lundi 28 décembre 2015

Bilan 2015 et résolutions 2016

Bonjour,

Comme chaque année, je m'attelle au bilan de l'année écoulée. C'est un exercice amusant qui me prend un temps fou mais qui me permet de voir ce que j'ai pu lire dans l'année. 

Cette année, je fais mon bilan fin décembre (à la place de début janvier), mais je ne pense pas forcément finir les deux livres du moment avant la fin du mois (si c'est le cas, j'éditerais juste le nombre de livres lus).

Le bilan 2015

✔ Cette année ce fut donc 122 livres, soit 42 de moins que l'année dernière, mais toujours au dessus de la barre des 100, ce qui n'est pas si mal. Moins de livres, plus de bonne qualité peut-être ? En tout cas, plus de gros livres, je pense. Parce que l'envie est toujours là, sinon, il n'y en aurait pas eu autant.

✔ Parmi les 122 livres, il y a eu 73 livres en papier et 48 epub. Niveaux epub, c'est presque moitié moins, il faut dire que j'ai lu de gros pavés là où je lisais d'habitude de courts romans ou des nouvelles. De plus, j'ai moins eu le temps de lire cette année sur la tablette ou le téléphone. 

✔ Parmi tous les livres, j'ai un peu voyagé, plus, il me semble que l'année dernière, niveau nationalité d'auteurs. La preuve : 71 français, 22 américains, 18 anglais, 4 japonais, 1 autrichien, 1 italien, 1 allemand, 1 gallois, 1 irlandais et 1 Islandais. J'élargi petit à petit. Mais je ne fais pas encore le tour du globe avec ça.

✔ Pour les genres, il y a eu un peu de tout : 31 fantastiques, 30 SF, 13 contemporains, 9 recueils et nouvelles, 15 thrillers, 10 classiques, 1 bit-lit, 1 dystopie, 5 humour, 5 horreur, 1 post-apo, 3 BD, 4 urban fantasy, 2 uchronie, 3 historiques (pas du genre pur par contre), 3 romance, 3 space opéra, 1 anticipation, 2 essais, 4 pulps, 1 témoignage, 8 jeunesse, 1 théatre, 1 artbook, 2 mangas. 

✔ Niveaux séries, le bas blesse un peu, je n'ai fini que 7 séries cette années, j'en ai commencé 4. Il me reste pourtant 8 séries que je pourrais finir et 15 dont il faudrait que j'avance un peu. Mon seul réconfort reste que je n'en ai pas trop commencé non plus cette année. Oui, j'essaie de me calmer. Quant à la Roue du Temps, je n'ai lu qu'un tome en début d'année, toujours ce problème de parution chez Bragelonne qui va moins vite que ma relecture (mais ce n'est pas non plus leur faute, hein). J'ai eu d'ailleurs de belles surprises en série, avec l'Exil de Desienne, des séries vachement attendues aussi avec la saison 2 des Foulards Rouges de Cécile Duquenne et surtout des fins de série géniales, les Outrepasseurs, les chroniques de Siwes ou encore La Balance Brisée.

✔ Ma PAL n'a pas retrouvé une taille dite normale... Elle culmine en ce moment à 39 livres papiers et 26 epubs. C'est déjà mieux qu'il y a quelques temps mais toujours trop. Surtout que j'ai des livres achetés depuis presque trois ans dedans, ce qui est quand même un peu gênant.

✔  les coups de cœurs, la partie toujours sympa. il y en a eu 16 cette années. Des livres qui m'ont vraiment passionnés. Je me rends par contre compte en les regardant une nouvelle fois que beaucoup m'ont plus sur l'instant mais pas que. Certains me hantent encore, comme le Vagabond des Etoiles (merci Cécile pour la découverte), certaines nouvelles du Jardin des Silences, la fin des Chroniques de Siwes ou celles des Outrepasseurs. Plus récemment, le Cirque de la Nuit m'obsède carrément comme j'ai pu le dire. Sans parler des livres de Cécile Duquenne, toujours en bonne place dans mon petit cœur de lectrice.

✔ En parlant de Cécile, elle m'a offert mon tout premier service presse. C'est d'ailleurs toujours le seul pour le moment. Je suis toujours très flattée (et assez incrédule aussi) qu'elle m'ait choisi pour lire la Tour en avant première.

✔ Je me suis mise au classique, j'ai découvert les deux grandes dames que sont Woolf et Austen, j'ai enfin pris le temps de lire Faust. Moi qui ne lisait presque pas de classique, je me rends compte que je m'éclate avec. D'ailleurs, j'ai remarqué que mes lectures ont petit à petit changé. Si je lis toujours autant de SFFF, je prends un certain plaisir à découvrir le reste de la littérature. D'ailleurs, cette année, je retiendrais plus Woolf, Austen et quelques livres contemporains que d'autres en SFFF.

Les résolutions 2016

On le sait, les résolutions, ça se tient vachement bien en début d'année, beaucoup moins en fin. Pourtant, chaque année, je dresse ma liste de résolutions en espérant les tenir. 

Baisser ma PAL. Je le dis chaque année, je tiens jusqu'à environ septembre et puis, elle finit par exploser. Espérons que je ferais mieux en 2016

Finir quelques séries, même si ça va faire monter la PAL pendant un temps. je n'ai que 8 séries à finir avec tous les livres publiés, je pourrais déjà commencé par ça. 

✔ Lire plus de 100 bouquins sur l'année, ou juste 100. Mais des bons, hein. 

Continuez les découvertes, comme j'ai pu le faire cette année (Virginia Woolf, Jane Austen par exemple dans les classiques). Sans parler des auteurs, voir plus de "pays" aussi. 

Lire un peu plus de non fiction, parce que j'adore ça mais que ça passe toujours après la fiction.

Continuer à faire régulièrement le tri dans les étagères, pour gagner de la place et faire plaisir à certain.



samedi 26 décembre 2015

Le Cirque des Rêves, Erin Morgenstern

Avant tout, j'espère que vous avez passé un joyeux Noël, qu'il a été merveilleux. Ce fut le cas pour ma part, la famille était réunie et tout c'est fabuleusement bien passé.

Le livre suivant, cela faisait un moment que je voulais le lire mais je ne le trouvais pas à la librairie. C'est marrant, parce que depuis qu'il est sur mes étagères, je le croise sans cesse dans les rayons de ma librairie. Je me suis dis que Noel était la période parfaite pour le lire.

Le Cirque des Rêves, Erin Morgenstern

Editeur : Pocket
Collection : /
Année de parution : 2015
Titre en Vo : The Night Circus
Année de parution en VO : 2010
Nombre des pages : 576

A lire si :
- Vous voulez une ambiance merveilleuse
- Vous aimez le cirque

A ne pas lire si :
- Vous voulez un livre qui ne parle que d'amour

Présentation de l'éditeur :

"Le cirque arrive sans crier gare. Aucune annonce ne précède sa venue, aucune affiche sur les révèrbères, aucune publicité dans les journaux. Il est simplement là, alors qu'hier il ne l'était pas."
Sous les chapiteaux rayés de noir et de blanc, c'est une expérience unique, une fête pour les sens où chaque visiteur peut se perdre avec délice dans un dédale de nuages, flâner dans un luxuriant jardin de glace, s'émerveiller et se laisser enivrer...

BIENVENUE AU CIRQUE DES RÊVES !

Derrière la fumée et les miroirs, la compétition fait rage. Deux jeunes illusionnistes, Celia et Marco, s'affrontent dans un combat magique pour lequel ils sont entraînés depuis l'enfance. Cependant ils s'aiment, et cette passion pourrait leur être fatale.

Mon avis

J'avoue ne pas savoir par quoi commencer pour donner mon avis sur le livre. Son univers, ses personnages, son histoire, sa poésie ? Le problème lorsqu'on aime tant un livre, c'est qu'on a parfois du mal à en parler. Surtout que je suis encore dedans et que tout m'obsède dans ce livre. Ca faisait longtemps que cela ne m'était pas arrivé. D'ailleurs, j'ai même construit un cirque en papier à l'effigie du Cirque des Rêves pour mettre dans ma bibliothèque, j'ai aussi commencé une série de croquis en rapport, tellement les descriptions sont vivantes et surtout parfaite pour voir le cirque en question. Mais passons au livre, si vous le voulez bien.

Que font deux magiciens, fort agés, pour passer le temps ? Ils se lancent des défis pour voir qui est le plus fort des deux. C'est par un de ses défis que né le Cirque des Rêves, arène merveilleuse pour la fille de l'un et l'apprenti de l'autre. Les deux jeunes gens vont devoir prouver quelle école de magie est la plus forte, mais petit à petit, la compétition prend un tournant non envisagé par les deux vieux magiciens.

