personnages qui gravitent autour d'eux. Le troisième tome continue sur la lancée tandis que les quatre et cinq annoncent deux nouveaux personnages importants. 

Dans le tome 3, nous en apprenons un peu plus sur Aïko et son changement d'apparence. Même si cela ne prend que quelques pages au final, j'apprécie beaucoup le traitement sur la jeune femme qui va prendre un peu plus d'importance et surtout qui finira par passer de rivale à amie. Une amie très précieuse comme on le découvrira plus tard et qui semble bien mieux comprendre Mei que les autres. On découvre aussi Nagi, la petite sœur de Yamato. Une petite sœur qui ne veut plus aller à l'école depuis qu'elle a compris que ses camarades se servent d'elle. Son histoire est particulièrement touchante. Mais surtout, le tome 3 introduit Megumi, la future rivale de Mei. Si pour l'instant, elle parait bien cruche et bien chiante, elle va prendre de plus en plus d'importance dans les autres tomes.

Le tome 4 continue a utilisé Megumi sans vraiment nous la faire connaitre plus. Pour s'attirer les faveurs de Yamato, elle va lui demander de poser avec elle pour le magazine. Mei va forcément se sentir inférieure, moche et tout ce qui s'en suit. Elle connait les premiers affres de la jalousie en fait. Quel dommage qu'à côté de ça, Yamato semble terriblement effacé et conciliant. Il ne se rend absolument pas compte de la détresse de Mei face à la situation. Heureusement, Aïko est là et elle va lui ouvrir les yeux. Arrive aussi dans ce tome Kai, ancien ami de Yamato au collège. Kai, on connait déjà un peu son histoire, puisque Yamato en parle dans le tome 2 (il me semble). Il fut le souffre douleur préféré des collégiens et avait changé d'établissement à cause de ça. On découvre alors un garçon assez fantasque, qui semble sûr de lui et surtout qui a semble-t-il un petit faible pour Mei. Mais ce qui aurait pu être intéressant, c'était les retrouvailles avec Yamato, qui dit s'en vouloir terriblement de n'avoir rien fait à l'époque. Or, une fois encore, il est vachement sur la reserve, ne dit pas grand chose. Il faut que ce soit Mei qui les "rabiboche" tous les deux. Et pour tout dire, c'est bien là le problème de ce tome 4, un problème qui reviendra d'ailleurs dans le 5, Yamato est toujours trop en retrait. Alors oui, souvent, ça donne des situations mignonnes tout pleins (et aussi pleine de clichés, je dois bien l'avouer) mais heu... Il pourra pas redevenir comme dans les deux premiers tomes ?

Le tome 5 va se baser sur la jalousie. Enfin, si on veut. C'est marrant parce que sur la quatrième de
couverture, c'est un peu le mots qui revient et que personnellement, j'ai vraiment cru que j'aurais droit à une bonne vieille crise. Sauf que non. Kai se rapproche de plus en plus de Mei, en tombant même amoureux apparemment. Ce que la jeune fille ne semble pas tellement comprendre d'ailleurs. Elle voit juste en lui quelqu'un qui comprend ce qu'elle peut ressentir. Du côté de Yamato, il se rend bien compte que Kai en penche pour Mei et il se replie sur lui-même... J'avoue, j'ai pas compris. Perso, je me serais un peu plus battue que ça. Mais non, notre Yamato préfère simplement prendre de la distance, mettant Mei encore plus mal à l'aise que d'habitude. Une situation assez étrange, il faut bien le dire. Surtout que même si Kai a des penchants pour Mei, il est là pour l'aider avant tout. 

Au final, ce sont pourtant trois tomes que j'ai dévoré et plutôt apprécié. Je reconnais de plus en plus l'ado que j'étais en Mei, avec ses doutes, ses angoisses et cette envie d'avancer qui la rend toujours plus forte. J'ai aussi apprécié les interactions avec Aïko, qui passe de "méchante" dans les deux premiers tomes à personnages vraiment importants pour Mei dans ceux-ci. Aïko, c'est avant tout une amie, qui peut paraître froide et dure mais qui en sait bien plus que quiconque. Le nouveau personnages féminin, Megumi, me semble aussi intéressant, même si pour le moment, nous n'avons qu'un tout petit petit (une case) aperçu de ce qu'elle a déjà pu vivre. J'avoue avoir hâte d'en découvrir un peu plus. Quant à Kai, il est aussi super intéressant dans sa construction/reconstruction. Ce sont des personnages qui vont s'avèrer complexe, je pense et que j'ai hâte de mieux découvrir.

Reste quelques bémols tout de même. Comme dit plus tôt, l'attitude de Yamato m'a parfois fait ragé. Pour un gars amoureux, il est parfois fort distant ou bien à côté de la plaque. De plus, je trouve que la mangaka est tombée dans pas mal de cliché pour ces tomes. Ça ne me dérange pas outre mesure, je lis Say I Love You pour me détendre et passer un bon moment, mais parfois, ça serait cool d'avoir une situation un peu inédite.

