vendredi 26 décembre 2014

Le Livre d'Hector, Les Carnets de Cerise, tome 2, Joris Chamblain et Aurélie Neyret

Comme je l'ai dis à la fin de l'avis sur le tome 1 de cette petite bande dessinée, je me suis jetée sur le tome 2 sans attendre. J'ai juste mis un peu plus de temps à poster son avis.

Le Livre d'Hector, Les Carnets de Cerise, tome 2, Joris Chamblain et Aurélie Neyret

Editeur : Soleil
Collection : Métamorphose
Année de parution : 2013
Nombres de pages : 74

A lire si :
- Vous avez aimé le premier tome
- Vous voulez une belle histoire
- Vous aimez les héroines curieuses
A ne pas lire si :
- Vous voulez des personnages principaux plus âgés
Présentation de l'éditeur : 
Cerise est une petite fille âgée de onze ans, qui vit seule avec sa mère. Elle rêve de devenir romancière, et a même déjà commencé à écrire ses carnets ! Son sujet favori : les gens, et plus particulièrement, les adultes. Ils sont si compliqués qu'elle souhaiterait mieux les comprendre. Elle adore les observer pour tenter de deviner quels secrets ils dissimulent... Prenez Elisabeth... toutes les semaines, depuis vingt ans, cette vieille dame emprunte le même livre à la bibliothèque. Pourquoi ? Que contient-il de si important pour elle ? Quel secret cache-t-il qu'elle n'aurait toujours pas découvert ? Une nouvelle énigme pour Cerise, prête à tout pour la résoudre, quitte à détruire ce qu'elle a de plus cher.
Mon avis :
Revoilà Cerise durant les grandes vacances, quelques temps après les aventures du premier tome, le Zoo Pétrifié. Comme pour le premier, nous commençons la BD par des pages du nouveau carnet de Cerise. Il va couvrir le premier mois des grandes vacances. Cerise est seule au village, Erica est en colonie et Lyne découvre le rôle de tata chez sa sœur. Cerise en profite pour essayer de renouer les liens avec sa mère, mais forcément, un nouveau mystère se profile. Après cette petite introduction, toujours très sympa à lire, nous entrons dans les cases elle-même, avec le retour des copines et l'explication du nouveau mystère.


Cette fois, c'est une vielle dame qui l'intrigue. Elle prend le bus une fois par semaine pour se rendre Cerise ne sait pas où. Chaque fois, elle tient dans ses mains un livre qu'elle ne semble pas vouloir quitter. Avec l'aide de ses amies, Cerise va la suivre et découvrir que la dame emprunte ce livre depuis vingt ans toutes les semaines. Il n'en faut pas plus à notre jeune fille vouloir comprendre ce que cela veut dire. Mais voilà, Cerise va un peu perdre la notion des choses et risque de détruire ce qu'elle a de plus cher, à savoir la confiance qu'on les autres en elle. Elle va se prendre la tête avec Erica, mentir à nouveau à sa mère... Légèrement égoïste pour le coup, alors qu'en fait, elle ne veut que le bien pour Élisabeth, la vieille dame.

Comme pour le tome 1, l'enquête est émouvante. Surtout qu'elle touche ici la mémoire des soldats. Le livre d’Élisabeth a été écrit par son mari, revenu de la Grande Guerre dans un sale état, muet et traumatisé à vie. Elle touche aussi à l'amour, puisque le dit livre est aussi une déclaration à sa femme (bien que caché). C'est beau et ça met la larmette à l’œil, surtout à la résolution du mystère. De plus, comme pour le tome 1, c'est parfaitement narré, sans en faire trop.

Mais je dois dire qu'ici, j'ai surtout aimé les rapports entre Cerise et les autres. Autant le dire, la prise de tête avec Erica fait très réelle. Franchement, qui n'en a pas eu à cet âge là ? Et puis, comme pour l'histoire du mystère, c'est bien fait, ni trop ni pas assez. Tout comme les relations entre Cerise et sa mère, qui évolue une nouvelle fois. S'il y a une relation que j'aime dans les carnets de Cerise, c'est bien celle-là. 

Niveau dessin, c'est vraiment comme pour le tome 1, très beau, très poétique. J'aime vraiment beaucoup le trait d'Aurélie Neyret (et j'ai hâte de voir ce que ça va donner avec un décors sous la neige dans le tome 3).

Au final, je confirme donc, je suis carrément fan des Carnets de Cerise. J'y trouve tout ce que j'apprécie dans la bande dessinée, c'est frais et agréable à lire. Et puis Poupette (trois ans et demi) a beaucoup aimé regarder les cases et se faire sa propre histoire dessus.

lundi 22 décembre 2014

Le Zoo Pétrifié, les Carnets de Cerise, tome 1, Joris Chamblain et Aurélie Neyret

Cela faisait un moment que j'avais envie de lire cette petite BD. Je n'en ai entendu que du bien. Alors, récemment, j'ai passé commande à la librairie (parce que les tomes partent comme des petits pains) et j'ai pu me jetté dessus.

Le Zoo Pétrifié, les Carnets de Cerise, tome 1, Joris Chamblain et Aurélie Neyret

Editeur : Soleil
Collection : Métamorphose
Année de parution : 2012
Nombre de pages : 76

A lire si :
- Vous voulez une belle histoire
- Vous aimez les héroines curieuses

A ne pas lire si :
- Vous voulez des personnages principaux plus âgés

Présentation de l'éditeur : 

Il était une fois... Quand j'étais petite, je me suis fait la promesse que si un jour, j'avais un journal intime, il commencerait comme ça. Il était une fois... ben moi, Cerise !
J'ai dix ans et demi et mon rêve, c'est de devenir romancière. Mon truc à moi pour raconter des histoires, c'est observer les gens, imaginier leur vie, leurs secrets. On a tous un secret enfoui que l'on ne dit pas, qui fait de nous ce que nous sommes...
En ce moment, avec les copines, on observe quelqu'un de vraiment mystérieux...

Mon avis 

Je dois dire que rien qu'en prenant le livre entre les mains, on sent déjà la qualité. La couverture est très belle, mate sauf le médaillon qui est plus brillant. L'objet est même assez lourd pour ses 76 pages. Puis, on l'ouvre et on plonge dans l'univers de Cerise, cette jeune fille de dix ans et demi, curieuse comme pas deux.

Le début du tome se présente comme un carnet. Ecriture manuscrite un peu enfantine, dessin, "photos", collage. C'est mignon à souhait et surtout, on entre directement dans la vie de Cerise qui semble déjà être une fillette attachante. Elle en profite pour  nous présenter ses amies, Lyne et Erica mais aussi Annabelle Desjardins, sa voisine et romancière ainsi que sa maman. Ensuite, nous passons directement à la BD, parfois entrecoupé de pages du carnet de Cerise.

Nous passons ensuite aux cases et à l'histoire même. Les dessins sont beaux, détaillés, très poétique aussi. L'atmosphère des Carnets de Cerise est plaisante et l'histoire tout autant. Dans ce premier tome, Cerise va observer un vieil homme, qu'elle a vu une fois sortir de la forêt non loin de la cabane dans les arbres qu'elle a construit avec ses copines. Intriguée, elle va vouloir savoir ce qu'il fait. Elle va alors découvrir un vieux zoo et la raison pour laquelle le vieux Michel y vient régulièrement.

A partir de là, Cerise ayant conclu son enquête, elle va aider Michel. Elle va faire appel à ses camarades de classe et tous vont venir rendre vie au zoo, sans le dire à leur parent.

Cerise est vraiment un personnage attachant. Elle a quelques défauts, elle ne sait pas trop où tout ce qu'elle fait va la mener, mais elle le fait avec passion et énergie. C'est une fillette à laquelle on peut facilement s'identifier, qui résout des mystères de son âge, avec ses moyens. Les autres personnages ne sont pas en reste. Les enfants sont bien caractèrisés, on a vraiment affaire à des enfants et non des adultes en miniatures, quant aux adultes, je les ai aussi trouvé très juste, comme la mère de Cerise, un peu dépassée par les évènements ou madame Desjardins, sorte de mentor toujours de bon conseil pour la fillette.

L'histoire m'a aussi beaucoup émue. Sans faire dans le mélodramatique, c'est une histoire très triste que Cerise va découvrir. Et la manière dont la fillette et ses amis vont faire revivre le zoo, pour aider Michel est juste énorme, en fait.

Au final, j'ai carrément aimé ce premier tome des Carnets de Cerise (à tel point que j'ai lu le second le lendemain). J'ai aimé cette petite fille qui n'a peur de rien et qui veut à tout prix vivre son rêve.


vendredi 19 décembre 2014

L'Emprise des Dévorantes, Sainte Marie des Ombres, tome 3, Sophie Dabat

C'est marrant comme je suis incapable de lacher un tome de Sainte Marie des Ombres dès que j'en ai un dans la main. Celui-ci n'a pas dérogé à la règle. 