Si la quatrième de couverture évoque l'histoire d'amour entre Célia et Marco, je dois bien avouer qu'elle n'est pas l'essence de l'histoire, ni même le défi de leurs maitres, Prospero et Alexander. Non, l'essence de ce livre, c'est le cirque lui-même. Le cirque des Rêves, qui arrive alors qu'on ne s'y attend pas, dont le voyage se fait au hasard et qui forme un parfait décors. Dès les premières pages, on se retrouve plonger dedans, avec un court chapitre à la seconde personne. Puis, il faut attendre un peu, découvrir Marco et Célia avant d'y remettre les pieds et de s'y engouffrer pour ne plus vouloir en sortir. Erin Morgenstern a crée une ambiance parfaite, vivante, tellement que l'on arrive à se croire dans le cirque lui-même en lisant les pages. Tous les sens sont mis en valeur, la vue, l'ouïe, le gout, le toucher et l'odorat, tout y est pour le plus grand plaisir des lecteurs. Il y a dans les descriptions la magie et la poésie.

Les personnages ne sont pas non plus en reste. Célia et Marco, les deux principaux personnages du livre, sont à l'image de leur profession, mystérieux. Ils hantent les pages du livre, même lorsqu'ils ne sont pas présents. Ils portent à la fois l'histoire et le cirque. Mais ils ne sont pas les seuls personnages intéressants. J'ai particulièrement aimé les jumeaux Murray, Poppet et Widget, seuls enfants du cirque, que nous allons voir grandir au fur et à mesure de notre lecture. Leur rôle est aussi important que celui des illusionnistes. Il y a aussi Isobel, partagée entre son amour pour Marco et celui pour le cirque. Un personnage qui aurait mérité d'être plus présent, à mes yeux. Tout comme la contorsionniste qui réserve bien des surprises. Ou encore Bailey, jeune homme fou du Cirque des Rêves, et de Poppet aussi, dont l'histoire se superpose à celle des autres.

Et puis, il y a l'écriture d'Erin Morgenstern dont c'est le premier roman. Comme je le disais, elle fait vive le cirque dans l'imagination des lecteurs. Ses phrases sont souvent poétiques, à l'image de son univers. Son écriture est fluide, pas alambiquée pour deux sous. On tourne les pages sans  s'en rendre compte, absorbé par l'histoire et le cirque. 

Au final, c'est un vrai coup de coeur que ce Cirque du Rêves, mais je crois que vous l'aviez compris. J'ai vraiment tout aimé, à tel point que, comme je le disais, j'en arrive à faire des croquis de certaines scènes. Il est rare qu'un livre m'obsède autant après lecture. Celui-ci y est clairement arrivé. C'est un roman contemplatif merveilleux, avec une histoire de fond merveilleuse, à la Roméo et Juliette. D'ailleurs, Shakespeare hante lui aussi le livre à sa manière.

Je vous laisserais avec deux citations, d'Oscar Wilde et  de Shakespeare, qui se trouvent toutes deux dans le livre :
"Le rêveur est celui qui ne trouve son chemin qu'au clair de lune et son châtiment est de voir l'aurore avant le reste du monde". (Wilde)

" Nous sommes faits de la même étoffe que les songes et notre petite vie, un somme la parachève." (Shakespeare)

Me voilà à présent une Rêveuse, espérant que le Cirque revienne dans ma vie...



mercredi 23 décembre 2015

Baroque'n'roll, Anthelme Hauchecorne

C'est marrant, ce petit recueil n'a pas été acheté chez mon libraire. En fait, je suis allée dans un magasin style Foire aux Trouvailles et en passant par le minuscule rayon livre, je ne m'attendais pas du tout à trouver des romans ou des recueils SFFF. La dernière fois je n'y avais vu que des livres de coloriages ou de cuisine. Bref, ma surprise fut totale et je repartais avec ce livre. Comme quoi, on trouve des trucs vraiment sympa dans ce genre de magasin !

Baroque'n'roll, Anthelme Hauchecorne

Editeur : Midgard
Collection : /
Année de parution : 2012
Nombre de pages : 373

A lire si :
- Vous aimez les nouvelles
- Vous voulez beaucoup de SFFF

A ne pas lire si :
- Vous voulez des nouvelles égales en qualité.
- Vous n'aimez pas l'humour noir

Présentation de l'éditeur :

Suivre le procès opposant un diablotin syndiqué à son sinistre patron, jouer à réveiller les morts, aider deux enfants à se défaire d'un croquemitaine, vous mettre au vert avec le Diable lui-même, grelotter sous les couvertures mitées d'un orphelinat libéral (où seuls les plus forts survivent), vous laisser conter la guerre en Irak par un gremlin antimilitariste…
Un aperçu des voyages auxquels Baroque'n'roll vous convie, quinze nouvelles insolites portées par un rythme effréné, alternant humour et grotesque, merveilleux et fantasy urbaine.
Quinze univers, autant de portes en attente d'être poussées.
Une seule clé.
Celle qui se languit entre vos doigts.
Accoucheur de nouvelles et de romans, Anthelme Hauchecorne livre avec Baroque'n'roll son premier recueil, carnet de ses vagabondages oniriques.

Mon avis

Janvier 2014, je lisais le second recueil de nouvelles d'Anthelme Hauchecorne, Punk's not Dead et j'appréciais beaucoup. Depuis, je l'avoue, je voulais me prendre le premier pour voir ce que ça donnait. Cette fois, je trouve donc quinze nouvelles avec pour fil conducteur le rock et le baroque. Mélange assez détonnant de deux univers finalement assez proche.

Le recueil commence par une petite introduction, puis par l'histoire de l'histoire, c'est à dire le pourquoi de l'écriture de la nouvelle. C'est toujours une partie fort interessante, bien que je regrette que cette fois, elles ne soient pas placé avant ou après chaque nouvelle, mais au tout début du livre. Cela fait que parfois, on doit naviguer de la nouvelle au début du livre. Enfin, ce n'est qu'un petit détail. Ensuite, un petit poème, sorte de remerciement aux lecteurs conclut la partie présentation. Ensuite, nous passons au vif du sujet, les nouvelles.

Nuage Rouge
La première nouvelle nous entraîne à la suite d'un diablotin. Racontée par un narrateur omniscient, elle se veut plutôt humoristique. Notre diablotin va devoir traiter avec un syndicaliste. Or, le pauvre va découvrir qu'on l'exploite à mort et qu'il peut très bien demander réparation. Il va devenir le premier syndicaliste des Enfers. S'en suit donc un procès contre Belzébuth, présidé par Asmodée. C'est assez drôle comme nouvelle mais elle souffre pour moi du narrateur un peu trop omniscient à mon gout et à l'humour assez ras des pâquerettes.

Permission de minuit
Un vieux vampire sans le sous et ayant très très faim passe un pacte avec un père de famille. S'il arrive à mettre au lit les deux enfants de celui-ci à minuit sans cris ni heurt, il aura le droit de les bouffer. Sauf que les dits enfants sont d'adorables petits monstres de huit et dix ans... Comment dire... J'ai ri, souvent. Une nouvelle vraiment amusante que les parents et nourrices comprendront parfaitement.

Le jardin des peines
On arrive dans les nouvelles un peu moins marrantes, beaucoup plus noires. Le jardin d'Eden s'est petit à petit transformé en jungle, faute d'entretien. Il est devenu le passage obligatoire pour les morts en quête de rédemption. Une histoire assez glaçante sur la nature humaine dans un environnement tout aussi glaçant. Une bonne nouvelle donc.

Courrières
La catastrophe de Courrières, qui a fait 1099 morts dans les mines en 1906, compose le cadre de cette nouvelle. L'auteur va lui trouver une autre origine que le coup de grisou en y introduisant une part fantastique. Encore une fois, la nature humaine en prend un coup, car même si un démon se cache sous tout cela, les hommes de l'histoire ne sont pas des tendres non plus. C'est encore une fois une nouvelle sombre, même très sombre et plutôt efficace.

Madone Nécrose
Dans un recueil comme celui-ci, il fallait une histoire de zombies. Madone Nécrose est donc la nouvelle zombies de Baroque'n'roll. Sauf qu'elle ne parle pas de zombies se mettant à la poursuite d'humain et de grandes bouffes. Non, elle est noire,glauque mais pas pleine de tripes et de sang. Nous y faisons la connaissance de deux flics, l'un, jeune toujours en activité, l'autre, vieux et à la retraite. Les deux vont se confronter et nous allons découvrir l'histoire de la Madone Nécrose, une zombie rencontrée par le plus vieux. La chute, bien que finalement prévisible, fait mouche, tout comme le reste de l'histoire.