Pour finir, ce fut donc une lecture agréable sans prise de tête comme j'apprécie. J'adore lire cette série pour les relations entre les personnages (même si parfois trop clichés) qui me rappellent le temps du lycée (bon parfois, c'est pas des bons souvenirs, faut bien l'avouer). Et je continuerais à lire la série encore un moment, je suppose.


vendredi 18 novembre 2016

Dracula, Bram Stoker

Il fallait bien qu'un jour, je me lance dans l'un des mythes modernes du fantastique et que je découvre l'histoire de Dracula. Parce que je n'avais jamais lu le livre, ni vu les films (pas même le Coppola, oui, je sais)... 

Dracula, Bram Stroker

éditeur : domaine public
Collection : /
Année de parution : 2011
Titre en VO :  Dracula
Année de parution en VO : 1897
Format : epub

A lire si : 
- Vous aimez les romans sous forme de journaux intimes
- Vous voulez un roman gothique sans grosse effusion de sang

A ne pas lire si :
- Vous voulez beaucoup d'action

Présentation de l'éditeur : 

Répondant à l'invitation du conte Dracula qui prépare son prochain voyage en Angleterre, Jonathan Harker découvre à son arrivée dans les Carpates un pays mystérieux. Un pays aux forêts ténébreuses et aux montagnes menaçantes. Un pays peuplé de loups dont les habitants se signent au nom de Dracula. Malgré la bienveillance de son hôte, le jeune clerc ne peut qu'éprouver une angoisse grandissante. Ce comte, qui contrôle son courrier et verrouille les portes de son château, ne se reflète pas dans les miroirs et se déplace sur les murs en défiant les lois de l'apesanteur...
Jonathan Harker doit se rendre à la terrifiante évidence : il est prisonnier d'un homme qui n'est pas un homme. Et qui partira bientôt hanter les nuits de Londres...

Mon avis

C'est tout de même amusant comme on pense tout savoir sur un personnage sans avoir jamais lu le livre qui l'aura vu naître. Mais Dracula est une figure importante du monde des Vampires, le premier de l'ère moderne, celui par qui découle pas mal de mythes. A vrai dire, il n'y a pas besoin de lire le livre pour connaitre le Maître Vampire. Il est partout. Peu de personnage ont cette aura-là. Frankenstein et sa créature, Dorian Gray et quelques autres peut-être. On se rend compte d'ailleurs qu'ils sont tous "nés" à la même période ou à peu prêt.

Bien que portant le nom du vampire, Dracula ne se concentre pas seulement sur celui-ci. Le comte n'y est d'ailleurs pas le personnage principal. Le roman se compose d'une suite de journaux intime, ceux de Jonathan Harker, de sa femme Mina, du docteur Seward ainsi que de Van Hellsing et dans une moindre partie, celui de Lucy Westeria et de lettres et télégramme. Forcément, à notre époque, cette manière de traiter un roman peut paraître un peu vieillotte. Personnellement, j'aime bien, surtout que ça permet de plonger un peu plus dans la psychologie des personnages.

Je ne vais pas vous raconter l'histoire du livre. Je suis persuadée, que même si comme moi, vous n'avez ni vu d'adaptation, ni lu le bouquin, vous la connaissez. Ce que je ne connaissais pas par contre, c'était vraiment les personnages importants, du moins, pas tous et le déroulement exact des choses. Ni la modernité du récit pour l'époque. 

A vrai dire, je m'attendais à un roman gothique/fantastique plutôt classique, comme nous pouvons en lire à notre époque. Ce n'est pas vraiment le cas. Stoker a fait un énorme travail sur son roman, le transformant en plusieurs études, que se soit géographique (il n'est jamais allé dans les Carpates et pourtant, on ne dira pas), sociologique ou encore historique. Chaque détail est particulièrement bien pensé, rien ne dérange le lecteur. En lisant Dracula, j'ai retrouvé cette ambiance si particulière de la fin de l'ère Victorienne et des révolutions industrielles. On ajoute à ce sens du détails, de la recherche, un fort sympathique sens du suspens. Parce qu'il faut l'avouer, Dracula ne fait pas peur. Loin de là. Il joue avec les nerfs de son lecteur par une logique implacable (qui par contre permet aux lecteurs d'être parfois en avance sur les protagonistes, ce qui est assez dérangeant pour moi parfois). 

Et puis, il y a la psychologie des personnages. Si les héros sont quelques peu trop lisse à mon goût, ce n'est pas le cas de ce cher Dracula. Stoker ne le voit pas forcément comme le monstre que peu-être le vampire. Non, c'est surtout un homme damné. A son nom-mort, on peut donc ajouter quelques péchés, comme la luxure par exemple. Oui, Dracula est sensuel en plus d'être mort. Il s'attaque aux femmes plus particulièrement, les attire à lui. Ses femmes d'ailleurs sont présentés comme d'une extreme beauté et particulièrement lascives et attirantes. Stoker mélange donc érotisme et mort (ce que fera il me semble encore plus Coppola)(il faut vraiment que je me regarde le film hein) pour créer un personnage finalement ultra complexe. Quel dommage qu'il lui oppose des humains trop lisses ou seule Mina tire son épingle du jeu (pour l'époque et bien qu'elle soit cantonné à faire la secretaire la plupart du temps, elle est ultra moderne comme femme et sans elle, ben Van Hellsing, Seward, Harker, Quincey et Godamine ne feraient finalement pas grand chose, hein).