L'Emprise des Dévorantes, Sainte Marie des Ombres, tome 3, Sophie Dabat

Editeur : Bragelonne
Collection : Snark
Année de parution : 2014
Format : epub

A lire si
- Vous avez aimé le tome 1
- Vous aimez l'urban fantasy
- Vous aimez les héroines fortes mais avec de vrais faiblesses
A ne pas lire si 
- Trop tard le soir
- Vous n'aimez pas les personnages plutôt punk
- Vous n'aimez pas la "vulgarité"
Présentation de l'éditeur : 
Marja Baldursdóttir.
Ce crétin m’a collé le nom de Marja Baldursdóttir. En soi, j’ai rien contre, c’est même plutôt flatteur, elle a été la première à tirer la sonnette d’alarme sur la régression de la position féminine dans notre société.
Sauf que Ballard l’ignorait complètement. Et quand je le lui ai appris, il m’a informée qu’il s’en battait autant que de son premier slip kangourou, et que si ça ne me plaisait pas, j’avais qu’à me démerder seule.
Du coup, j’ai fermé ma gueule et empoché les papiers, l’appartement et le boulot qu’il m’a trouvés sans faire ma difficile.
Je suis Marja Baldursdóttir, une trentenaire aux cheveux blonds, qui roule avec une moto bien cabossée, dotée d’un side-car pour transporter sa fille.
Eh oui, sa fille...
Ma mission : me tenir à carreau. Ça ne pouvait pas bien se terminer.

Mon avis :

Je crois que la quatrième de couverture présente bien la première partie du livre. Lily/Marie est devenue Marja et surtout elle a accueilli Kerry, la fille de Ballard, après l'avoir sauvé des labos. Si tout semble allait presque pour le mieux pour les deux, leur nouvelle vie n'est pourtant pas toute rose. Lily ne va pas très bien depuis la mort de Cullan, elle ne supporte pas sa nouvelle vie, déprime et se sent pas mal inutile. Kerry, qui a pris le nom de Kiddy, de même. Mais lorsque tout commence à aller un peu mieux, forcément, une vieille connaissance repointe le bout de son nez avec l'intention de faire souffrir Lily bien comme il faut. Après quelques péripéties, voilà notre amie de retour dans sa ville d'origine, prête à en découdre pour en finir.

Cette première partie est assez étonnante. Déjà, Lily en mère de famille, c'est juste énorme. C'est un rôle dans lequel on ne l'attend pas du tout. Après tout, elle reste une handicapée des sentiments. Or, aussi étonnant que cela puisse être, elle ne s'en sort pas si mal et elle va construire petit à petit une vraie relation avec la gamine. Ensuite, elle va accueillir, bien forcée d'ailleurs, un nouveau chien, enfin une chienne, Morag. La cohabitation avec celle-ci ne va pas être des plus simples, une nouvelle fois, la mort de Cullan étant bien trop fraiche. Et même si j'aime beaucoup Cullan, je dois bien dire que Morag a aussi son petit charme. Malheureusement pour elle, tout ce qu'elle réussit à construire petit à petit va en prendre rapidement un coup. Abha est de retour et comme elle garde cela pour elle, pas mal de monde va en pâtir,  Thomas, son proprio, elle bien sur. Et c'est à partir de là qu'on retrouve la Lily/Marie d'avant.

La seconde partie la voir donc revenir dans sa ville, elle rouvre un shop tattoo, se montre, fait en sorte qu'Abha soit bien au courant de son retour. Et cela fonctionne. Un peu trop. Ce sera avec l'aide d'Anne qu'elle ira régler ses comptes. Et tu imagines bien que rien ne se passe vraiment comme elle l'a prévu.

Si j'ai aimé la première partie, j'ai carrément apprécié la seconde. Déjà parce qu'on retrouve tout plein de personnage que j'avais aimé dans le premier tome, comme Katia et Charlène, toujours aussi déjantée (la touche de bonne humeur dans n'importe quel moment), mais aussi Anne, qui reste un personnage très important dans la vie de Lily et on y trouve aussi Djuka (plus ou moins présente, comme dans la première partie d'ailleurs). Mais surtout, l'action est beaucoup plus au rendez-vous et je dois dire que je ne m'attendais pas vraiment à tout ce qu'il va se passer. L'ambiance y est aussi beaucoup plus sombre. Sophie Dabat a encore fait fort.

Mais si j'ai tout aimé, je dois bien dire qu'il y a une chose que j'ai particulièrement apprécié. Parce que je suis une grande sentimentale et une amoureuse des animaux. Et que franchement, cette évolution-là, qui semble d'ailleurs ne pas être la seule (je sens que personne ne va comprendre, vu que j'essaie de ne pas spoiler) va surement être au centre des prochaines tomes. Moi, elle m'a juste rendu super heureuse pour Lily sur le coup. J'avoue qu'après, je me suis demandée comment ça va tourner cette histoire, mais je ne me fais pas de soucis pour ça. D'ailleurs en parlant de comment ça va tourner, j'ai bien hâte de lire le prochain tome vu la fin de celui-ci. Parce que là, elle a fait plus que fort, Sophie Dabat (et en même temps, elle m'a à nouveau fait couler des larmes, parce que putain mais non quoi !).

Bref, ce troisième tome suit parfaitement les deux premiers et semble finir une première trame de l'histoire. Nous allons une nouvelle fois de surprise en surprise, menée par une Lily/Marie bien plus combative que d'habitude, malgré tous les doutes et les problèmes qui l'assaillent (à sa place, je crois que j'aurais fini par me mettre dans un trou pour n'en plus bouger). Et surtout, je dois dire que la place que prennent les Ombres, même si elles n'apparaissent que peu au final, a vraiment une grande importance cette fois et présage de bien des choses. Bref, j'ai aimé, beaucoup beaucoup. Il n'y a pas à dire, Sainte Marie des Ombres, c'est de la bonne !

mardi 16 décembre 2014

La Romance de Ténébreuse, Intégrale 3, Marion Zimmer Bradley

Cela faisait un petit moment (un peu plus d'un an il me semble) que je ne m'étais pas plongée dans le monde de Ténébreuse. Pourtant, j'avais l'intégrale 3 dans la PAL depuis quand même quelques mois.

La Romance de Ténébreuse, Intégrale 3, Marion Zimmer Bradley

Editeur : Pocket
Collection : fantasy
Année de parution : 2013
Titre en Vo : Darkover, The Renunciates : The Sattered Chain, The Thendara House, City of Sorcery
Année de parution en Vo : 1979, 1983, 1984
Nombre de pages : 1135

A lire si :
-Vous aimez le mélange fantasy\SF
- Vous avez aimé les livres précédents
- Vous aimez les femmes fortes qui ne se laissent pas abattre.
A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas le mélange des genres
- Vous voulez de l'héroic fantasy
Présentation de l'éditeur : 
Sur Ténébreuse, seules mes femmes peuvent user de la puissance des sciences secrètes qui préservent leur monde de l'emprise des Terriens. Elles restent cependant à presque tous les égards des esclaves. Et même, dans certaines régions barbares, elles sont enchainées... C'est auprès des mystérieuses Amazones Libres, bandes de femmes dégagées des contraintes et des tabous de l'étrange culture de la Planète aux vents de folie, que pour la première fois les Terriens vont trouver des alliées sans préjugés.

Mon avis

Dans cette troisième intégrale, nous allons nous consacré à une des diverses castes de Ténébreuse, les Amazones Libres, nommées aussi les Renonçantes. Ce cycle là fait aussi partit du cycle Redécouverte, dont nous avions déjà pu avoir un aperçu dans la seconde intégrale. D'ailleurs, le premier livre de cette intégrale-là se passe quelques vingt ans après Redécouverte. Il nous manquera après la lecture de l'intégrale trois, quatre romans pour finir la partie Redécouverte. Ils font partie de la quatrième intégrale (que je n'ai pas encore).

Comme pour les intégrales précédentes, je vais donner mon avis sur les trois romans avant de le faire sur toute l'intégrale.