Six pieds sous terre
Nous revenons avec Six pieds sous terre vers une nouvelle moins sombre que les trois précédentes. Si elle a un air de Gaiman, cela n'est pas voulu par l'auteur, ce n'est que coïncidence comme il l'explique dans l'histoire de l'histoire. Le jeune héros, Alban, est paraplégique mais surtout, il peut voir et communiquer avec les habitants du cimetière. Avec leur aide, il va affronter la petite brute qui le terrorise. C'est une nouvelle plutôt gentillette, je vais dire, par rapport aux autres, une petite bouffée d'air frais après les trois précédentes.

Fée d'Hiver
Fée d'Hiver est une nouvelle courte. Peut-être un peu trop. On y suit le jeune Alexandre durant l'hiver 1940. Le petit a fugué et se retrouve dans le salon de thé d'une étrange femme. Celle-ci va lui proposer un jeu avec pour enjeu le retour à la maison mais aussi la possession de certaines lettres du nom du garçon. C'est une nouvelle poétique et fort bien mené, une immersion dans le monde de Fées plutôt sympathique.

Le diable noir
Les petits dessins qui coupent les paragraphes de la nouvelle ne nous trompe pas, nous voilà dans un univers plutôt lovecraftien. Quentin explore une vieille épave dans le port de Marseille pour réussir à boucler ses fins de mois. Or le Diable Noir n'est pas une épave ordinaire. Nous voilà plongés dans une ambiance sombre et malodorante qui n'a rien à envier à du Lovecraft, c'est noir, étrange et perturbant. Une nouvelle effrayante et bien menée en somme.

Cons comme les blés
Cette nouvelle là se présente sous forme de dialogue entre deux hommes dont la "farce" se retourne contre eux. Les deux hommes créent depuis huit ans des cercles de cultures pour prouver que ce n'est pas un phénomène dut aux extraterrestres. Mais cette année, quelque chose va se passer, et pas forcément comme ils le voudraient. C'est une nouvelle particulièrement amusant, très drôle, encore plus lu à voix haute avec les intonations qui vont bien.

Noblesse Oblique
Cette fois, pas de SFFF pour cette nouvelle. Nous suivons un cour d'histoire de l'art sur trois œuvres d'un même artiste. Petit à petit, nous allons découvrir l'histoire de l'artiste et de ses œuvres. C'est une nouvelle bien menée et plutôt intéressante par son approche de l'Histoire. J'ai beaucoup aimé.

Trêves de comptoir
Retour à la SFFF avec cette fois des Super Héros. Ecrire sur les Supers Héros n'est pas simple tant beaucoup de chose ont été dites et faites. L'auteur se penche sur trois d'entre eux qui viennent de perdre un de leur coéquipier. Dans le bar réservé à leur caste, chacun des trois gère la situation à sa manière. La nouvelle est divertissante, une nouvelle fois bien menée et pourtant, j'ai un peu moins accrochée avec celle-ci. Le thème est sympa mais j'ai eu du mal avec les personnages.

Logique d'ensemble
Cette fois, nous nous retrouvons en Irak, durant la guerre (la seconde, celle des années 2000). Nous y suivons un soldat, plus précisément un pilote, dont l'appareil a explosé en vol. Durant la longue chute qu'il entreprend bien malgré lui, son parachute ne voulant pas s'ouvrir, il va espérer jusqu'au dernier moment pouvoir s'en sortir. C'est une nouvelle assez engagée, contre la guerre et ses absurdités, portée par du fantastique et un peu d'humour.

Enjoy the silence
Nous voici cette fois dans le star système, mieux encore à suivre la fin d'une émission type Star Academy. La nouvelle se veut une critique de ce type d'émission, de la popularité des participants et de la crédulité du spectateur. J'ai plutôt apprécié la manière dont elle est mené, avec son chanteur qui ne chante pas et que pourtant tout le monde semble entendre, ses jurés méchants voire diabolique et la montée en puissance de l'horreur pour les apprentis chanteurs. Après, j'avoue que n'étant pas fan de ce genre d'émission, j'ai forcément aimé qu'elles soient tournées en dérision comme ici. 

L'Internat de Tatie Billot
L'internat de Tatie Billot est censée faire remonter les peurs enfantines sur l'école et les pensionnats. Si la nouvelle est bonne, qu'elle se lit particulièrement bien (et qu'elle m'a fait pensé à Gudule et à Gargouille), j'ai pourtant eu un peu de mal avec elle. Surement à cause de l'histoire de l'histoire lue au début, qui la décrit comme terrifiante, là où moi, je n'ai finalement pas vu ce fameux terrifiant. Du coup, l'effet est un peu tombé à plat, encore plus lorsque j'ai lu la fin dont je me doutais depuis un moment. Dommage, c'était quand même la nouvelle qui me faisait le plus envie.

Fleurs de cimetière
La dernière nouvelle du recueil nous fait cette fois suivre le jeune Quentin, bien décidé à faire le boulot de la mort dans sa petite ville. Il s'en prend à certaines personnes qui semblent être pour lui des vampires ou des morts-vivants, ce n'est pas forcément très clair, bref des gens qui auraient dut mourir depuis longtemps. Sauf que rien ne se passe comme prévu lorsqu'un inspecteur peu compétent vient lui rendre visite pour une toute autre affaire. Sans la fin de la nouvelle, je dois dire que je serais bien passé au travers de celle-ci.  Le début est trop long pour moi, pas assez clair aussi. Par contre, à partir du milieu, c'est de suite bien plus intéressant.


Je dois avouer que je sors de ce recueil de nouvelles assez mitigée. J'avais adoré Punk's not Dead, et je pensais aimer tout autant ce Baroque'n'roll. J'avais juste oublié que celui-ci est sortie avant et donc que les nouvelles sont un peu plus vieille. L'écriture n'est pas la même, elle s'est affinée sur Punk, les thèmes sont ressemblants mais pas tellement. Ce n'est pas que Baroque soit moins bon, c'est juste qu'il fallait le temps à l'auteur de murir son écriture. 

Après, je pense que cela vient de moi, mais quinze nouvelles, ça fait peut-être un peu beaucoup. J'ai mis une semaine avant de lire les trois dernières, là où j'ai enchainé les six premières. Il y a aussi que je n'ai finalement pas apprécié toutes les nouvelles (pas qu'elles soient mauvaises, juste les goûts et les couleurs quoi) et que j'avais placé la barre un peu trop haut en comparant trop facilement le recueil avec son cadet. Pourtant, il est rempli de bonnes idées, d'une écriture que j'apprécie et se lit assez bien. J'aurais peut-être du réellement entrecoupé les nouvelles d'autres lectures...





vendredi 11 décembre 2015

La liste de Noel, Jojo Moyes

J'ai cette nouvelle dans la pal numérique depuis Noël dernier en fait. Sauf que le dit Noël est passé et que je n'avais pas forcément envie de la lire hors de cette période. Bref, comme les fêtes de fin d'année sont de retour, je me suis lancée dans cette très courte lecture.

La liste de Noel, Jojo Moyes

Editeur : Bragelonne
Collection : Brage
Année de parution : 2014 
Titre en Vo : The Christmas List
Année de parution en VO : 2013
format : epub

A lire si :
 - Vous voulez une lecture rapide (moins de vingt pages)
- Vous voulez une nouvelle ambiance téléfim de Noël sur M6

A ne pas lire si :
- les bons sentiments vous donnent envie de vomir

Présentation de l'éditeur : 


Veille de Noël. Chrissie fait ses derniers achats dans l’effervescence de Londres.
Pour Noël, elle reçoit sa belle-mère. Alors que, sur ordre de son mari, elle se met en quête d’un parfum introuvable et du seul fromage que tolère sa belle-mère, sa rencontre avec un chauffeur de taxi lui ouvre les yeux. Elle n’a aucune envie de passer Noël en famille cette année...


Mon avis

Jojo Moyes est connue pour ces romans romantiques, tel que Avant toi. Ayant lu le fameux Avant toi que j'avais trouvé fort distrayant, je me suis dis qu'une petite nouvelle pouvait l'être tout autant. J'avais pas tord, sauf que là, j'ai vraiment eu l'impression d'avoir un trop plein de bons sentiments, mais vraiment. Oui, je sais que la période de Noël amener souvent à ça, il n'y a qu'à voir les téléfilms de l'après-midi en décembre pour s'en rendre compte. Mais là, pour moi, c'était peut-être un peu trop.