Au final, si je n'ai rien appris de plus sur l'histoire de Dracula (un comble quand même en lisant donc le livre qui l'a vu naitre), j'ai beaucoup apprécié cette lecture. Stroker est un écrivan captivant qui sait mener sa barque et faire plonger son lecteur dans l'angoisse. Par contre, un petit bémol, la fin, trop rapide.

jeudi 17 novembre 2016

Dévoreur, Le Sentier des Astres, tome 0, Stefan Platteau

J'avais craqué pour ce livre dès que je l'avais vu à la librairie. Sans même lire la quatrième, sans même savoir qu'il fessait parti du même univers qu'une série. Juste, il était beau. Parfois, il n'en faut pas plus.

Dévoreur, Le Sentier des Astres, tome 0, Stefan Platteau

Editeur : Les moutons électriques
Collection : La bibliothèque Voltaïque
Année de parution : 2015
Nombre de pages : 128

A lire si :
- Vous voulez un conte
- Vous voulez un apperçu de ce que pourrait être l'univers du Sentier des Astres
- Vous voulez quelque chose de poétique

A ne pas lire si
- Vous voulez quelque chose de long

Présentation de l'éditeur

Sommes-nous les jouets des astres ? Qu’est-ce que ces choses lointaines éveillent en nous, qui nous anime, et nous pousse à agir d’une façon qui nous étonne nous-mêmes ?
Au-dessus de la demeure de Vidal, l’éleveur d’ânes, une planète brille trop fort ; le comportement de cet homme paisible s’en ressent. Son amie Aube assiste, impuissante, à sa transformation. Parviendra-t-elle à l’arracher à cette influence néfaste, ou faudra-t-il attendre l’aide de Peyr Romo, le magicien des Monts de souffre ?
Dans la vallée de Pélagis, de vieux instincts s’éveillent, prêt à dévorer toute humanité dans le cœur des êtres…
Une plongée dans l’âme d’un monstre, dans l’univers des Sentiers des Astres.

Mon avis

Avant de parler de ce qu'il y a écrit dans le roman, parlons un peu de l'objet. Comme je le disais en intro, j'ai craqué pour l'objet en premier. Il faut dire que les Moutons Electriques soignent toujours leur parution. Ici, nous avons un petit livre qui fait un grand effet. J'adore sa couverture, vraiment superbe et allant parfaitement avec le contenu. Sans parler du fait que le "O" de Dévoreur est percé pour laisser place à une illustration de la page de garde. Mais ce n'est pas tout, Melchior Ascaride, l'illustrateur, s'est aussi occupé de chaque page et de la reliure. Cela en fait vraiment un bel objet qui trouvera sa place dans n'importe quelle bibliothèque. En tout cas dans la mienne, il fait son petit effet.  
Dévoreur nous entraîne en Pélagis, dans les traces de la famille Romo et de leur ami Vidal. Celui-ci, influencé par une planète néfaste va peu à peu sombrer dans la folie. La forme du roman est celle d'un conte. Un conte tragique, sombre. On y trouve ce qui a pu faire le succès des contes mais avec un petit plus agréable. Et, surtout, un conte assez violent à ne pas lire aux enfants sous peine de cauchemar.

Le livre se divise en deux parties principales. La première met en place l'univers et la descente vers la folie de Vidal. Elle peut sembler lente à cause de ça. On découvre une partie de la vie d'Aube sans son époux, parti pour les mois d'été loin d'elle. On en profite pour voir son amitié avec Vidal, son travail. Et puis, petit à petit, l'angoisse arrive. Vidal devient différent et malgré les efforts de la jeune femme, rien n'y fait jusqu'à l’inéluctable. La seconde partie met en scène Peyr, le mari d'Aube, mage de son état, et ce qu'est devenu Vidal. Cette partie, plus centrée sur l'action, m'a étrangement un peu moins plus. Peut-être parce qu'elle est plus pragmatique, parce que la tension y est un peu moins présente que dans la première, parce qu'on se doute un peu trop de ce qu'il va se passer aussi. Mais n'ayez crainte, cela ne m'a pas du tout empêcher d'apprécier ma lecture, de prendre même mon temps.

Il faut dire que l'auteur ne nous raconte pas juste un conte. Il met aussi en place tout un univers et sur 123 pages, ce n'est jamais simple, surtout quand le dit univers est aussi complet que celui-ci avec des "règles" qu'il va nous falloir apprendre rapidement. Mais franchement, il en vaut le coup. Porté par l'écriture imagée et parfaitement pesée de Stefan Platteau, on ne peut que se plonger dedans la tête la première. Personnellement, j'ai vraiment apprécié les descriptions, que se soit celles des lieux ou même de la psychologie des personnages. Des personnages qui ne sont pas caricaturaux, ni forcément tout blanc ou tout noir. J'ai même éprouvé de la compassion pour l'ogre-Vidal. Un ogre particulièrement horrible, qui n'hésite pas à manger les menottes des enfants pour comme en cas avant de les faire rôtir. Mais qui en même temps semble totalement dépassé par sa vie. Il en va de même pour les autres. 