La Chaine Brisée

La chaine Brisée commence par le sauvetage d'une femme de la famille Comyn. Comme les hommes ne veulent plus prendre de risque, c'est Dame Rohana qui, avec l'aide des Amazones Libres qui part affronter les dangers. Malheureusement, la femme meurt en mettant au monde son fils. Pourtant, tout espoir n'est pas perdu puisque Rohana aura réussi à sauver Jaelle, sa cousine ainsi que le petit. Douze ans plus tard, nous suivons Magda Lorne, une Terrienne née à Caer Donn. Elle fait partie des services de renseignement de l'empire Terrien. Elle part sauver son ex-mari, qui ressemble comme deux gouttes d'eau au fils ainé de Dame Rohana, kidnappé contre rançon. En chemin, elle croisera des Renonçantes. Forcée de prêter leur serment, Magda va découvrir qui elle est vraiment.
Nous allons suivre tour à tout Dame Rohana, Magda et Jaelle dans ce roman. Chacune va chercher sa liberté et essayer de la conquérir comme elle le peut. Et au sein de Ténébreuse, ce n'est pas simple puisque les femmes ne sont pas du tout les égales de l'homme. D'ailleurs, suivant certaines régions, elles vivent même enchainées. Ce premier tome du cycle des Renonçantes va donc commencer par nous introduire les femmes qui décident de devenir des Amazones Libres. Marion Zimmer Bradley n'en oublie pas pour autant les autres femmes de Ténébreuse mais qui luttent avec leur propre moyen pour une liberté qu'elles n'ont pas toujours. Il permet aussi de mettre en place une quête d'identité pour les Terriens nés sur Ténébreuse, comme Magda, qui ne se sent ni l'une ni l'autre et qui pourtant aura un choix à faire. Or, ce choix semble bien être le prix de sa condition de femme sur cette planète.

La Maison des Amazones

 Nous reprenons la trilogie des Amazones Libres juste après les évènements de la Chaine Brisée. C'est assez rare pour le moment de trouver des livres de la Romance de Ténébreuse qui se suivent comme ça, ça le deviendra moins au fur et à mesure. Tout comme jusque là, il était rare de retrouver les mêmes personnages.

Ce tome aura pu s’appeler "Le choc des civilisations". Magda va entamer ses six mois de réclusion dans la maison de la guilde des Renonçantes à Thendara, suite à son serment tandis que Jaelle va épouser Peter et le suivre dans la Zone Terrienne. Forcément, rien n'est simple pour toutes les deux. Magda, habituée à la vie facilité par les machines, va se confronter à celles des Amazones, plus simple et surtout plus manuelle. Elle va aussi découvrir ce que sont réellement les Renonçantes et leur aspiration, bien loin finalement de ce qu'elle pensait. Pour Jaelle, c'est l'inverse, de la vie de Renonçante, elle passe à l'univers aseptisé des Terriens et surtout va devoir se faire à leur coutume. De plus, si Magda va trouver de vraies amies à la Guilde, elle va rester solitaire et va se rendre compte qu'entre Peter et elle, rien ne va, celui-ci étant obsédé par son travail et son envie d'avoir un fils.

Le choc des civilisations est parfaitement décrit mais il n'est pourtant pas le thème principal de La Maison des Amazones. Nous en revenons plus à la partie féministe de la Romance de Ténébreuse, déjà bien amorcée dans la Chaine Brisée. Elle parle aussi couple homosexuel d'une manière simple et sans arrière pensées homophobe. Elle met aussi en avant pas mal d'opposition entre les féministes trop engagée et qui virent "méchante" (certaines amazones trouvent dans les hommes des sous-humains qui ne méritent presque pas de vivre par rapport à la femme) et les féministes engagée mais plus modérée (telles qu'on en trouve de nos jours) qui militent pour une vraie égalité des sexes. La Maison des Amazones est donc un roman engagé plutôt plaisant à lire malgré le fait que j'ai de plus en plus de mal avec Magda et Jaelle (ce qui est plutôt bête vu qu'elles en sont les héroïnes et qu'on les retrouve dans le tome suivant).

La Cité Mirage

Nous revoilà avec Magda et Jaelle, sept ans après la Maison des Amazones. Elles sont entrées dans le cercle de la Tour interdite, sont devenues mères et surtout ont participé activement à l'union entre Amazones et Terriens. Mais voilà, Magda est jalousée par beaucoup dont Lexie Anders. Celle-ci, après avoir eut un accident en avion assez étrange, va partir à la recherche d'une cité cachée qui recelerait bien des mystères. Rafaella va partir avec elle. Inquiètes, Jaelle, Magda, Camilla mais aussi Cholayna et Vanessa vont partir à leur recherche.

Nous avons cette fois droit à une vraie quête comme on en fait plus. Nous allons voyager à travers les montagnes durant presque tout le livre, chose que nous n'avions plus fait depuis un moment. Cette fois, l'auteure va se concentrer uniquement sur les personnages féminins, parlant ainsi sororité, dépassement de soi, mais aussi du bien et du mal et de la recherche de soi. Il est beaucoup moins question de féminisme dans ce tome que par rapport aux deux précédents mais il n'oublie pas d'en parler quand même. Je l'ai aussi trouvé un peu moins cliché que la Maison des Amazones (qui reste le livre que j'ai le moins aimé de cette intégrale). De plus, alors que je commençais sérieusement à avoir beaucoup de mal avec Jaelle et Magda, je dois bien dire que là, elles m'ont vraiment interessées et les autres personnages, surtout Camilla, en fait, m'ont tout autant plu.


Pour finir ce long avis, passons à quelque chose de plus général. Cette troisième intégrale m'a plutôt plu, malgré un second livre avec lequel j'ai eu du mal (surtout les personnages en fait). Marion Zimmer Bradley a réussi à faire trois livres vraiment centrés sur les femmes sans trop tomber dans le cliché. Je trouve d'ailleurs assez amusant de comparer sa vision du féminisme, et surtout celle des années 80 à la notre, et de voir à quel point, au final, le combat est le même malgré quelques différences. Je ne dirais pourtant pas que la Trilogie des Renonçantes est entièrement féministe, bien qu'elle s'appuie largement dessus. L'auteure réussit toujours à traiter plusieurs thèmes dans ces livres, des thèmes malheureusement toujours d'actualité (racisme, choc de culture, homophobie et j'en passe), tout en y mettant beaucoup d'espoir. C'est d'ailleurs une chose que j'apprécie toujours autant dans ces romans.

Par contre, juste un léger bémol pour la couverture, jolie mais que je trouve un peu hors thème avec cette amazone court vêtue, trop femme fatale et guerrière qui ne correspond pas au final aux Renonçantes de Ténébreuse.



vendredi 12 décembre 2014

Arlis des Forains, Mélanie Fazi

J'ai déjà eu l'occasion de croiser la plume de Mélanie Fazi le temps d'une nouvelle dans l'anthologie Reines et Dragons et depuis, je voulais lire un peu plus de ce qu'elle a pu écrire. Lors de l'opération 1000K de Bragelonne (où ma PAL numérique a pris beaucoup d'ampleur), j'ai pris Arlis des Forains.

Arlis des Forains, Mélanie Fazi

Editeur : Bragelonne
Collection : Fantasy
Année de parution : 2013
Format : epub

A lire si :
- Vous voulez un livre orienté plutôt jeunesse
- Vous voulez une quête identitaire
- Vous voulez une petite ville d'amérique hors du temps

A ne pas lire si :
- Vous voulez voir la vie des forains
- Vous voulez un livre sans mystère et secret

Présentation de l'éditeur : 

 Lorsqu’on a onze ans, le monde est un endroit étrange...
Et quand ce monde se compose d’un ours, de singes savants et de serpents, l’étrange devient le quotidien. Car Arlis est un forain, et sa maison est la route. Il vit heureux en compagnie d’Emmett et de Lindy, qui dirigent la caravane, de Jared, le cul-de-jatte, d’Aaron et de Katrina. Si seulement Arlis savait ce qu’il fait parmi eux. Car il ignore tout de ses origines ou de sa famille.
Un jour, alors que les forains atteignent la petite bourgade de Bailey Creek, Arlis fait la connaissance de Faith, la fille du pasteur. Ils se lient d’amitié et deviennent complices, au cœur des blés, sous la lune et le vent. Mais Faith n’est pas non plus une fille comme les autres. Elle connaît les secrets des champs de blés. Elle initie Arlis à d’étonnants sacrifices dédiés à l’épouvantail qui règne en maître sur ces lieux. Autour d’eux plane une présence invisible et effrayante.
Oui, lorsqu’on a onze ans, le monde est un endroit étrange, où peuvent surgir la violence et la mort, et changer votre vie à tout jamais…

Mon avis

Arlis des Forains commence comme commence généralement un livre avec des forains, par leur arrivé dans une nouvelle ville. Nous sommes aux Etats-Unis, à une époque incertaine (je dirais entre les années 50 et maintenant, peut-être plus 60-70 d'ailleurs) et nous voilà à Bailey Creek, petite bourgade comme il peut y en avoir par là-bas. Arlis, jeune orphelin de onze ans élevé par Lindy depuis qu'il est bébé, va nous embarquer avec lui dans l'histoire. Rapidement, il va faire la connaissance de Faith, la fille du révérend. Faith qui l'entrainement à sa suite et qui veut en faire un admirateur du Seigneur des Moissons, plus par jeu que parce qu'elle y croit. C'est à cause d'elle qu'Arlis va vivre d'étranges choses et se demandait qui il est vraiment.