Le bout de vie que l'auteure nous présente est celui de Chrissie, mariée, sans enfant et avec une belle-mère qui l'a déteste. Alors que nous sommes le 23 décembre, elle n'a pas fini les achats de Noël, il lui reste justement le cadeau de la belle-mère, un parfum qui semble introuvable. Alors qu'elle ne va pas tarder à jeter l'éponge, le taxi dans lequel elle s'engouffre va lui permettre de changer sa vision des choses. Parce que le chauffeur avec sa gentillesse, sa largesse d'esprit et son amour pour sa famille va lui ouvrir les yeux sur ce qu'elle vit. 

C'est à partir de là (donc très vite) que j'ai un peu décroché. Parce que je veux bien qu'il existe ce genre de personne, ultra altruiste et qui pense plus aux autres qu'à soi, ce n'est pas le problème. Le problème de mon côté reste que un, c'est d'un prévisible fou, même la fin ne m'a pas surprise du tout, deux, il y a bien trop de bons sentiments, trop pour que ça fasse vraiment réel. C'est assez dommage parce que ça se lit quand même bien, Jojo Moyes a un style fluide et agréable et que dans l'idée, elle aurait pu nous offrir un truc moins mièvre.

Bref, une lecture pas forcément déplaisante mais pas à mon goût non plus. Par contre, c'est plutôt parfait pour l'ambiance de Noël et les bons sentiments si on apprécie. 

L'arbre-miroir, Christian Léourier

Dans le style "je demande l'un de plus vieux livres traînant dans ma PAL numérique", j'ai nommé L'Arbre-Miroir, livre acheté lors du dernier mois du challenge 100 %SFFF francophone, en mai 2013... Je crois que pour 2016, je vais d'abord vider la dite PAL numérique avant de retéléchargé des bouquins... Le pire étant que je me demande bien comment j'ai pu le laisser traîner autant de temps.

L'arbre-miroir, Christian Léourier

Editeur : Voy'El
Collection : fantasy
Année de parution : 2011 ( à savoir que le livre date tout de même de 1977 dans son édition originale)
Format : epub

A lire si :
- Vous voulez de la SF jeunesse
- Vous voulez de la SF qui aurait pu être du western par son thème
- Vous voulez une belle leçon sur la colonisation

A ne pas lire si :
- Vous voulez quelque chose de long
- Vous voulez une histoire avec une fin fermée.

Présentation de l'éditeur :

Dan, le jeune héritier du domaine de Lann Faor, s'interroge de plus en plus sur les indigènes qui vivent aux limites de ses terres, surtout depuis sa rencontre avec Gwentmaid, la belle Gwyden aux yeux félins. Alors qu'il tente d'en apprendre plus à leur sujet durant son séjour à Kerloÿs, la capitale planétaire, Lann Faor est frappé par une terrible catastrophe. Contre toute attente, le jeune homme décide de faire appel aux Gwyddenir pour sauver son domaine. Cette initiative pourrait bien réveiller de douloureux secrets.

Mon avis

Dans un futur lointain, les hommes ont conquis l'espace, colonisé un certain nombre de planètes. Ce fut le cas de Gwyzh, planète pourtant peu importante vu qu'elle n'offre pas de grand richesse telle que métaux (précieux ou non) ou autres denrées rares. Les humains s'y sont installés comme fermiers pour la plupart et continue à exploiter toutes terres qui peut l'être. Mais pour cela, ils ont chassé les Gwyddenir, peuple original de la planète, des terres fertiles et les considèrent comme une sous espèce. Cela dure depuis des années et jusque là aucun humain ne semble en prendre ombrage. On retrouve donc un schéma connu et qui rappelle la colonisation de l'ouest américain avec les réserves pour indigène ou celle de l'Afrique. Forcément, il va y avoir l'humain qui va se rebelle contre le système en cours sur la planète. Oui, ce n'est pas forcément nouveau ça non plus. Mais finalement, a-t-on réellement besoin d'avoir une histoire ultra originale au niveau du background pour avoir un fond des plus intéressants ?

La réponse est non, bien entendu. Même sans lire l'Arbre-Miroir, j'aurais donné la même, mes lectures me l'ayant prouvé plus d'une fois. Ici, l'originalité vient bien sur des indigènes, les fameux Gwyddenir. Parce qu'il faut avouer que le jeune héros, Dan, est tout de même des plus banals dans ce genre d'histoire. Jeune homme de seize ans, fils d'un propriétaire terrien, il a vécu toute sa vie pour devenir le maitre de son domaine. Son éducation est la même que pour beaucoup et il lui faudra la rencontre avec une Gwydden pour se rendre compte que quelque chose ne va pas. A partir de là, suit son initiation et surtout son ouverture sur le monde. Tiraillé entre son monde et celui qu'il découvre, il va lui falloir faire des choix. Si j'ai apprécié le voir évoluer, le voir se poser des questions et affronter des choix qu'il n'aurait peut-être jamais fait, il ne m'a pas marqué plus que cela. A l'inverse, les Gwyddenir sont fascinants. Proche physiquement de l'homme, si ce n'est leurs yeux semblables à ceux des chats, ils ont surtout une particularité étonnante. Alors que comme Dan, on les pense plutôt décadent (dans le sens grande civilisation au départ qui aurait pour une raison ou une autre "sous évoluée"), et soumis à la loi humaine. Petit à petit, en même temps que Dan, nous allons découvrir ce peuple qui  n'a rien d’arriéré. 

C'est là que vient le point que j'ai adoré avec ce livre, la partie un peu "philosophique" de l'histoire. L'homme se retrouve face à quelque chose qu'il ne connait et ne comprend pas mais auquel il semble ne pouvoir rien y faire. Alors, il va réagir de manière stupide, c'est à dire en voulant détruire l'inconnu, s'approprier les terres et repousser les autres "croyances". Oui, c'est déjà vu aussi, mais ça fait du bien de se voir rappeler à quel point on peut être cons... (et surtout à quel point on ne tient pas compte des erreurs du passé aussi...). S'ensuit aussi une autre vision de la temporalité et des avenirs possibles, les Gwyddenir ayant une autre approche du temps que l'être humain. C'est plutôt bien expliqué, sans terme ultra compliqué (nous sommes après tout dans un roman pour la jeunesse) et particulièrement intéressant. Et puis, il y a aussi le débat sur l'intelligence artificielle, les pouvoirs de celle-ci sur l'homme (la vie des hommes étant guidé par l'ordinateur central sur Gwyzh). Cette partie-là est des passionnantes, même si elle est finalement trop courte à mon goût.

Le tout est mené par une écriture fluide où l'action reste bien présente. Pas de combat ou de violence, mais surtout des catastrophes naturelles (dont celle qui verra Dan obligé de faire appel aux indigènes pour sauver son domaine) ou des situations compliquées pour le héros. Personnellement, j'ai eu beaucoup de mal à  lâcher le livre tellement c'est prenant.

Au final, l'Arbre-Miroir est une belle découverte. J'ai presque tout aimé dans ce court (trop court) roman. Même sa fin, très ouverte (et qui aurait mérité un second tome, sans déconner) qui m'a laissé un peu sur ma faim. 

jeudi 10 décembre 2015

Don't Let Me Be Misunderstood, Les Foulards Rouges, épisode 7 saison 2, Cécile Duquenne

J'ai lu l'épisode entre hier et aujourd'hui. J'ai voulu le faire durer, j'y suis pas arrivée, comme toujours. Triste je suis à la fin de ma lecture, il va falloir attendre pour avoir la suite...

Don't Let Me Be Misunderstood, Les Foulards Rouges, épisode 7 saison 2, Cécile Duquenne

Editeur : Bragelonne
Collection : Snark
Année de parution : 2015
Format : epub

A lire si : 
- Vous avez lu et aimé la première saison
- Vous voulez une série qui mélange les genres avec bonheur

A ne pas lire si :
-... (toujours pas trouvé pourquoi il ne faudrait pas les lires, les Foulards Rouges)

Présentation de l'éditeur :

Le tout dernier épisode de la saison 2 des Foulards Rouges ! Retrouvez Lara et Renaud dans leur lutte féroce contre l’oppression.
Dans cette bataille sans merci où l’ennemi se cache souvent là où ne l’attend pas, ils en apprendront beaucoup à la fois sur eux-mêmes et sur toute l’humanité, dont ils tentent désespérément de réécrire l’avenir...

Mon avis

Qu'il est dur d'écrire un avis sur un tel épisode. Dernier de la saison, il ne faut pas trop en dire et en même temps il faut bien que j'en parle. Il faut le faire sans spoiler ceux qui n'ont pas lu la saison deux ou même la une, sans spoiler ceux qui l'ont lu mais pas encore cet épisode-là. L'exercice n'est jamais simple, même sur un one-shot, alors sur une fin de saison... J'avoue être la première à râler lorsque je me spoile, j'espère souvent réussir à parler d'un livre, d'un épisode sans le faire. Parfois, j'y arrive, parfois, je lance une information qui me semble anodine et qui en fait ne l'est pas pour d'autre. Bref, tout ça pour dire que je vais donc encore une fois essayer de ne pas spoiler, ne pas trop en dire, mais tout de même donner un avis assez complet.