Au final, j'ai clairement apprécié ma lecture. J'y ai trouvé une belle écriture qui m'embarque rapidement, une histoire en apparence simple mais pas tant que ça et des personnages complexes. Son seul défaut ? Etre aussi courte. Mais je me rattraperai avec les tomes du Sentier des Astres dans quelque temps.

lundi 7 novembre 2016

Say I Love You, tome 1 et 2, Kanae Hazuki

En passant à la librairie vendredi, je me suis un peu attardé rayon manga. J'avais envie de lire un truc rapide, plutôt frais et assez léger. Je suis tombée sur cette petite romance qui semblait remplir les conditions et dont les dessins me plaisaient assez.

Say I Love You, tome 1 et 2, Kanae Hazuki

Editeur : Pika Edition 
Collection : Shôjo
Année de parution : 2014 pour les deux tomes
Titre en VO : Sukitte Ii na yo
Année de parution en VO : 2008
Nombre de pages : 169 pour le 1, 156 pour le 2

A lire si :
- Vous voulez de la romance
- Vous aimez les histoires se passant au lycée

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas quand ça peut être niais parfois

Présentation de l'éditeur :

Mei, lycéenne, n'a jamais eu d'amis ni de copain en seize ans d'existence. Un jour, elle blesse involontairement LE beau gosse du lycée, Yamato. Mais, curieusement, celui-ci ne semble pas lui en vouloir, et parait surtout intrigué par cette étrange jeune fille...
Il cherche même à tisser des liens d'amitié avec elle par tous les moyens!
Lorsque Mei est suivie par un stalker, Yamato vient à son secours et l'embrasse...
Me début d'une relation entre deux êtres que tout oppose.

Mon avis

Comme je le disais, j'avais envie d'un truc assez frais et surtout pas trop prise de tête. J'étais aussi tombée sur deux trois avis plutôt sympathique sur la série compléte juste avant de me décider. L'histoire entre Mei et Yamato avait l'air choupinette, je me suis décidée en feuilletant le premier tome pour voir un peu les dessins. Comme le tout avait l'air de répondre à mes critères, je me suis lancée.

Me voici donc à suivre l'histoire de Mei, seize ans, sans ami. Depuis toute petite, elle est un peu le bouc émissaire, celle dont on se sert. Sauf que de cette vie, elle n'en veut pas. Et rapidement, elle devient une enfant solitaire. Des amis, elle n'en a pas besoin. Cette situation la fait passer pour une sauvage et il n'est pas rare qu'elle soit la cible des moqueries. Lorsqu'elle le pote de Yamato, le beau gosse du lycée, s'en prend une nouvelle fois à elle, elle ne trouve rien de mieux que de blesser Yamato. A partir de là, le jeune homme va tout faire pour devenir son ami, et pourquoi pas plus. 

Sous ses airs de romance toute mignonne, Say I love you cache en fait quelques thèmes des plus intéressants. Il faut dire que Kanae Hazuki choisit des personnages apparemment bien stéréotypés (la fille solitaire, le beau-gosse du lycée, l'ancienne grosse, la fille à grosse poitrine...) mais pas tant que ça. 

Le premier tome repose surtout sur le harcèlement. Celui de Mei par les autres élèves mais aussi par un stalker ou celui d'Assamichi, personnage à "grosse" poitrine, traiter de fille facile à cause de ça.Bien que traiter de manière parfois un peu trop légère, je trouve intéressant que l'on en parle. Il faut en parler. Toujours. Le harcèlement n'est pas à prendre à la légère, ça existe, ça existera peut-être toujours, mais plus on en parle et mieux c'est. 

Le second tome ne parle plus de harcèlement ( ou presque, cela reste un thème fort présent quand même), mais de sentiments. Il se concentre durant une bonne partie sur un ami de Yamato qui joue avec les filles. Accros au sexe sans sentiments, il va se rendre petit à petit compte qu'il lui manque quelque chose. Le sujet est traité encore une fois de manière un peu légère et finit bien pour lui. C'est un peu dommage. Mais là n'est pas le plus important de ce tome. La dernière partie a été celle qui m'a le plus touché. Elle porte sur Aïko, jeune fille amoureuse de Yamato. Aïko dont on va découvrir le passé. La jeune femme y était grosse mais heureuse. Jusqu'au jour où, alors qu'elle fait tout pour plaire à son copain, celui-ci la trompe. Alors, elle va décider d'être la plus belle, la meilleure, la plus mince. J'ai failli crier à la grossophobie vu la manière dont cela nous est montré. La fille qui ne se supporte plus ronde, qui veut à tout prix maigrir pour plaire, tout ça tout ça. Et puis, on découvre le nouveau corps d'Aïko, les marques dessus et plus que tout son mal-être face à tout cela. Et finalement, s'il y a bien grossophobie, c'est pour mieux la dénoncer, même si c'est fait de manière encore une fois un peu trop légère.

Si les thèmes m'ont bien plu, que kanae Hazuki a su parlé de chose grave sans tomber dans le gros patos, j'ai aussi apprécié les personnages en eux-même. Ils sont intéressants malgré leurs stéréotypes et portent parfaitement l'histoire. J'ai eu un petit faible pour Yamato, qui n'est pas vraiment ce qu'il semble être et pour Meï à laquelle je me suis un peu identifiée. 