Nous suivons donc Arlis, héros et narrateur de l'histoire. Le jeune garçon se lie d'amitié rapidement avec Faith, fille du révérend mais surtout seule enfant à ne pas lui poser cent cinquante questions sur sa vie de forain et qui semble le voir pour ce qu'il est et non pour ce qu'il fait. Rebelle, voulant être autre chose que fille de révérend, elle va entrainer Arlis dans ses jeux dangereux, allant jusqu'à l'initier au culte du Seigneur des Moissons. Le jeune garçon se laisse prendre au jeu, jusqu'à l'apparition du fantôme de la mère de Faith. A partir de ce moment, Arlis va se poser des questions sur son identité, sur les phénomènes que déclenchent leur jeu mais aussi sur les forains. Il faut dire que le jeune garçon ne sait pas d'où il vient et que cette question le tarabuste pas mal (ce qui est compréhensible) mais surtout que ce qu'il se passe lui rappelle quelque chose sans qu'il ne sache trop quoi. Alors, il va chercher, seul. Ce qu'il va découvrir va bouleverser sa vie, le faisant passer de l'enfance à l'âge adulte (ou du moins à ce qui le deviendrait vu qu'il n'a que onze ans).

Petit à petit, l'histoire qui semble être somme toute "banale" va se teinter de fantastique. D'abord avec l'apparition du fantôme de la mère de Faith, que le garçon prend pour une simple hallucination au début, puis avec celle d'autres "fantômes" bien plus effrayant. J'ai apprécié cette montée en puissance dans la partie fantastique, allant parfaitement avec l'ambiance du livre. J'ai aussi beaucoup aimé que le livre ne repose pas que sur cette ambiance fantastique. Car, nous allons découvrir les histoires des forains avec Arlis, pas toutes, pas complètement, mais tout de même. 

Il faut dire que la troupe de forains rassemble pas mal de rejeté de la société. Parmis eux, nous avons d'abord Lindy, ancienne écuyère venue chez les forains suite à un accident de cheval qui la rendu boiteuse et incapable de remonter à cheval, puis Jared, né sans jambes et dresseur d'ours, Katrina, qui s'est enfui de son foyer à force d'être battue par son mari, Emmett, dont on ne sera finalement pas grand chose mais qui semble caché un bien lourd secret ou encore Aaron, alcoolique notoire. Tout ce petit monde forme la famille d'Arlis, une famille plus ou moins normale dans laquelle les secrets sont nombreux. La vision qu'à le garçon de son petit monde m'a beaucoup touché. Lui ne les voit pas comme des monstres de foire, des personnages étranges, il les aime (enfin pas tous), les apprécie et surtout les voit comme des être humains normaux. Il porte par contre un autre regard sur les non-forains. Un regard plus critique mais jamais vraiment méchant. Il n'y a que Faith qu'il voit de la même manière que sa "famille", parce qu'elle semble si différente des autres pour lui. Pourtant, c'est une véritable petite peste au caractère bien trempée. C'est un personnage vraiment interessant, qui malheureusement n'est pas assez exploité pour moi (alors qu'elle apparait quasiment tout le temps), je pense que c'est du au fait qu'on la voit par les yeux d'Arlis.

Même si le livre peut sembler plutôt lent à certain moment (le début fut difficile pour moi à ce niveau), l'écriture de Mélanie Fazi, nous entraine rapidement dans l'histoire aux allures intemporelles et poétique. J'ai beaucoup aimé les thèmes qu'elle va aborder tout le long du livre, celui de la quête de soi, celui de l'enfance, mais aussi la confrontation entre le monde forain et le monde sédentaire, entre les "monstres de foire" et les autres. Ses personnages ne sont pas sans faille, ils ont leur bons côtés et leurs mauvais et elle nous montre les deux, nous permettant rapidement de nous attacher à eux. D'ailleurs, elle sait très bien faire jouer les sentiments, que se soit au niveau des personnages qu'au notre. 

Au final, j'ai beaucoup aimé Arlis des Forains, malgré un début un peu lent. Une fois lancée, j'ai eu du mal à le lacher. J'ai apprécié l'ambiance du livre, celle qui règne dans le camps des forains, celle du champs de blé et la partie fantastique qui donne à tout cela un petit plus non négligeable, même si au final, elle n'est pas forcément la plus importante.




vendredi 5 décembre 2014

La Brigade des Loups, épisode 6, Lilian Peschet

Et voilà, une nouvelle série numérique de finie. Le dernier épisode de la Brigade des Loups est paru il y a peu, et je me suis empressée de le lire.

La Brigade des Loups, épisode 6, Lilian Peschet

Editeur : Voy'el
Collection:  E-courts
Année de parution : 2014
Format : epub

A lire si :
- Vous avez aimé le premier épisode
- Vous aimez les histoires en plusieurs parties
- Vous aimez les histoires de loups-garou
 
A ne pas lire si : 
- Vous voulez du loup-garou stéréotype
- Vous avez du mal avec les points de vue multiples
 
Présentation de l'éditeur : 
 
2020. L'épidémie de lycanthropie sévit en Europe depuis près de trente ans. La Roumanie est l'un des pays les plus en pointe concernant la recherche sur ce rétrovirus, mais aussi l'un des rares où les lupins ont le droit de vivre dans la société.
Sous certaines restrictions.
Pour s'occuper des crimes lupins, des unités de polices spéciales exclusivement composées de malades ont été créées.
On les appelle les Brigades des loups.
 
Mon avis :
 
Cet ultime épisode commence sur un flashback, dix huit ans en arrière. Flashback que nous allons retrouver régulièrement et qui est très important pour comprendre comment on a pu en arriver là. Nous trouvons aussi des passages qui  ne sont pas narrés par l'un de membre de la brigade, certain le sont par d'autres protagonistes, certains sont carrément en focalisation externe (pas de "je"). Au niveau des personnages point de vue, nous retrouvons le Capitaine Vasile, Dragos, Yakov, Aleksei (le chef de la résistance lupine) et le colonel Antonescu. L'action est toujours partagée en deux, puisque Vasile, Mikaï et Dragos sont avec les résistants et Yakov et Pavel sont toujours dans le camps de l'armée.

Sans trop spoiler (je vais essayer), nous allons enfin découvrir ce qu'il se passe réellement et qui tire les ficelles de tout cela. Et je dois bien dire que même si je m'attendais un peu à ce qui nous est dévoilé, j'ai tout de même était surprise par beaucoup de chose (dur dur de ne rien dire pour ne pas spoiler). En tout cas, tout cela est super bien mené et permet vraiment de nous surprendre. On passe par tout plein d'émotion et même par la tristesse puisque tout cela ne se finit pas en happy end (ce qui aurait été très con, vu le ton de toute la série, on est d'accord). D'ailleurs, la fin me semble pas mal ouverte, surtout pour un personnage. Puis-je espérer une suite à la série ?

Au final, l'épisode finit la série en beauté. Une série qui m'a d'ailleurs vraiment beaucoup plus parce qu'elle mêle judicieusement action, fantastique, uchronie et critique de la société (racisme, maladie, mais aussi critique militaire, critique du gouvernement...) et cela jusqu'à sa fin. Bref, Une série comme je les aime, capable de divertir et en même temps de faire réfléchir.

Pour info, les éditions Voy'el ont sorti l'intégrale de la série sous format papier avec une magnifique couverture rouge pour ceux qui voudraient découvrir mais qui n'ont pas de liseuse.

mercredi 3 décembre 2014

Avant Toi, Jojo Moyes

J'avoue que si l'epub n'avait pas été proposé gratuitement sur l'ibookstore, je ne l'aurais surement pas pris. La romance et moi, nous ne sommes pas encore de grandes copines et puis, la quatrième de couverture me faisait tout de même grave penser à un téléfilm de Noël sur M6. Pourtant, je me suis retrouvée entrainer là-dedans et, contre toute attende, j'ai plutôt aimé.

Avant Toi, Jojo Moyes

Editeur : Milady
Collection : Romance
Année de parution : 2014
Titre en VO : Me before You
Année de parution en VO : 2012
Format : epub

A lire si 
- Vous aimez les romances
- Vous voulez une héroine plutôt farfelue
- Vous voulez un peu plus qu'une romance

A ne pas lire si :
- Vous voulez des personnages complexes
- Vous n'aimez pas les récits à la première personne
- Vous êtes totalement contre le suicide assisté.

Présentation de l'éditeur : 

Quand Lou apprend que le bar où elle est serveuse depuis des années, met la clé sous la porte, c'est la panique. En pleine crise, dans ce trou paumé de l'Angleterre, elle se démène pour dégoter un job qui lui permettra d'apporter à sa famille le soutien financier nécessaire. On lui propose un contrat de six mois pour tenir compagnie à un handicapé. C'est alors que la jeune femme découvre Will, un jeune tétraplégique qui rêve de mettre fin à ses jours. Lou n'a que quelques mois pour le faire changer d'avis.