L'épisode débute parfaitement où à fini celui d'avant. L'accalmie est de courte durée puisque la guerre contre le parti pour la Paix ne fait finalement que commencer. Don't let me be misunderstood est un épisode d'action, où pas une seconde on ne s'ennuie. D'ailleurs, si action il n'y a pas, il y a aussi deux trois révélations et pas mal d'émotion aussi. Pour moi, c'est un mélange parfait qui fait que le lecteur tourne les pages sans même s'en rendre compte jusqu'à arriver au cliffhanger de la fin (parce que forcément, il y en a un, et plutôt terrible cette fois d'ailleurs). 

Cécile offre à ses personnages une fin de série vraiment fantastique. A tous.  Si je regrettais le peu de présence de Nikki et des autres jeunes, ils reviennent à présent avec un rôle déterminant. Mais surtout, Nikki est je crois, le personnage qui en apprend le plus durant cet épisode. C'est fou comme elle a pu grandir depuis que nous l'avons rencontré. Quant aux adultes, ils ne sont pas en reste. Killian est majestueux, Fraan évolue aussi un peu plus et Lara et Renaud sont toujours aussi géniaux pour moi mais surtout ils ne sont réellement pas des super héros que rien ne peut atteindre, malgré ce que tout le monde pense.

Concernant la toute fin, je dois dire que même si on s'attend à un truc dans le genre à partir du premier tiers de l'épisode, je suis restée sur le cul. Mais vraiment. J'ai beau être habituée au cliffhanger de Cécile, je ne m'y fais toujours pas. Je sais qu'il faut maintenir la pression pour que le lecteur ait envie de connaitre la suite, mais parfois, la dite pression est quand même super forte. C'est le cas ici, comme ça l'avait d'ailleurs été pour la fin de la saison un. Et quand on sait qu'il va falloir attendre (six mois environ entre la saison 1 et saison 2)(oui, c'est assez court finalement, sauf que quand on est fan, ça fait très long). 

Au final, un très bon épisode encore une fois, une parfaite fin de saison aussi. D'ailleurs, un petit mot sur la saison entière peut-être ? Je l'ai trouvé particulièrement bonne et prenante, le changement de lieux, mais aussi les nouveaux personnages ont insufflé un vent nouveau à une série qui s'en avoir besoin (elle ne s'est pas essoufflée une seule fois durant toute la saison un) fait du bien. Je l'ai finalement trouvé, cette seconde saison, meilleure que la première et un peu plus maîtrisée de la part de Cécile (surtout en ce qui concerne les personnages, plus nombreux et bien exploités pour la plupart, ou même la gestion de ce que je nomme le "stress du lecteur').

Le mot de la fin : Vivement la saison trois !!

mercredi 9 décembre 2015

Faust, Johan Wolfgang von Goethe

Cela faisait un moment que j'avais envie de me plonger dans le mythe de Faust. Il faut dire que l'histoire est particulièrement présente dans beaucoup d'oeuvre et que je voulais enfin avoir ma propre opinion sur l'oeuvre. En plus de ça, ça fait un moment que je n'ai pas lu de théâtre (août 2014 quand même)

Faust, Johan Wolfgang von Goethe

Edition : Librio
Collection : Théâtre
Année de parution : 2004
Titre en VO : Faust
Année de parution en VO : 1808

A lire si :
- Vous aimez le théâtre
- Vous aimez les tragédies
- Vous n'avez pas peur de vous perdre entre les lieux et le temps

A ne pas lire si :
- Vous voulez une vision parfaitement romantique du mythe

Présentation de l'éditeur : 

Plus rien n'intéresse le docteur Faust, il a tout lu, sait tout et s'ennuie. Profitant de la situation, Méphistophélès surgit pour lui proposer un pacte diabolique. Inspirée d'une vieille légende, la pièce de Goethe, chef-d'oeuvre de la littérature romantique, a élevé l'histoire de Faust au rang de mythe universel.

Mon avis

Qui n'a jamais entendu parler de Faust ? Même sans avoir vu ou lu la pièce, je crois que tout le monde a un jour entendu parler du Docteur Faust. Mais généralement, on se fait des idées sur le mythe en lui-même, pas forcément les bonnes d'ailleurs, et il n'est pas plu mal de se plonger dans l'une des oeuvres considérée comme l'original (parce qu'avant, il y a l'histoire vrai de Johann Faust, ou encore le Doctor Faustus de Marlowe). D'ailleurs, l'oeuvre de Goethe est considéré comme l'une des oeuvres la plus importante de la littérature allemande (rien que ça, oui). 

La pièce commence par une élégie de l'auteur puis  par un prologue sur le théâtre et son utilité vu par un directeur de théâtre, un poète et un comédien. Si il n'apporte pas grand chose à Faust en elle-même, si ce n'est un semblant de genèse dans l'esprit de ces trois hommes, il reste intéressant sur la vision du théâtre. Vient ensuite le "vrai" prologue de la pièce, où Dieu et Méphistophélès parient que le second peut réussir à détourner un homme du premier. Le choix se porte donc sur Henriech Faust, un vieillard érudit qui a passé sa vie à tout découvrir et qui à l'aube de sa mort prochaine s'ennuie fort à tel point qu'il envisage le suicide. Séduit par Méphistophélès qui lui propose de l'aider à retrouver le bonheur, il conclue un pacte avec lui. Rapidement, le diable rencontre quelques soucis, le vieil homme étant assez compliqué. Ce n'est que lorsqu'il le fait rajeunir et que celui-ci rencontre Marguerite que Méphisto va enfin réussir à mener sa barque comme il l'entend...

Je dois bien avouer que si j'ai parfois eu du mal à comprendre ce que je lisais (la traduction est bonne, c'est plutôt le langage de l'époque qui fit mal à ma lecture), j'ai pris plaisir à découvrir cette pièce et à plonger dans les méandres de l'âme de ce cher docteur Faust. Il faut dire que le personnage a de quoi plaire (ou non d'ailleurs). S'il pactise bien avec le diable, il ne se laisse pas vraiment tenter dès le départ par les appâts de celui-ci. Faust est vieux, il a tout vu, tout vécu, s'est déjà aventuré vers l'ésotérisme et l'alchimie, il n'a plus grand chose à découvrir. Alors, voir des beuveries et autres orgies, ça ne l’intéresse finalement pas plus que ça. Il faut attendre qu'il rajeunisse pour retrouver (ou simplement trouver) un esprit un peu plus libertin (tout le monde le sait, le jeune est un être de luxure, hein...)(ironie inside bien entendu). Sa rencontre avec la douce et pieuse Marguerite finira de l'achever, si je puis dire, puisque c'est vraiment à partir de là qu'il se laisse tenter par le diable et ses artifices. Pourtant, l'homme continue à se poser des questions, à vouloir en découvrir plus. Il garde son esprit critique, se questionne sur lui et sur son pacte. C'est un personnage complexe tiraillé par les sentiments. Face à lui, Méphistophélès parait presque trop simple. Le diable et ses tentations ont beaucoup de mal à faire en sorte que le pacte ne soit pas rompu durant une partie de la pièce puis, le voilà qui prend de l'ampleur, en même temps que la dépendance de Faust envers lui. Finalement, je m'attendais à un personnage un peu farceur, plutôt vil, je ne me suis pas trompée, mais il manque pour moi de profondeur. J'ai souvent eu l'impression qu'il était surtout là pour apporter du comique et non comme pièce importante. Quant à Marguerite, qui n’apparaît que vers la moitié du roman, elle est l'antithèse de Faust, celle par qui il va finalement succomber aux charmes de Méphistophélès. C'est un personnage tout aussi complexe que Faust, même si finalement elle ne devient vraiment intéressante que sur la fin de la pièce. Quant aux autres personnages, ils sont anecdotiques, même si Marthe m'a fait bien rire.