Mais ces deux tomes présentes aussi quelque défauts. Déjà la manière fort légère dont tout est traité. C'est sûrement voulu, ça va parfaitement avec les dessins de la mangaka mais parfois ça m'a dérangé. Bon en même temps, je voulais du frais et du léger. Je ne me suis pas trop trompée malgré des thèmes qui le sont beaucoup moins. Ensuite, ça va vite, parfois trop. J'aurais voulu que la relation entre Meï et Yamato s'installe plus lentement, voire certains sujets traités moins rapidement et avec une fin qui ne soit pas forcément une happy end. Bref, je crois que c'est l'habituée des histoires qui finissent mal qui parle là !

Au final, ces deux premiers tomes m'ont plu. Ca se lit vite et bien, les dessins sont agréables et les histoires pas si niaises que ça (enfin, tout dépend de la limite de niais qu'on peut supporter). J'avoue avoir envie de lire la suite dès maintenant, mais je dois attendre mon prochain passage à la librairie (fin du mois si tout va bien) pour prendre un ou deux tomes de plus.

mercredi 2 novembre 2016

Magies Secrètes, une enquête de Georges Hercule Bélisaire Beauregard, tome 1, Hervé Jubert

Je ne sais plus pour quelle raison j'ai pu acheté ce livre, si c'est la quatrième, la couverture ou l'avis qu'en avait fait il y a un moment Cécile sur le blog 100% SFFF Francophone. Il n'empêche que je suis tombée dessus et que je l'ai ramené à la maison.

Magies Secrètes, une enquête de Georges Hercule Bélisaire Beauregard, tome 1, Hervé Jubert

Editeur : Folio
Collection : SF
Année de parution : 2016
Nombres de pages : 300

A lire si :
- Vous voulez du Steampunk
- Vous voulez un récit plutôt exigent
- Vous voulez du mystère

A ne pas lire si :
- Vous voulez une vraie enquête
- Vous avez du mal avec les notes de bas de page

Présentation de l'éditeur : 

L'empereur de Sequana veut faire disparaître la magie de sa cité et persécute les êtres féeriques. Ils trouvent refuge dans l'hôtel de Beauregard, un détective de l'étrange qui travaille officiellement pour le pouvoir. Depuis quelque temps, des sorts sèment le chaos dans la cité. Une entité maléfique répand la terreur, personne n'est à l'abri. Armé de sa canne-épée, assisté de la jolie Jeanne aux étranges pouvoirs, Beauregard enquête dans les ruelles et les palais de la capitale, transformée en théâtre de cauchemars.

Mon avis

Voilà un roman assez compliqué à appréhender. Vous pensez trouver une sorte de policier fantastique sauce steampunk ? Pas vraiment. Vous allez plutôt tomber sur un livre de "tourisme". A la suite de Georges Hercule Bélisaire Beauregard, vous voilà parti à la découverte de Sequana. 

Sequana, ville rappelant énormément notre Paris à nous, du moins si la Féérie n'y avait pas mis son petit grain de sel dedans. Rapidement, le lecteur va faire le parallèle entre la ville du roman et la capitale française du XIXème. En lisant, on a réellement l'impression de parcourir la ville lumière, ses rues, avenue, places, ponts. On y retrouve le baron Hoffmann (double de Haussmann) est son envie de droiture à la place du labyrinthe que peut être la ville. D'ailleurs si Haussmann fut commandité par Napoléon III, Hoffmann l'est par Obéron III, empereur de Sequana et persécuteur de la Féerie. Les deux, l'architecte et l'empereur, veulent faire de la ville une ville moderne, où l'obscurité n'existe plus, où la magie se retrouve cantonner à presque rien. Autant dire que oui, l'on retrouve beaucoup du Paris de Napoléon III qui passait du moyen-âge et de l'obscurantisme à la modernité. Un décors parfait pour une aventure proche du Steampunk et du fantastique.

Un décors qui permet à l'auteur de mettre quantité de références historiques (mais pas que) dans son roman. Alors autant le dire, pour apprécier le roman, il faut connaitre un petit peu l'Histoire. Parce que Jubert se fait (et me fait) plaisir. Cela va des références à l'antiquité avec la villa Pompéi ou encore la présence de la déesse Isis, jusqu'au XIXème siècle servant de décors temporel. Un joyeux mélange auquel s'ajoute les références culturelles, toutes aussi nombreuses (roman de capes et d'épée, arlequinades et j'en passe). Pour une fois que je comprends et vois toutes les références, autant vous dire que je suis plus que ravie. J'ai passé un temps fou à tout retrouver et à me replonger dans l'Histoire et les histoires. Encore plus quand on sait que l'auteur s'amuse à disséminer plein d'information dans ce genre dans les notes de bas de page (sur lesquelles je vais revenir, parce que n'est pas Pratchett qui veut). Pour moi, c'est donc un véritable plaisir, pour les autres peut-être pas. Mais voir un auteur s'amuser à ce point avec l'Histoire et les anecdotes de l'époque est particulièrement sympathiques. 