Mon avis :

Non vraiment, cette quatrième de couverture me fait penser à un téléfilm de Noël, il n'y a pas à dire. Et pourtant, j'aime bien regardé les téléfilms de Noël, moi, ça détend, ça ne prend pas la tête, ça fait souvent rire et c'est plein de bons sentiments. C'est plein de clichés aussi, et malheureusement, sur ce point, Avant Toi ne semble pas y échapper.

L'histoire est celle de Lou. On la rencontre alors qu'elle perd son job de serveuse, elle qui semble ne savoir faire que cela. Sa famille est en pleine crise financière, la mère ne travaille pas, le père va surement se faire licencier pour raison économique, la sœur a un enfant mais pas le père, elle a du abandonner ses études pour travailler comme fleuriste... Après avoir cumulé quelques petits jobs pas franchement géniaux, elle va passer un entretien d'embauche pour être accompagnante pour un handicapé. Elle va avoir le poste et la voilà qui entre dans la vie de Will Traynor. Or les premiers temps vont être très dur pour elle, vu qu'il semble qu'il ne peut pas la supporter. Et puis, elle va apprendre pourquoi elle est là, ce qu'il compte faire dans six mois. A savoir, se rendre à Dignitas pour se suicider. Elle ne va avoir que six mois pour le faire changer d'avis. Et en six mois, il peut se passer tout plein de chose.

Oui, c'est cliché. Et étrangement, cela ne m'a pas tant gênée que ça. Surement parce que je m'y attendais, mais pas que. Déjà Lou est un personnage que j'ai apprécié, parce qu'elle est un peu farfelue, un peu fofolle mais tout de même intelligente, parce qu'elle a presque mon âge, qu'elle vit des galères qui pourraient m'arriver, qu'elle n'a pas sa langue dans sa poche et un style vestimentaire tout aussi dingue qu'elle. Oui, elle est un bon gros cliché, mais ça passe bien avec elle. C'est aussi le cas de Will d'ailleurs. Tétraplégique carrément gros con bourru au début, il va petit à petit s'adoucir en présence de Lou, tout en gardant son humour noir. Il reste vraiment intéressant et porte bien plus le livre sur ses épaules que Lou. Après tout, c'est lui qui va la changer, c'est lui qui va la faire évoluer et nous la faire de plus en plus apprécié, c'est à cause de lui qu'on va se poser des questions sur le droit de mourir. Et il en va de même pour les autres personnages, autant le dire. Et pourtant, ils fonctionnent plutôt bien, ces personnages. Ensuite, parce que si on occulte l'histoire d'amitié/amour qui se profile devant nous, les clichés bien voyant et le reste, il reste une vraie question dans ce livre. Celle du droit à la mort lorsque les souffrances dut à la maladie deviennent trop grande.

Et je crois vraiment que c'est cela qui m'a le plus plu dans ce livre. Parce que la question se pose, que se soit du côté de celui qui veut mourir que de sa famille. Je pense comprendre Will. IL a eu une vie trépidante, faite de boulot jusqu'à pas d'heure, de plaisir physique, de voyage, de sensation extrême et puis un jour, parce qu'il se fait rentrer dedans par une moto, il va se retrouver à ne plus pouvoir bouger, enfermé dans un fauteuil. Sa vie est bouleversée, détruite même. Lui qui avait de grandes ambitions, doit tout revoir à la baisse parce qu'il ne peut plus faire un mouvement sans aider. Forcément qu'il a envie de mourir, forcément qu'il ne veut pas de cette vie. Mais ça, personne ne semble le comprendre. Pas par égoïsme ou que sais-je d'autre, par amour. Sa mère ne peut pas imaginer que son fils veuille en finir, Lou non plus. La vie réserve beaucoup de surprise, alors, on ne sait jamais. Je comprends aussi le point de vue de la mère de Will, même celui de Lou. Et je me demande ce que moi, je ferais dans cette situation si ma fille était dans le cas de Will. Le seul problème que j'ai rencontré côté "anti-suicide assisté", c'est le pourquoi ils sont contre. Ça parle religion, ça parle même meurtre, mais jamais on ne parle de ce que les gens pensent réellement. Je ne peux pas croire que tout ne soit qu'une histoire de religion ou de meurtre. Même si les raisons sont surement égoïste, il aurait fallu en donner, comme cela est fait pour les "pro-suicide assistés". Je suppose que c'était surement ce que voulait l'auteure, mais tout de même.

Avant Toi est donc un livre bourré de cliché, mais avec dedans des questions que l'on peut se poser et qui font tout de même un peu réfléchir. C'est pour cette raison qu'en fait, il se laisse lire et que je l'ai même plutôt apprécié. Plus que pour son histoire, pourtant touchante, et ses personnages. Juste parce qu'on tombe si rarement sur un livre en YA qui nous parle du suicide assisté et surtout qui  ne finit pas forcément comme l'héroïne ou même nous, voudrions.

"Je pense donc que tu ne te poses la bonne question Pourquoi les valides décideraient de ce que doivent être nos vies ? Si cette vie ne convient pas à ton ami ,ta question devrait plutôt être : comment puis-je-l'aider à en finir ? "


jeudi 27 novembre 2014

1869 : La Conquête de l'Espace, Le château des étoiles, tome 1, Alex Alice

J'avais déjà repérè cette bande dessinée dans ma librairie (et aussi sur 100% SFFF francophone)(le blog qui allonge sans cesse ma wishlist) il y a quelques temps. Et puis, j'avais déjà les mains pleines. Hier, je suis retournée me prendre quelques livres (alors que ma PAL arrive à plus de soixante...) et après quelques élongations (mais c'est quoi ce truc de mettre les livres qui me plaisent en haut des étagères), il était enfin à moi. Je l'ai lu ce midi, ma fille sur mes genoux et apparemment, il a plus autant à elle (enfin surtout les dessins parce qu'à trois ans et demie, je ne pense qu'elle est tout compris) qu'à moi.

1869 : La Conquête de l'Espace, Le château des étoiles, tome 1, Alex Alice

Editeur : Rue de Sevres
Collection : /
Année de parution : 2014
Nombre de pages :  63

A lire si :
- Vous aimez les univers à la Jules Verne
- Vous voulez de beaux dessins accompagnent une bonne histoire

A ne pas lire si :
- Vous ne voulez pas de jeunes héros

Présentation de l'éditeur :

Et si la conquête de l’espace avait eu un siècle d’avance ?
Au XIXe siècle, d’intrépides explorateurs repoussent sans cesse les limites de l’inconnu. Avides de nouvelles découvertes, ils tournent leurs regards vers les étoiles….
Et si la conquête de l’espace avait un siècle d’avance ?
Et si le ciel était tel qu’on l’imaginait voici 150 ans, plein de merveilles et de promesses, si près qu’on pourrait le toucher du doigt, à bord des fantastiques machines qui s’élèvent sous le regard d’un roi, au-dessus des tours du Château des étoiles ?

1869, Nord de la France. Un an après la mystérieuse disparition de la scientifique Claire Dulac, le jeune Séraphin et son père échappent de justesse à une tentative d’enlèvement fomentée par des Prussiens. Seraient-ce les recherches sur l’éther de Claire Dulac qui intéressent ces sombres individus ?
Séraphin et son père doivent-ils répondre à la mystérieuse invitation du roi Ludwig de Bavière ?
Quels secrets recèle le Rocher du Cygne, ce château féerique construit par Ludwig au sommet d’une montagne ?
La course à l’éther, clé de la conquête de l’espace, est lancée… nos héros parviendront-ils, en plein XIXe siècle, à ouvrir les portes des étoiles ?

Mon avis :

Le Château des étoiles a d'abord été publié sous forme de journal mensuel. J'ai pu avoir dans les mains le troisième, mais bien sur, n'ayant pas lu les autres, j'avais décidé de ne pas trop y regarder de plus près (parce que je voulais tout lire dans l'ordre forcément). Pourtant le format va parfaitement avec l'histoire. Je me suis donc "rabattu" sur la version album qui me permet aussi de ne pas craindre de le mettre entre les mains de Poupette. Oui avec une enfant de trois ans, il faut savoir faire des choix. 
Première chose, l'album. Il est beau, un peu lourd mais beau. La couverture pourrait être celle d'un Jules Verne (d'ailleurs, j'ai une vieille édition d'un Verne qui va parfaitement avec)(et entre lui, la Bible Steampunk et Arcadia, j'ai une étagère qui envoie du lourd niveau couverture Steampunk). Bref, je suis dingue de l'objet. 

Et l'intérieur, me demanderez-vous ? Et bien, il est à la hauteur de son extérieur si ce n'est plus. Déjà de part l'histoire. Nous la débutons en 1868. Claire Dulac, scientifique de son état, part à la recherche de l'Ether. Malheureusement, elle va disparaitre lors d'un accident de montgolfière, laissant derrière elle son époux et son fils. Un an plus tard, le jeune Séraphin est obsédé par les travaux de sa mère et par l'Ether. Alors lorsque son père reçoit une lettre leur indiquant que le carnet de bord de Claire a été retrouvé, il reprend soudain espoir. Encore plus lorsque suite à une attaque contre son père, le voila aussi du voyage jusqu'en Bavière. Là-bas, quelqu'un veut réaliser le rêve de Claire et à besoin de l'aide du professeur Dulac pour y arriver. 