Et enfin, il y a les thèmes qu'abordent Goethe. Lui-même érudit, ayant de nombreuses passions (art, musique, mais aussi botanique, zoologie, optique et j'en passe), il ne se gêne pas pour critiquer l'université ou la passion débordante de Faust à vouloir tout savoir, tout connaitre. Il critique aussi la religion, surtout qu'elle se trouve finalement en plein centre de la pièce qui commence par un pari entre Dieu et le diable. Mais surtout, c'est la nature humaine qu'il critique, l'envie d'être "le plus beau, le plus fort" au détriment des autres. Le diable n'est qu'un prétexte pour que Faust se lance dans sa recherche de la "vérité absolue". S'il aiguillonne l'homme, ce n'est pas lui qui fait. C'est bien Faust qui librement va faire le pacte, va séduite Marguerite et tout ce qui découle de tout cela n'a finalement rien à voir avec Méphisto, même si celui-ci essaie (et arrive) par tout les moyens à le détourner. La fin de la pièce (mais pas des aventures de Faust et de son diable, puisque Goethe écrira un Faust II) laisse d'ailleurs comprendre que Faust est bien et bien coupable et non victime.

Au final, je suis vraiment contente d'avoir enfin lu Faust (j'aimerais bien le voir maintenant, en fait). Comprendre les origines du mythe est vraiment très plus intéressant, surtout sur une histoire comme celle-ci. Après, je regrette de ne surement pas avoir tout compris à cause du langage de l'époque surtout, mais aussi de la densité de l'oeuvre (puis, je reste une scientifique et non une littéraire, parfois, il y a des notions qui m'échappent). Mais Faust reste un classique agréable à lire.


samedi 5 décembre 2015

Les Brumes de l'Apparences, Frederic Deghelt

J'ai craqué il y a quelques temps sur la magnifique couverture de ce livre. La quatrième de couverture n'étant pas trop mal, je l'ai pris. Il m'a par contre fallu un moment pour l'ouvrir et j'ai pris mon temps pour le lire.

Les Brumes de l'Apparences, Frederic Deghelt

Editeur : Babel
Collection :/
Année de parution : 2015
nombre de pages : 380

A lire si :
- Vous aimez les histoires d'introspection
- Vous voulez un peu d'ésotérisme aussi
- Vous aimez les longs monologues

A ne pas lire si :
- Vous voulez beaucoup d'action

Présentation de l'éditeur

À l'occasion d'un héritage, une Parisienne dont la vie bourgeoise ne souffre aucune remise en question se révèle médium, à l'aube de ses quarante ans. Cette faculté, d'abord violemment refusée, va bouleverser sa vie et l'obliger à reconsidérer son existence

Mon avis

Gabrielle, bientôt quarante ans, a tout de ce que l'on peut s'imaginer de la Parisienne. Elle est marié à un chirurgien esthétique, travaille dans la communication, créer les évènements à la mode de la capitale, se plait dans sa ville et y disparait dedans quand bon lui chante. Elle ne croit en rien si ce n'est au travail. Et puis un jour, elle se retrouve héritière d'une propriété dans le centre de la France. Alors qu'elle part dans l'intention de la vendre aussitôt vu, elle va découvrir qu'elle possède des pouvoirs de médiums, comme le reste de sa famille maternelle, que l'endroit est hanté et que finalement sa vie n'est pas si géniale que ça. Commence alors pour elle une belle remise en question.

Nous suivons donc Gabrielle, narratrice, tout le long du roman. Dès les premiers pages, on découvre une femme assez matérialiste mais surtout qui réfléchit sur tout et n'importe quoi. Elle nous présente sa vie bien tranquille, la même que des milliers de gens, avec son mari et son fils de dix-huit ans. Gabrielle, c'est vous, c'est moi. Une femme normale, comme les autres. Pire une citadine qui n'aime pas la campagne, ne sait pas quoi y faire et s'y ennuie vite. Et puis, voilà qu'elle se découvre être une médium, comme sa tante et sa grand-mère. Si au début, elle refuse cet héritage en bloc, tout comme elle refuse la propriété, elle va bien devoir, petit à petit, se faire à ce don et surtout prendre en compte les changements qu'il implique dans sa vie.

Si le roman et les changements dans la vie de Gabrielle tourne autour de son don de médium, il ne s'agit finalement que d'un prétexte. L'histoire est avant tout celle d'une femme qui se découvre afin. Gabrielle va petit à petit comprendre que celle qu'elle est jusque là est en fait celle que les autres voient. C'est un parcours redoutable dans la pensée de cette femme qui se voit soudain devenir une autre, celle qu'elle est réellement. Le cheminement est long, souvent douloureux aussi. Il faut dire que sa métamorphose se fait finalement assez rapidement, et que les personnes autours d'elle, pour la plupart, vont la prendre pour une folle, jusqu'à son mari, qui ne veut pas perdre la femme qu'il s'est façonné. Heureusement pour elle, d'autres personnes vont la voir comme elle est, Jean-Pierre, l'agent immobilier qu'elle rencontre au tout début de l'aventure, Richard, un autre médium, ou même Eva, sa collaboratrice. Elle-même va se perdre un peu en chemin, forcément. 

Je dois avouer que le cheminement de Gabrielle m'a beaucoup mais alors beaucoup plu. Rien n'est simple pour elle, elle se découvre une famille, un don et surtout elle se voit tout remettre en question. Une crise de la quarantaine puissance X. Suivre le cheminement de Gabrielle est particulier, elle pense beaucoup, se perd souvent et puis des fois, elle nous sort de la psychologie de comptoir dont on se serait bien passé (heureusement ça n'arrive pas souvent).

J'ai pris plaisir à lire les mots de Frédérique Deghelt. Elle les choisit avec soin, nous entraine dans un texte assez poétique et doux finalement. Elle surfe aussi sur la pleine conscience, ce qui n'est pas pour me déplaire en ce moment. Du coup, Gabrielle n'est pas forcément la seule à réfléchir sur sa vie. Le lecteur aussi se prend au jeu (je me suis prise au jeu quoi).

Au final, j'ai beaucoup aimé ce livre, l'histoire peut paraitre lente (il n'y a pas beaucoup d'action, les personnages soliloques régulièrement et les quelques dialogues sont souvent de très longs monologues)(oui, ça peut faire penser à du Virginia Woolf dit comme ça, et finalement, on en est pas si loin, en fait), mais l'aventure vaut plus que le coup d'être lu. C'est beau, très poétique et assez dans l'air du temps. Bref, une très belle découverte.

vendredi 4 décembre 2015

Penny Cambriole et l'horloge à voler le temps, Cécile Duquenne

Vous savez, chers lecteurs, je n'aurais sûrement jamais lu ce petit livre si j'avais eu l'âge préconisé par l'éditeur (8-12 ans). Parce que moi, à cet âge-là, j'avais déjà entamé les livres pour adultes (style le Seigneur des Anneaux, oui oui) et pour rien au monde je ne serais revenue sur ce que je considérais à l'époque pour de la lecture pour bébé... Oui, j'étais un peu bête quand même et surtout vachement suffisante en ce qui concerne la lecture. Heureusement, avec le temps, ça va beaucoup mieux.

Penny Cambriole et l'horloge à voler le temps, Cécile Duquenne

Editeur : Rouge Safran
Collection : Poivre
Année de parution : 2015
Nombre de pages : 93

A lire si :
- Vous voulez du steampunk
- Vous voulez de l'aventure
- Vous voulez un livre qui se lit vite et bien

A ne pas lire si :
- Vous vous attendez tout de même à quelque chose de plus "adulte".

Présentation de l'éditeur :

Penny passe des vacances tranquilles chez ses grands-parents à Lambesc,
jusqu’au jour où elle se réveille dans un jardin étrange, peuplé de sculptures vivantes et d’automates menaçants. Elle se trouve chez Arsène Lupin, le célèbre gentleman cambrioleur. Comme elle, d’autres enfants sont là pour récupérer ce qui leur appartient.
Commence alors une quête palpitante et dangereuse, dans les entrailles
d’un labyrinthe mécanique...
Parviendront-ils à cambrioler le cambrioleur ?

Mon avis

L'enfant en moi vous dira rapidement que Penny Cambriole et l'horloge à voler le temps est juste génial. On y trouve de l'aventure, des personnages sympathiques, un méchant méchant, un rythme sans temps mort aussi, sans parler d'un univers vachement sympa. L'enfant qui est en moi a donc énormément apprécié sa lecture, un vrai coup de cœur et il prie même pour que ce ne soit pas un tome seul mais le début d'une série. L'adulte en  moi, va expliquer pourquoi elle a tellement aimé ce livre et pourquoi il est très bien pour que l'enfant s'initie au Steampunk. 

Dois-je rappeler que Cécile Duquenne aime le Steampunk ? Il suffit de lire les Foulards Rouges et même les Nécrophiles Anonymes pour s'en rendre compte. Elle n'avait jusque là jamais écrit pour la jeunesse. D'ailleurs, Penny est une commande des organisateurs du salon littéraire de Lambesc. Une très bonne initiative, il n'y a pas à dire. 