Mais si Senaqua prend beaucoup de place dans le récit, elle l'envahit justement parfois un peu trop. Ainsi on en oublie que son personnage principal n'est pas la ville mais bien Beauregard. Un Beauregard ingénieur-mage, censé être un enquêteur pour le compte du ministère de l'Etrange. Hors, d'enquête, il n'y en a finalement pas. Le jeune homme suit le cours des choses, se laisse porter par le courant. Si cela lui réussit parfaitement puisqu'il arrive à ses fins, le lecteur peut se sentir un peu blasé par cela. Au final, on a souvent l'impression qu'il nous sert juste de guide touristique (il a ses entrées un peu partout, nous permettant de découvrir tout plein d'endroits plus sympathique les uns que les autres). Quant aux autres personnages, je trouve dommage que nous ne puissions mieux les connaitre. Nous en découvrons un certain nombres mais ne faisons que les effleurer. Or, beaucoup d'entre eux me semblent particulièrement intéressant, comme la Déesse Isis, Jeanne ou encore Condé, l'automate. Bon après, si les auteurs m'écoutaient, ils écriraient des livres de 2000 pages avec environ dix suites, tellement j'aimerais parfois pouvoir rester dans un univers qui m'a plu. Je comprend parfaitement qu'ils ne le fassent pas. 

Ajoutons à présent à un décors parfait, des références à foison et des personnages sympathiques, l'écriture de monsieur Jubert. Un style que j'ai apprécié, parfois un peu ampoulé, parfois un peu trop argotique (Isis usant de l'insulte préférée de mon papy, à savoir pute borgne par exemple). Bref, quelque chose qui va parfaitement avec l'époque choisie et le genre. Malheureusement, pour certains, le style se retrouve un peu plus alourdi par les notes de bas de pages. Hervé Jubert les utilisent parfois un peu trop pour donner quelques renseignements sur des événements passés ou à venir en plus voire même pour donner des éléments importants à l'histoire. Si comme moi, on est amateur de Pratchett, la note de bas de page ne dérange pas plus que ça. J'ai ma technique (simple, je m'arrête à la fin de la phrase pour les lire) pour ne pas qu'elles me dérangent dans la lecture du corps du texte et effectivement, elles ne m'ont en aucun cas dérangées. Je ne suis pas sûre que ce soit le cas pour tout le monde et je comprendrais du coup que certains décrochent à cause d'elle. 

Enfin, pour finir, et comme l'a dit Cécile dans son avis, il y a aussi la dimension voulue ou non, je ne saurais le dire, philosophique du texte. L'intrigue tourne autours des masques, de la représentation des autres et de soi-même. Quel est le visage que l'on montre aux autres, est-il bien le notre ou alors un simple déguisement ? Des questions que l'on peut se poser sur les personnages qui peuplent le livre mais aussi sur la ville de Sequana elle-même. Forcément, on ne peut que se poser la question en lisant le livre (par contre, je ne sais pas pourquoi mais j'ai eu l'impression d'être tombé sur un autre bouquin (à moins que ce ne soit une série ou un film) parlant déjà de ça sans parvenir à mettre un nom là-dessus)(je déteste quand ça m'arrive)(du coup, ça fait trois jours que je cherche et ça m’énerve un peu).

Au final, j'ai donc beaucoup aimé ma lecture. J'ai adoré l'ambiance bien steampunk de cette Sequanna si imposante, l'histoire (même si elle se trouve un peu effacé par la ville justement) et Beauregard. J'ai trouvé beaucoup de chose que j'apprécie dans ce genre de roman et quelqu'unes qui m'ont laissé un peu perplexe (surtout après avoir lu la quatrième de couverture). J'avoue que le roman a de quoi décontenancé certains lecteurs mais c'est aussi justement pour cela que je l'ai tant apprécié. Pour moi, il sort assez des sentiers battus, de ce qu'on peut lire d'habitude sur le sujet. C'est un roman passionnant et exigeant qui ne se laisse pas forcément lire comme ça. Tout ce que j'aime quoi !

vendredi 21 octobre 2016

Je n'ai pas peur, Niccolo Ammaniti

Deux ans après Comme Dieu le veut qui m'avait marqué, je me relance dans un Ammaniti. J'ai eu beaucoup de mal à choisir un autre de ces bouquins, parce qu'ils me semblent tous géniaux mais quand même temps, il me fait un peu peur. Parce que je sais que je ne sortirais pas forcément hyper joyeuse de ma lecture mais surtout qu'elle risque de me marquer pour un bon moment. 