Et puis, il y a bien sur les dessins. Alex Alice a tout fait à l'aquarelle, se qui leur donne ce petit côté un peu éthéré, doux aussi. Le trait est fluide, précis et les décors sont juste gigantesques (c'est là que je regrette de ne pas avoir pris la version Journal, quasiment à la taille réelle des planches). Il faut dire aussi que la Bavière est une région magnifique aussi.

Mais revenons un peu à l'histoire, puisque je pense que les planches en illustration de l'article permettent de se faire un meilleur point de vue sur l'aspect esthétique de la BD. Alex Alice nous offre donc une histoire vraiment bien illustrée qui mélange l'imaginaire et le réel, comme le faisaient déjà Verne et ses contemporains et surtout comme le font régulièrement les auteurs Steampunk. C'est ainsi que Séraphin et son père vont travailler pour le roi Ludwig de Bavière et rencontrer entre autre la princesse Elisabeth de Bavière, dite Sissi ou encore Wagner. Parmi les personnages inventés, je dois bien dire que j'aime beaucoup le jeune Séraphin, Hans, un jeune inventeur et Sophie, jeune servante qui ne compte pas le reste éternellement, les trois jeunes héros. Débrouillards comme pas deux, ils vont tout mettre en œuvre pour que le rêve du roi Ludwig puisse se réaliser et ainsi permettre à Séraphin de réaliser aussi le sien. Les trois se complètement parfaitement. Le père de Séraphin m'a aussi très touché dans son intention de continuer la quête de sa femme.

Au final, j'ai carrément adoré cette petite bande dessinée, que j'ai malheureusement trouvé trop courte. J'ai hâte de pouvoir lire le second et dernier tome (quand je dis que c'est court) et partir à la conquête de l'Ether et de l'espace en compagnie de Séraphin et de ses amis.

L'Héritière, Le Testament, tome 1, Jeanne-A Debats

Alors que je cherchais un livre à me prendre chez Actu SF, un nom m'a littéralement sauté aux yeux. En fait, deux noms, celui de l'auteure et surtout celui de Navarre. Il n'en fallait pas plus pour que cet epub rejoigne ma PAL numérique.

L'Héritière, Le Testament, tome 1, Jeanne-A Debats

Editeur : Actu SF
Collection : Les Trois souhaits
Année de parution : 2014
Format : epub

A lire si :
- Vous voulez de l'urban fantasy à la française
- Vous voulez une héroine attachante

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas Navarre (mais est-ce vraiment possible ?)
- Vous voulez de la bit-lit pure et dure, à l'américaine.
- Vous ne voulez que du Navarre

Présentation de l'éditeur : 

Je m'appelle Agnès Cleyre et je suis orpheline. De ma mère sorcière, j'ai hérité du don de voir les fantômes. Plutôt une malédiction qui m'a obligé à vivre recluse, à l'abri de la violence des sentiments des morts. Mais depuis le jour où mon oncle notaire m'a prise sous son aile, ma vie a changé. Contrairement aux apparences, le quotidien de l'étude qu'il dirige n'est pas de tout repos : vampires, loups-garous, sirènes... A croire que tout l'AlterMonde a une  succession à gérer ! Moi qui voulais de l'action, je ne suis pas déçue... Et le beau Navarre n'y est peut-être pas étranger.

Mon avis :

Je crois l'avoir déjà dit, je suis fan de Navarre, le vampire de Jeanne-A Debats, depuis Métaphysique du vampire. Alors, forcément, quand j'ai l’occasion de le retrouver, je ne suis que joie, comme ce fut le cas dans Lancelot (anthologie chez actu SF) ou encore dans le troisième Mythologica. Alors, oui, je crois que je n'ai vu que son nom dans la quatrième de couverture. Bon, j'exagère un peu. Même s'il n'y avait pas été, j'aurais pris l'Héritière parce que j'aime beaucoup l'écriture de l'auteure. Mais ça à tout de même jouer un grand rôle dans ma décision.

Si ce cher Navarre prend beaucoup de place dans le roman, il n'est pourtant pas le protagoniste principal et je peux dire que ça fait un peu bizarre au début de le voir par les yeux d'une autre. Mais Agnès, notre héroïne, n'a rien à lui envier en tant que personnage principal et narrateur. Si elle a un peu moins le sens de la repartie que notre vampire chéri et qu'elle comprend un peu moins ce qu'ils se passent dans l'Altermonde, puisqu'elle ne l'a jusque là pas fréquenté, elle est pourtant particulièrement attachante et très humaine en fait. C'est une héroïne comme je les apprécie, drôle, intelligente, mais avec des faiblesses. Elle n'est pas parfaite et c'est ce que j'aime chez elle.

Forcément, l'Héritière est un tome d'introduction puisque premier d'une série qui j'espère sera un peu longue (il semblerait qu'il y aurait deux autres tomes). Il nous offre donc une première vision du monde d'Agnès et nous permet d'en apprendre rapidement plus dessus, sans toutefois tout  nous dire. L'avantage avec Agnès, c'est que nous sommes comme elle, pratiquement vierge du savoir sur l'Altermonde, nous découvrons cela avec elle, sans nous perdre. Le roman est aussi pourvu d'une première intrigue qui  n'est pas là juste pour le plaisir et qui ne sera pas sans conséquence sur la suite (et ça, dans une série bit-lit, c'est tout de même rare, je trouve). D'ailleurs, ça part vraiment fort par ici puisqu'il va falloir trouver l'héritier ou héritière d'Herfauges (et pour ceux qui connaissent un peu l'univers de Navarre, on sait fort bien que les deux ont une relation assez particulièrement), fils de Dame Bathilde, chef du Cénacle vampire parisien, condamné à mort pour avoir une fois de plus dépassé les bornes.

L'auteure a décidé de placer son histoire dans Paris, de nos jours. Le choix de la ville lumière semble étrange tant nous sommes habitués à découvrir Londres en Urban Fantasy européenne. Et pourtant, notre capitale offre autant de mystère que celle de l'Angleterre et nous rattache un peu plus à nos racines et surtout à celles de la plupart des créatures du folklore fantastique. Parce que comme nous le rappelle si bien Jean-Luc Rivera dans la postface du livre, les premiers écrits dessus sont français et nous avons beaucoup d'histoires de Bêtes ou de vampires dans notre pays (même si pour les vampires, ce ne sont pas les plus connues). De plus, Paris a une Histoire passionnante qui va se révéler au fort et à mesure de la lecture très liés à celle des créatures qui la peuplent. Du coup, tout l'aspect sociologique et coutumes des créatures semble se calquer sur la ville et sur notre pays. Aspect particulièrement passionnant d'ailleurs et que l'on découvre avec joie en même temps qu'Agnès. Ainsi, nous découvrons que les loups-garous sont plutôt des ouvriers, communiste ou encore franc-maçons et que les vampires sont plutôt des nobles ou des gens aisés évoluant dans les hautes sphères. J'aime beaucoup voir l'Histoire de France revu comme ça à la sauce surnaturelle.

Il faut ajouter à tout ses points l'écriture de Jeanne-A Debats, toujours aussi agréable à lire, mélange d'humour (le passage avec Azraël est tout bonnement énorme par exemple), d'action, de cynisme, de bons, de références (Herfauges lisant Twilight..., j'en ris encore), d'ironie et d'un soupçon de féminisme (un grand merci pour le passage sur le viol, non ce n'est pas la faute de la victime !). Du coup, j'ai tourné les pages sans m'arrêter à pas seulement à cause de Navarre. 

Au final, je n'ai pas vu une seule fois le temps passé en lisant l'Héritière. Voilà de l'urban comme je l'apprécie et qui plus est bien ancré en France. Les personnages, particulièrement Agnès (qui est loin de l'héroïne Urban à l'américaine), sont vraiment attachants, l'intrigue est pleine de rebondissement et mystérieuse et le décors laisse rêveur. Mon seul bémol dans tout ça ? Navarre n'est que personnage secondaire, moi qui l'aime tellement. Mais peut-on vraiment parler de bémol face à une Agnès Cleyre qui peut être aussi mordante que lui ?




mardi 25 novembre 2014

Comme Dieu le veut, Niccolo Ammaniti

Comme Dieu le veut est, il me semble, le plus vieux livre de ma PAL. Trois ans à prendre la poussière sur son étagère, sans que je ne le touche. Je ne sais même pas pourquoi d'ailleurs. Sur le coup, j'étais enthousiasmée de le prendre et puis, c'est retombé. Et finalement, ma lecture a été plutôt bonne.