Penny Cambriole, c'est donc l'histoire de la petite Penny, douze ans, qui se réveille dans un jardin inconnu alors qu'elle est censée être chez ses grand-parents. La jeune fille n'a pas la moindre idée de comment elle se retrouve là, encore moins de comment elle va en partir. Elle rencontre d'abord Maria et Jules, deux enfants d'une autre époque. Avec eux, elle va découvrir pourquoi elle est là. Arsène Lupin, le fameux voleur leur a dérobé quelque chose de très précieux. Ils partent donc à la recherche de cet objet. En chemin, il vont rencontrer Jack et son chien Rollo. A eux quatre, ils vont essayer de déjouer les plans du célèbre voleur. Mais dans un monde rempli d'automate leur voulant la peau, la partie se révèle compliqué à jouer.

Cécile Duquenne utilise pour son roman "les ficelles" du Steampunk du début, si je puis dire. Elle utilise des personnages et personnes ayant exister comme cela se fait souvent dans le genre. Bienvenue donc aux jeunes Marie Curie, Jules Verne et Jack London, qui sont d'ailleurs formidables et plutôt comme je me les représente enfants, bienvenu aussi à Arsène Lupin, personnage appartenant à un autre (Maurice Leblanc). Elle profite d'ailleurs de ces personnages pour glisser des références littéraires et culturelles (le nom de certains œuvres, les découvertes de Marie Curie...). C'est fort appréciable (surtout qu'on a les mêmes goûts à peu de chose près, elle et moi) et je trouve que ça donne un peu plus de profondeur à ce roman jeunesse (si ça donne envie aux jeunes lecteurs de découvrir un peu plus sur eux, c'est vraiment top). Elle se permet aussi de glisser d'autres références (Alice aux pays des merveilles par exemple). Son univers est très bon, bien mis en place et mélange le labyrinthe d'Alice aux inventions mécaniques. Autant dire qu'il a de quoi ravir tout le monde, les petits comme les grands. Et c'est sans parler du manoir Lupin et de ses mécanismes. Niveau mécanisme et mécaniques nous sommes servis et très bien. Tout comme pour l'aventure qui est là du début à la fin. On ne s'ennuie pas durant ces 93 pages. 

Niveau personnages aussi. Comme je le disais, Penny va rencontrer trois grands noms du passé. J'ai apprécié que les trois jeunes gens ne soient pas forcément la copie miniature de ce qu'ils deviendront, même si forcément, leurs caractères sont déjà bien posés. L’exercice de s'approprier des personnes existant ou des personnages appartenant à d'autre est compliqué. Mais Cécile a commencé par la fan-fiction, elle a déjà un peu d'expérience sur cela. Et elle réussit parfaitement à créer ses propres personnages. J'ai aimé découvrir des gamins aux caractères bien trempés, à l'imagination débordante et déjà aux rêves ambitieux. J'ai apprécié que leur caractère se rapproche de ce que j'avais imaginé pour eux (même si je trouve Maria bien trop sérieuse au départ)(elle m'a fait délirer par contre sur la fin). Et surtout, on oublie presque qui ils vont devenir. Ils restent des enfants presque comme les autres (parce que vu ce qu'il leur arrive, on va pas non plus dire que nos quatre héros sont parfaitement normaux non plus). Quant à Arsène Lupin, je l'ai trouvé parfait dans le rôle du méchant. Cécile Duquenne a réussi à se l'approprier (je n'ose en dire plus de peur de spoiler quand même un peu). Et Penny, le personnage "original" est carrément géniale. Elle a ce petit côté pestouille de douze ans que j'ai apprécié et en même temps, elle est plutôt mûre pour son âge. 

Passons maintenant à l'écriture. Parce que c'est un point important, surtout, il me semble dans un roman pour les huit-douze ans. Si bien sur, elle diffère un peu de l'écriture de Cécile sur ses romans adultes (juste un peu), elle n'en est pas moins trop "gamine". Pour moi, c'est assez important de ne pas infantiliser les mots, de s'interdire des mots un peu compliqué en se disant que l'enfant ne comprendra pas. Ça vient surement du fait qu'à cet âge, je lisais des romans pour adultes. En tout cas, je n'ai pas eu cette impression-là ici et c'est franchement cool. D'ailleurs, on sent bien que c'est un roman de Cécile Duquenne, juste adapté pour les plus jeunes.

Au final, je l'ai déjà dit, l'enfant en moi à un coup de cœur et l'adulte aussi, en fait, même si elle aurait voulu que se soit un peu plus long (forcément, hein). J'ai adoré suivre Penny, Maria, Jules et Jack ( <3 ) à la recherche de ce qu'Arsène Lupin leur a volé. C'est bourré d'aventure, de références littéraires et de mécanismes géniaux. Et pour tout dire, je ne me souvenais plus à quel point les romans d'aventures pour cet âge-là peuvent être géniaux (étant passé très rapidement à la SFFF de "grands", je n'en ai finalement pas lu énormément à l'époque). Je recommande vraiment le bouquin à tous, petits et grands.


PS : un peu d'actualité sur les Nécrophiles Anonymes, Cécile a presque fini d'écrire le tome 4 (sans les corrections pour le moment) et elle nous offre le début de celui-ci sur son blog. Comment dire, j'ai hââââââttteee ! Et puis, ce mois-ci finira aussi les Foulards Rouges saison 2 (là j'ai hâte sans avoir hâte non plus, comme toujours à la fin d'une saison quoi). Autre chose, la Tour est sorti en papier il y a peu chez Voy'El, jettez-vous dessus si ce n'est pas déjà fait.

jeudi 3 décembre 2015

Les Dividendes de l'Apocalypse, Stéphane Desienne

Je n'ai pas lu de Desienne depuis cet été et sa super saga Exil. J'étais un peu en manque, vu que j'apprécie énormément l'auteur et ses écrits. Pourtant, j'avais les Dividendes dans ma PAL depuis cet été, justement. Il était plus que temps de le lire.

Les Dividendes de l'Apocalypse, Stéphane Desienne

Editeur : NumérikLivres
Collection : SF, fantastique, fantasy
Année de parution : 2014
Format : epub

A lire si :
- Vous voulez de la science-fiction 
- Vous voulez du complot

A ne pas lire si :
- Vous voulez une histoire longue
- Vous n'aimez pas quand ça peut aller trop vite

Présentation de l'éditeur : 

En exil sur Nouveau-Vatican une petite planète isolée à l’écart du mercantilisme spatial, l’Église Catholique Romaine s’apprête à affronter sa Seconde Apocalypse. Une faction dure de dignitaires conduite par le puissant Cardinal Valero estime qu’il est temps que l’Église effectue son grand retour dans les affaires humaines et qu’elle fasse payer les responsables de la Première Apocalypse qui a failli la détruire sur l’ancienne Terre. À la tête de l’Inquisition, le Cardinal Valero a la ferme intention, par tous les moyens, de faire table rase de la période de Refondation. Mais pour que sa victoire soit totale, Valero doit se débarrasser du Pape Célestin. Pour affaiblir le Pontife, il va faire chanter son bras droit, Joseph Joachim Janssen qui n’a pas réussi à dissimuler aux inquisiteurs son goût pour des mœurs controversés. Le plan machiavélique de Valero pour asseoir la domination du nouveau Pape est sur le point d’aboutir lorsque l’équipage d’un cargo de la Mission Commerciale des Œuvres découvre une Archive informatique qui se comporte comme un redoutable virus capable de détruire les systèmes d’informations. Valero voit dans cette Archive, l’arme absolue pour semer le chaos dans l’Espace Humain.

Mon avis

Stephane Desienne m'a déjà entraîné sur une Terre où zombie et Extraterrestre déciment tranquille les humains (Toxic, dont la seconde saison ne devrait plus tarder), sur une autre où les zombies se retrouvent enfermer dans des goulags ou encore à la recherche de ce que cache les gigantesques éco-cités d'une Terre dévastée (la géniale série Exil). Cette fois, je quitte la Terre et les zombies pour me rendre sur Nouveau-Vatican, planète isolée où l'Eglise Catholique s'est réfugiée. Là, elle survie comme elle peut, tant elle semble ne plus être si puissante par rapport à avant. C'est dans ce Nouveau-Vatican spatial que l'histoire commence. 

Valero, Grand Inquisiteur aux dents longues, estime depuis un petit moment qu'il est temps pour l'Eglise de faire son grand retour. Pour cela, il est prêt à tout, il utilise sa fonction sans scrupule, fait chanter pas mal de monde et quand on s'oppose trop à lui, on disparaît. Bref, Valero c'est le Grand Inquisiteur dans toute sa splendeur. Et le seul qui se dresse pour le moment devant lui, c'est le Pape lui-même. Alors qu'il s'en prend au dernier homme de confiance de celui-ci, Joseph Joachim Janssen, une relique est découvert bien loin de Nouveau-Vatican. Rapidement Valero voit en l'Archive de quoi faire sauter le Pape Célestin. Mais c'est sans côté sur Janssen, qui loin d'avoir été intimidé par l'Inquisiteur, a commencé la résistance...