Je n'ai pas peur, Niccolo Ammaniti

Editeur : 10/18
Collection : /
Année de parution : 2014
Titre en VO : Lo non ho paura
Année de parution en VO : 2001
Nombre de pages : 231

A lire si : 
- Vous voulez une histoire qui se lit vite
- Vous voulez quelque chose d'assez haletant tout en étant pas un thriller
- Vous n'avez pas peur de la violence

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas la violence
- Vous voulez un truc qui finit bien pour tout le monde

Présentation de l'éditeur :

Il y a des souvenirs de jeunesse qui longtemps restent imprimés entre les parois de la mémoire, des souvenirs qui traversent la vie, baignant dans une aura particulière. Michele Amitrano a passé sa jeunesse dans le Sud italien, à Acqua Traverse, un tout petit hameau. Ses journées se partagent entre les repas de famille et les sorties avec ses camarades en culottes courtes des maisons alentour. Des jeux improvisés dans la campagne, des parties de football, des virées par monts et par vaux, sous la houlette de Rackam, le chef de bande, petit saligaud, imposant des gages tordus et pervers. C'est précisément à l'occasion d'un gage périlleux que Michele fera l'une des rencontres les plus surprenantes et inquiétantes de sa vie, celle d'un enfant enchaîné, tapi dans un trou, dans une maison abandonnée. Livre du souvenir, livre de l'enfance, Je n'ai pas peur est un texte réjouissant, tenant à la fois du genre policier et du récit initiatique. Aux tableaux successifs qui remplissent le quotidien d'une famille modeste italienne, Niccolo Ammaniti ajoute une sensibilité nostalgique ensoleillée, sans jamais tomber dans le pittoresque. Pas de grands effets, mais plutôt une simplicité à l'image de la vie dans le Sud, rehaussée par un lyrisme rocailleux.

Mon avis :

Après les années 2000 avec Comme Dieu le Veut, nous voilà plonger dans les années 1978, en Italie du Sud, dans le hameau d'Acqua Traverse. Cet été-là, la chaleur écrase tout. Les adultes restent enfermés à la maison, les animaux ne sortent pas. Seuls les enfants bravent le soleil. Ils vont et viennent dans la campagne, jouent, font du vélo... Parmi eux, on trouve Michele, le narrateur. Neuf ans, une petite soeur, Maria, qui le suit partout et un sens de la justice énorme. Michele qui ne supporte plus vraiment les gages que leur donne leur chef de bande, Rackam. Pour éviter à Barbara l'un d'eux, particulièrement pervers, il va prendre sa place. Une place qu'il mérite d'ailleurs, puisque c'est lui qui est arrivé dernier, vu qu'il a du aider sa sœur. Ce gage-là va changer toute sa vie. Il va découvrir, dans un trou, un enfant. Un gamin de son âge, prisonnier des monstres. 

On plonge directement dans cette plaine durant l'été 1978. Il flotte dans le roman un lourd parfum de nostalgie. Cela se voit dans les descriptions des décors, les champs de blé murs, l'étang secs, les rues poussiéreuses. Le narrateur est en fait un adulte nous racontant cet été-là, se remettant dans la peau de l'enfant qu'il était. On le sent vraiment. On sent aussi dès le départ la perte de l’innocence de Michele. Il a beau essayé de revivre tout cela avec des yeux d'enfants, il n'y arrive que très peu. Il faut dire que si le premier chapitre est joyeux, si l'on y découvre la vie de ce groupe d'enfants, tout bascule à la fin de celui-ci. La rencontre entre Michele et Filippo, l'enfant prisonnier, va faire entrer le narrateur dans un autre monde. Un monde où les monstres n'existent pas et où il doit se méfier des humains.

Si la nostalgie est bien présente, il en va de même pour la violence. Et cela dès le départ. On s'en rend vite compte avec les gages pervers de Rackam (un exemple ? La seule fille du groupe a dut montrer ses seins naissants ou encore, elle se voit menacer de devoir montrer son sexe), les corrections de la mère de Michele lorsqu'il arrive en retard, le grand frère de Rackam qui bat les gamins pour son bon plaisir et j'en passe... Et puis, l'horreur, ce gamin enferme dans un trou, trop faible physiquement pour essayer d'en sortir, devenu fou d'être dans le noir. Parce que la violence jusque là paraissait presque normalement à Michele, jusqu'à ce qu'il se rende compte qu'on pouvait faire bien pire. Et ce pire, il va vouloir le contrer. Michele, passée la peur de cet enfant dans son trou, va devenir ami avec lui, va essayer de lui rendre la vie plus joyeuse, va vouloir le sortir de là. Et en même temps, il a peur de se confronter à son père, aux autres adultes. Aux monstres. 

Mais comme pour Comme Dieu le veut, il y a beaucoup d'humanité dans le roman. Les adultes font ce qu'ils font pour leurs enfants. Le père de Michele, Pino souhaite offrir une vie meilleure à sa femme et ses enfants. Lui et sa femme veulent les sortir du hameau, pouvoir leur offrir ce qu'ils veulent. Ils aiment leurs enfants, réellement. Tout comme la plupart des autres parents, qui se retrouvent embarqués là-dedans sans vraiment trop comprendre finalement ce qu'il va réellement se passer. Même Sergio, le cerveau de l'histoire, a une petite part d'humanité. C'est un point fort chez l'auteur, que de montrer les faiblesses des monstres de cette manière, de mettre en évidence cette horreur face à l'innocence des enfants. On ne trouve pas que de l'horreur dans les récits de l'auteur italien, on y trouve aussi souvent des moments de grâce.