Comme Dieu le veut, Niccolo Ammaniti

Editeur : Le livre de poche
Collection : /
Année de parution : 2010
Titre en VO : Come Dia Comanda
Année de parution en VO : 2006
Nombre de pages : 544

A lire si :
- Vous voulez des personnages qui sortent de l'ordinaire
- Vous n'avez pas peur de plonger dans la misère Italienne

A ne pas lire si : 
- Vous voulez une histoire joyeuse
- Vous voulez suivre une seule personne

Présentation de l'éditeur: 

Rino Zena et son fils Cristiano vivent ensemble dans une plaine désolée. Les services sociaux menacent le père, chômeur alcoolique et nazi, de lui retirer la garde de ce fils qu'il éduque par la terreur, malgré l'amour viscéral qu'il lui porte. Accrochés l'un à l'autre, ils survivent dans une sorte de dignité dénaturée. Avec ses deux étranges amis, le père décide d'améliorer leur existence misérable en préparant un casse. Cette nuit-là, la pluie, les crues du fleuve et les torrents de boue balaient tout sur leur passage. De cette tempête apocalyptique et meurtrière émerge la figure lumineuse d'une jeune victime expiatoire, qui va changer à jamais le destin de chacun... Comme dieu le veut.
Ammaniti dépeint une Italie ravagée par la vulgarité et l'abrutissement consumériste. La férocité des exclus y explose de manière dévastatrice, mais la tendresse de l'auteur envers ses personnages paumés et déchus imprègne d'une troublante humanité ce grand roman où cohabitent horreur et humour désenchanté.

Mon avis :

Je ne sais pas pourquoi, surement à cause de la couverture, je voyais cette histoire se passait dans les années 50. Comme quoi les couvertures sont trompeuses, puisqu'elle se passe dans les années 2000, surement d'ailleurs 2005 ou 2006.

Dès le prologue, nous voilà embarqué chez la famille Zena, composé de Rino, le père, nazi, alcoolique, violent, chômeur (tout pour plaire quoi) et de Cristiano, le fils de treize ans. Et dès le prologue, nous comprenons rapidement que leur relation n'est pas de tout repos.  Le père élève le fils dans la violence, d'ailleurs, il lui colle un pistolet dans les mains pour aller tuer le chien qui lui casse les oreilles depuis le début de la nuit. Cette scène d'ouverture va donner le ton du livre, bienvenu dans l'italie des miséreux, des sortis du systèmes, des monstres.

L'histoire va se concentrer sur une petite semaine, deux jours avant la fameuse nuit où tout va basculer et quelques jours après. Une semaine particulièrement chargée que nous allons partager avec une galerie de personnages qui va permettre à l'auteur de dépeindre son Italie. Comme je le disais, il y a d'abord les Zena. Si j'ai d'abord eu beaucoup de mal avec le père, de part son comportement de parfait crétin facho et macho, j'ai fini par le prendre en pitié, tant sa vie est merdique mais surtout tant, malgré les coups et la violence, il aime son fils. Cristiano est par contre le personnage qui m'a le plus touché. Treize ans, une enfance volée par la violence de son père, une vision du monde trop proche de celle de son père (mais a-t-il le choix ?) et cette envie de vivre qui ne le quitte pas malgré les problèmes. Il est rare dans ce genre de roman que j'apprécie les enfants, mais là, Cristiano, il m'a touché, vraiment. Ensuite, il y a les amis du père. Danilo est devenu alcoolique après la mort de sa petite fille de trois ans. Il a tout perdu par la suite et rêve de retrouver Teresa, son ex-femme, en la comblant de cadeau, ce qu'il ne peut faire. C'est lui qui va avoir l'idée du casse. Quattro formaggi est ce que l'on pourrait appeler "l'idiot du village". Intellectuellement bas, boiteux, plein de TIC à cause d'un accident lorsqu'il était enfant, sa vie se limite à sa crèche et à Rino, qu'il idolâtre. Puis, il y a ceux qui gravitent autours d'eux ; l'assistant social (qui va coucher avec la femme de son meilleur ami), les élèves du collège de Cristiano, dont Fabianna, par qui tout va arriver, et bien d'autres qui nous ne ferrons finalement qu'effleurer. Tout ce petit monde va tantot nous émouvoir, tantot nous faire voir la misère et la violence. 

L'auteur va se servir de tout ce petit monde pour dénoncer la misère en Italie (et cela aurait finalement pu être ailleurs), la violence, l'alcool et tout le reste. Si ce qu'il va se passer le jour J est plus que terrible (je vous laisse découvrir), ce qu'il se passe avant et après l'est tout autant, voire même peut-être plus puisque c'est quotidien, presque banal. Nous allons voir les ravages de l'alcool, ceux que peuvent produire le cerveau humain, ceux des relations toxiques, que se soit relation filiale (les Zena) ou même les amitiés (Rino, Danilo et Quattro ou encore Fabianna, qui change complétement lorsqu'elle est avec sa meilleure amie Esméralda) et bien sur ceux de la misère humaine et sociale. 

J'ai été touché par le roman, par toute cette misère qui s'en écoule. Au départ, j'ai été attendri par les personnages, par les situations presque comiques qu'ils rencontraient. Et puis soudain, tout bascule, la noirceur prend le pas sur l'humour, le cynisme est là et surtout la dure réalité, la monstruosité des personnages, de la situation. A partir d'un certain moment, j'ai été prise d'une sorte de malaise envers certains personnages, envers l'histoire en elle-même. Et puis, j'ai espéré. Espéré pour Cristiano, trop jeune pour réellement comprendre ce qu'il se passe, trop impliqué pourtant dans l'évènement sordide, trop seul pour s'en sortir sans dommage. Mais y a-t-il réellement un espoir pour lui ?

Au final, je me demande encore pourquoi j'ai laissé le livre si longtemps dans ma PAL tant je l'ai apprécié. Si l'histoire est sordide et met mal à l'aise, elle n'en reste pas moins intéressante et les personnages la porte divinement.

Ne parle pas de liberté. Ils sont tous bons pour parler de liberté. Liberté par-ci, liberté par là. Ils en ont plein la bouche. Mais bon Dieu, t'en fais quoi de ta liberté ? Si t'as pas un rond, pas de boulot, t'as toute la liberté du monde mais tu sais pas quoi en faire. Tu pars. Et où tu vas ? E comment tu y vas ? Les clochards sont les plus libres de la terre et il crèvent congelés sur les bancs des parcs. La liberté est un mot qui sert seulement à baiser les gens. Tu sais combien de cons sont morts pour la liberté alors qu'ils savaient même pas ce que c'était ? Tu sais qui c'est, les seuls à l'avoir ? Les gens qui ont du pognons. Ceux-là oui...

lundi 24 novembre 2014

Prodigy, Legend, tome 2, Marie Lu

J'ai lu le premier tome de la série, Legend, il y a un an et demi (ça remonte quand même). Il était peut-être temps de lire la suite, en espérant que je ne mettrais pas autant pour lire le dernier tome de la trilogie...

Prodigy, Legend, tome 2, Marie Lu

Editeur : Castelmore
Collection : /.
Année de parution : 2013
Titre en VO : Legend, book 2 : Prodigy
Année de parution en VO : 2013
Format : epub

A lire si :
- Vous avez aimé le tome 1
- Vous aimez les dystopies
- Vous voulez un monde qui n'est pas partagé entre noir et blanc

A ne pas lire si :
- Vous voulez des personnages qui font leur âge, vraiment.
- Vous n'aimez pas quand ça commence lentement.

Présentation de l'éditeur : 

Quand deux ennemis jurés forment la plus improbable des alliances... June et Day ont échappé à leur poursuivants. Réfugiés à Vegas, ils rencontrent un groupe de rebelles, les Patriotes, qui consentent à les aider à s'enfuir. Mais il y a une condition. Prets à tout, les deux adolescents acceptent : ils savent que, sans les rebelles, leurs heures sont comptées. Pourtant, June doute : et s'ils s'apprêtaient à plonger le pays dans la guerre civile ? Déchirée entre son sens du devoir, ses intuitions et ses sentiments, elle devra prendre la décision la plus difficile de son existence. Et Day aura-t-il suffisamment confiance en sa nouvelle complice pour remettre sa vie et celle des siens entre ses mains ?

Mon avis 

Qu'il est dur de se replonger dans une série dont on a lu le premier tome il y a si longtemps (et surtout quand on en a lu et fini d'autres qui nous ont transporté). Heureusement que j'ai le blog pour me souvenir un peu de ce qu'il a pu se passer. Du coup, je suis rentrée assez facilement dans cette suite, du moins, je n'ai pas cherché pendant trois ans qui était qui et ce qu'il avait pu se passer. Et donc, j'embarque avec June et Day pour rejoindre Vegas, après la fuite de Los Angeles et les évènements du tome 1.