Autant le dire de suite, j'ai beaucoup beaucoup aimé l'histoire. Pourtant, quand on commence la lecture, on se dit que tout cela n'a rien de bien original, le coup de la relique contenant un virus informatique qui va s'emparer d'un vaisseau et déclencher une apocalypse, il me semble que ce fut déjà utilisé (en série plutôt qu'en livre d'ailleurs). Mais ce n'est qu'un prétexte pour tout ce qui va suivre, car là est le vrai intérêt du livre. Le Vatican reste un état avec des politiciens. Un état affaibli qui a besoin de se refaire une santé. Et on a beau être loin de la terre, dans un monde futuriste, eux sont un peu resté à l'époque des complots du style ceux du moyen-age mais avec des moyens bien plus moderne. Ainsi tout le monde semble comploté dans le dos de tout le monde et la cour papale ressemble plus à un beau ramassis d'ordure pour la plupart qu'à autre chose. Et moi, les complots, on le sait, j'adore ça. Surtout que Desienne ne laisse pas grand chose au hasard. Ce qui est amusant, c'est qu'on a presque toutes les cartes en main mais qu'on reste tout de même sur le coup à certaines révélations.

Une autre chose que j'ai bien apprécié, ce sont les personnages. Aucun d'eux n'est facile à mettre dans une case. Nous n'avons pas le méchant absolument méchant ou le gentil très gentil (pas même Valero finalement n'est un méchant dans le style machiavélique qu'on peut s'imaginer). J'aime ces nuances qui donnent plein de profondeurs aux personnages. J'ai bien sur eu quelques préférences pour certains, dont Giuseppe ou encore Janssen, mais j'ai trouvé que d'autres n'étaient finalement pas assez développé (Célestin par exemple). Bon après, comme souvent, les personnages, ça restent tout de même à l'appréciation du lecteur, nous sommes d'accord.

Au final, j'ai aimé les Dividendes de l'Apocalypse, mais vraiment. J'ai aimé l'histoire, les complots, l'écriture toujours aussi pêchue de l'auteur et les personnages. Le roman se lit vite (en édition papier, il fait 240 pages), et surtout ne se lâche pas comme ça. Le suspens est toujours là, d'un chapitre à l'autre, du coup, ça en fait un vraiment très sympathique thriller-SF. 

Et en plus de ça, le petit plus de l'édition numérique, c'est le premier épisode de la série Toxic (que l'on peut aussi retrouver seul gratuitement chez Walrus), qui permet à ceux qui ne connaissent pas de découvrir et peut-être de continuer la série.

dimanche 22 novembre 2015

Elementale, La Balance Brisée, tome 3, Lise Syven

J'ai passé ma journée de samedi à lire. Enfin, pas vraiment, j'ai tout de même fais le ménage en grand à la maison avant. Et puis, j'ai pris mon livre, déjà bien entamé vendredi soir, et j'ai lu. Il faut dire que les tomes de la Balance Brisée sont additifs.

Elementale, La Balance Brisée, tome 3, Lise Syven

Editeur : Caselmore
Collection : /
Année de parution : 2015
Nombre de pages : 480

A lire si :
- Vous avez aimé les deux premiers tomes
- Vous voulez de la magie
- Vous voulez une héroïne presque comme vous

A ne pas lire si :

Présentation de l'éditeur :

Pour Élie, enfin tout va bien, ou presque ! Elle aimerait bien se rapprocher de Max et surtout continuer sa petite vie sans se soucier de la Balance Brisée. Mais rien ne va plus depuis qu’un homme chauve-souris a survolé la ville et que Mirza n’a toujours pas réapparu. Et le pire reste à venir… Lorsqu’un attentat survient dans l’hôtel de Vyerne, Élie comprend vite que sa famille et ses amis sont de nouveau en danger !

Mon avis

Suite à ce qu'il a pu se passer dans Phénoménale, Elie, sa famille et ses amis ont repris leur petite vie tranquille, ou presque, puisque pour elle, rien n'est vraiment très simple. Nous la retrouvons donc en mars, à quelques mois du brevet. Tout semble donc presque allait pour elle, si ce n'est un garou chauve-souris qui survolent la ville chaque nuit et le fait que Max sorte à nouveau avec Laura. Et puis, la Balance Brisée se rappelle à elle et à son frère de la plus horrible des manières. Elie assiste à l'assassinat d'un magister dans un attentat. Alors qu'elle et Karl commence à enquêter, c'est Fatou qui disparait. Elie est à présent prête à tout pour arrêter Lino Ravanne (déjà rencontré dans Phénoménale) et protéger ceux qu'elle aime.

Syven a commencé l'écriture de ce troisième tome un peu avant le 7 janvier, et par de fâcheuse circonstances, il sort à peine quelques jours après le 13 novembre. Elle s'était déjà attaqué avec brio aux thèmes du deuil (Subliminale), à celui ensuite du harcèlement scolaire (Phénoménale). Cette fois, elle s'attaque à celui des attentats et de la manipulation médiatique qui va avec. Alors, oui, c'est assez triste de le lire maintenant, à cause du Vendredi 13. Mais elle le traite de manière à ce que le lecteur, surtout le jeune lecteur, puisse peut-être mettre des mots sur ce qu'il ressent suite aux deux attentats qui nous ont touché cette année. Mais je crois que celle qui en parle le mieux, c'est encore l'auteure avec l'article qu'elle a posté sur son blog. De mon côté, je crois que c'est surtout sur le côté très médiatisé des attentats ainsi que sur les manipulations dont nous sommes finalement victime suite aux attentats, et cela d'un côté comme de l'autre, que j'ai trouvé particulièrement bien fait, et surtout bien expliqué pour des ados.

A côté de ça, Syven n'a pas voulu non plus faire un livre triste d'un bout à l'autre. Il y a beaucoup de moment drôle ou doux dans ce livre. Déjà avec le personnage de Mirza, toujours aussi géniale. Cette vouivre est un condensé de bonne humour. Sans parler qu'une fois de plus, elle va avoir un rôle important dans l'histoire. Ou encore entre Elie et Max, qui se retrouve enfin dans ce tome (et que c'est drôlement mignon). Les scènes de vie chez les Sallenz sont toujours terriblement vivantes aussi et drôle. Tout ces moments-là font aussi la force du livre et d'Elie. C'est toujours très agréable d'avoir ces instants-là dans la tourmente dans laquelle se plongent la jeune fille, son frère et leurs amis. C'est, je trouve, ce qui fait la force de la série. Dans un monde où la magie existe, où Elie doit affronter des mages puissants et retors, il y a aussi tout ce que la vie courante et normale amène comme peine et joie. La magie n'empiète pas sur cela, ce qui rend les personnages plus vivants, plus "nous".

D'ailleurs, revenons un peu sur les personnages, et plus particulièrement sur un, Fatou. Il me semble l'avoir dit, Fatou est un personnage que j'adore. Meilleure amie d'Elie, presque toujours joyeuse, elle est le pilier de la jeune fille. Mais cette fois, elle est surtout en danger. On découvre enfin Fatou en tant que mage élémentale, et je dois dire qu'elle m'impressionne de plus en plus. Si Enola m'avait paru complexe, Fatou l'est encore plus et je suis ravie que l'auteure se soit enfin un peu plus penchée sur elle. Comme elle se penche un peu plus sur Max et sa relation avec Elie. Une relation très particulière entre tous les deux, amoureux l'un de l'autre mais avec tellement de difficulté entre eux, dut à leur magie et leurs familles respectives qu'ils galèrent vraiment pour être ensemble. J'ai aussi aimé voir l'amitié entre Enola et Elie grandir. Et tout cela sans parler de Karin, le seul humain de la famille Sallenz, tellement normal dans tout cela qu'il devient le point d'ancrage de toute la famille dans la réalité. 

Au final, c'est une nouvelle fois un très bon tome. Syven a ce petit truc pour parler aux jeunes (et au moins jeunes d'ailleurs) des problèmes qu'ils peuvent rencontrer sans en faire trop, avec des mots et situations qu'ils peuvent comprendre, le tout en restant positive. Le mélange magie et monde "normal" fonctionne toujours aussi bien. 

Mon seul regret pour ce tome ? C'est le dernier de la série. Et franchement, j'en aurais voulu bien plus tant j'ai aimé lire la série.