Je sors de ma lecture assez bouleversée comme pour le premier livre d'Ammaniti que j'ai pu lire. Cet auteur a le don de me faire passer par un certain nombre de sentiment plus ou moins contradictoire à chaque fois. C'est un livre très vivant, où les scènes de la vie ordinaire se mélange à l'horreur de ce que les adultes comptent faire. C'est beau et terrifiant à la fois. Au final Je n'ai pas peur est un beau roman.

" Arrête avec ces monstres , Michele. Les monstres existent pas. Les fantômes, les Loups-garous, les sorcières, rien que des conneries pour faire peur aux grands benêts comme toi. C'est des hommes que tu dois avoir peur, pas des monstres"

jeudi 13 octobre 2016

La Science des Cauchemars, Véronique Olvadé et Véronique Dorey

Le duo Olvadé et Dorey m'avait déjà embarqué l'année dernière avec Quatre Coeurs Imparfaits que j'avais apprécié. Il ne m'en fallait pas plus pour prendre la Science des Cauchemars, si ce n'est sa jolie couverture.

La Science des Cauchemars, Véronique Olvadé et Véronique Dorey

Éditeur : Thierry Magnier
Collection : Adulte Littérature
Année de parution : 2016
Nombre de pages : 53

A lire si :
- Vous voulez une histoire à la limite du fantastique
 - Vous aimez les illustrations un poil dérangeante
- Vous voulez une lecture rapide

A ne pas lire si :
- Vous voulez quelque chose de développer

présentation de l'éditeur : 

"Ce qu'il voulait, c'était me raconter ses cauchemars, ou plutôt trouver une résolution à ses cauchemars."

Mon avis :

C'est avec l'idée que j'allais retrouver un duo qui m'avait beaucoup plus sur un premier texte que j'ai pris ce nouveau livre. Aussi petit que le premier, avec une nouvelle fois des illustrations semblant bien sympathique et une quatrième tout aussi énigmatique, je me suis dit qu'il devrait autant me plaire. Peut-être avais-je tord, et de cela, j'aurais pu m'en rendre compte en lisant les deux-trois premières pages. J'ai apprécié ma lecture, oui, mais beaucoup moins que pour Quatre Coeurs Imparfaits.

L'histoire de la Science des cauchemars est celle d'une jeune fille partie pour une autre ville afin de voir une éclipse solaire. Mais point d'éclipse pour elle, on lui a menti. Santa Colonna est une petite ville du littéral mexicain où les pauvres vivent dans des mobil-homes ou sous des barques et les riches dans les villas ultra sécurisées des hauteurs. Mais la ville lui plait, et elle décide d'y rester. Elle va rencontrer Irma qui va lui parler de Roberto Apolinario, vieil homme aveugle cherchant une liseuse. En manque d'argent, elle va essayer d'avoir le travail. Un travail bien loin de la lecture, elle va l'écouter lui raconter ses cauchemars et essayer de les éloigner.

Le livre est une sorte de carnet de voyage, de journal intime. La narratrice nous explique pourquoi elle est partie, ce qu'elle pense de Santa Colonna. Tout cela prend un peu plus de la moitié du livre. Et puis, elle va rencontrer Roberto Apolinario et se plonger dans ses cauchemars. 

La différence entre les deux parties se voit autant dans le texte de Véronique Olvadé que dans les illustrations de Véronique Dorey. Surtout dans celle-ci en fait. Si au départ les dessins sont plutôt "normaux", proches de la photographie, à partir du moment où la narratrice rencontre Apolinario, ils se teintent de quelque chose de plus macabres, plus surnaturel, plus "cauchemars" en fait. J'ai à nouveau passé beaucoup de temps à tous les regarder, à chercher le petit détails... Certains m'ont parlé plus que d'autres. J'ai aussi apprécié le réalisme de ceux-ci. On perd le côté grosses têtes petits corps (qui est pourtant l'une de ses marques) pour plus de réalisme et finalement une ambiance un peu plus angoissante. 

D'ailleurs, c'est quelque chose que l'on trouve aussi dans la partie écrite par rapport à Quatre Coeurs Imparfaits. Au revoir le conte macabre, bienvenue dans la réalité teintée de fantastique. Reste l'ironie de l'autrice, le choix des mots et les parenthèses toujours fort amusante. Et en même temps, ça reste un conte, court (trop peut-être, heureusement que les illustrations sont là) et plutôt bien écrit.

Mais pourquoi ai-je moins apprécié que Quatre Coeurs Imparfaits ? Peut-être parce que justement, le conte est trop contemporain. Parce que la première partie ne m'a pas tant parlé que ça. Il a fallu la rencontre avec Apolinario et ses cauchemars pour que je commence à apprécier le discours. Et encore, par rapport à la description de Santa Colonna ou de ses habitants, cela fut court. Alors lorsque le titre parle de cauchemars et que finalement, nous n'en voyons que peu (enfin plutôt lisons, les illustrations sont là pour palier au problème, et cela même dans la partie où il ne devrait pas y en avoir), je suis un peu déçue. Je suis aussi déçue par la longueur, enfin son manque de longueur. Si cela ne m'avait pas tant perturbé sur leur premier texte, là oui. Je suis sûre que plus long, j'aurais surement plus accrochée. Au final, c'est donc une histoire sympathique avec de belles illustrations mais sans plus.