Si je n'ai pas eu de mal à me souvenir d'un peu tout ce qu'il avait pu se passer dans le tome 1 (et lorsque ce n'était pas le cas, l'auteure me le rappelait rapidement), j'ai eu plus de mal à entrer dans l'histoire. Le début est lent. Mais vraiment. La fuite en train dure peu, l'arrivée à Vegas de même, mais les élèments se mettent en place à la vitesse d'un escargot et il faut attendre le milieu du livre pour afin vraiment entrer dedans et surtout ne plus le quitter. 

Dans ce tome, donc, June et Day, qui ne font toujours pas leur âge (mais pourquoi avoir décidé qu'ils avaient 15 ans et leur donner la plupart du temps la maturité d'une personne de 20 ans ?), vont devoir faire confiance aux Patriotes. Or ceux-ci semblent caché bien des choses, du moins leur chef, Razor. Si June doute dès le départ, elle ne va rien dire et surtout elle va accepter la mission qu'on lui confie : retourner dans la République pour pouvoir préparer l'attentat contre le nouvel Elector Primo. De son côté, Day semble plus que ravi d'aider les Patriotes, malgré quelques doutes. Chacun de leur côté, ils vont découvrir ce qu'il se passe réellement dans leur monde et autant dire que tout n'est pas rose. June va découvrir pourquoi la République est devenue ce qu'elle était. Et forcément, elle va vouloir que tout change, comme Anden, le nouvel Elector. Or pour cela, il ne faut pas qu'il meure. Day lui va découvrir le fonctionnement des Patriotes et un peu celui des Colonies. Séparé de June, il va vouloir y croire. Sauf que ni pour l'un ni pour l'autre, rien ne se passe comme prévu.

Je dois dire que j'ai beaucoup aimé avoir enfin une vision des deux côtés de ce que fut l’Amérique et que franchement, on se demande vraiment lequel est le meilleur entre la République et son régime martial et les Colonies, gérées par les entreprises. Aucun de deux systèmes n'ait convaincant, loin de là. Et je dois bien dire que c'est une chose que j'apprécie. Le monde ne peut être ni tout noir ni tout blanc, Marie Lu nous le prouve ici. Malheureusement, ce n'est pas forcément le cas avec ses personnages...

Parlons-en des personnages, d'ailleurs. Si June et Day évoluent encore un peu dans ce tome, j'ai toujours la même impression que dans le premier. Leur âge ne va pas. Leur réaction non plus. Sans parler du fait que tous les deux se retrouvent dans un triangle amoureux chacun de leur côté (même si celui de Day est en sens unique pour la troisième personne). C'est pire, je crois avec Tess, qui est censée être une enfant et qu'on trouve vraiment plus adulte parfois que les deux autres. Et comme dans le tome 1, les autres sont stéréotypés à souhait. A force, c'est un peu soulant, surtout que je suis sure que certains gagneraient à être un peu plus profond. Au final, deux personnages tirent leurs épingles du jeu, Kaede, qui va réfléchir un peu et se rendre compte de pas mal de chose et Anden, qui essaie à tout prix de changer la République. 

Au final, j'ai tout de même apprécié ma lecture, ne nous mentons pas. C'est une bonne dystopie jeunesse malgré quelques défauts et je ne lui en demande pas forcément plus. Elle me distrait et me plait tout de même assez. J'ai même hâte de lire la fin, voir un peu comment cela va se passer et surtout voir si l'auteure va un peu plus nous en montrer sur les Colonies et quel sera le choix de tout le monde.



jeudi 20 novembre 2014

Chanson Pour Lya et autres nouvelles, GRR Martin

Et je continue de découvrir les écrits autres que le Trône de Fer du sieur Martin. Cette fois, c'est donc avec un recueil résolument SF qui m'a occupé.

Chanson Pour Lya et autres nouvelles, GRR Martin

Editeur : J'ai lu
Collection : SF
Année de parution : 2013
Titre en VO : A Song for Lya and other stories
Année de parution en VO : 1976
Nombre de pages : 317

A lire si :
- Vous aimez la SF
- Vous aimez les nouvelles

A ne pas lire si :
- Vous voulez du Trône de Fer.

Présentation de l'éditeur :

Ce recueil de récits va révéler une nouvelle "voix" de la SF, une voix prophétique qui parle du terrible futur de demain, d'une réalité que rien - presque rien - ne sépare du cauchemar.
Dans Chanson pour Lya, un couple de terriens télépathes enquête sur le Culte de l'Union qui menace la planète Ch'Kéens : une religion suicidaire mais dangereusement séduisante... Dans Au matin tombe la brume, c'est le combat entre les ténèbres du jour et le soleil nocturne, un délire climatique qui engendre des spectres... Dans le Héros, un mercenaire natif des mondes guerriers de Wellingtin, qui depuis vingt ans ne vit que pour tuer, voudrait dire adieu aux armes. Le peut-il encore ?

Mon avis

Au matin tombe la Brume : 
La première nouvelle du recueil nous entraine à Spectremonde (oui, le nom n'est pas génial en VF, je suppose qu'il doit être bien mieux en VO) à la suite d'un journaliste. La planète est "victime" de spectre. Nous allons donc découvrir une planète où la brume est reine et magnifie les paysages mais où se sont les spectres qui attirent les touristes. Or, un scientifique va vouloir prouver qu'ils n'existent pas. Martin va donc critiquer ces touristes qui sont là pour le sensationnel en oubliant de s'émouvoir de ce qu'ils ont réellement sous les yeux (ici le levé et la tombée des Brumes) mais surtout il va se poser la question de "toutes vérités est-elle bonne à dire ?" et amène son récit de manière souvent fort ironique vers une réponse (que je vous laisse découvrir).

Il y a solitude et solitude : 
Cette nouvelle se présente sous forme d'un journal, celui d'un Terrien qui, depuis 4 ans, vit seul dans l'Anneau de Cerbère (sorte de porte des étoiles à quelques dix milles kilomètres de Pluton). Petit à petit, il va sombrer dans la folie, alors qu'il ne lui reste que trois mois à tirer. Une nouvelle qui explore la folie et la solitude d'un homme qui a déjà pas mal perdu. Elle est plutôt intéressante, même si personnellement, j'ai eu du mal avec son personnage principal. Si lui est imbuvable, ce qu'il décrit des étoiles est par contre génial. La fin m'a aussi déçue, un peu trop expéditive, et surtout manquant de mystère.

Pour une poignet de volutoines : 
Nous voilà cette fois dans les pas de Matt Karabadjian, chercheur de minerai, ici des volutoines, un peu particulier. Comme ses confrères, il utilise une main d'oeuvre particulière, des cadavres, qu'il contrôle à l'aide d'un appareil par la pensée. Or ce système ne plait pas à tout le monde et forcément, cela va entrainer des conflits. La nouvelle est basée sur une scène d'action plutôt bien foutue et peut rappeler les western-spaghetti des années 80 de part son thème et son titre. Bref, une bonne nouvelle qui se laisse bien lire et dont la conclusion, bien que conventionnelle pour ce genre est plutôt pas mal.

L'éclaireur :
 Cette fois, pas de nouvelle planète inconnue. Non ici nous somme sur Terre. Mais une Terre qui a subit une grande guerre, irradiant toute la surface, cinq siècles plus tôt. Nous suivons par alternance Greel puis deux autres hommes. Le premier est éclaireur pour son peuple, les deux autres viennent de la Lune où une partie de l'humanité se trouvait avant la grande guerre. La nouvelle se base sur la différence d'évolution entre les deux parties de l'humanité, celle qui a du vivre durant cinq siècles dans les souterrains et celle qui a vécu sur la Lune. Forcément la rencontre des deux mondes ne va pas se faire en douceur et dans la joie et la bonne humeur.

Le héros :  
John Kagen est arrivé au bout de ses 20 ans de services et il aimerait bien pouvoir prendre sa retraite sur Terre. Mais voilà, c'est un mercenaire natif de Wellington, un monde guerrier et cela ne plait pas des masses à ses supérieurs, terriens, eux. Après avoir essayé de le convaincre de ne pas prendre sa retraite, la fin se devine rapidement... Une nouvelle plutôt cynique sur le devenir des hommes d'armes.

VSL
VSL est la nouvelle la plus courte du recueil. On y suit le physicien Kinery qui essaie tant bien que mal de faire financer par la fondation VSL son projet de moteur hyperspace. Et autant dire que la réponse de la fondation est quelque peu cocasse et étonnante.

Le Run des étoiles :
Nous voilà à nouveau sur Terre, à la vieille du début d'un tournoi de football américain. Un peuple extraterrestre veut y participer, alors que ce même peuple était en guerre contre la terre quelques années plus tôt. Cette nouvelle mélange sport et politique, montrant que l'on peut parfois régler un conflit de manière plus pacifiste qu'on le pense. Je dois dire que j'ai eu un peu de mal à suivre les parties match de celle-ci, n'y connaissant pas grand chose au football américain mais comme elle met l'accent sur la partie politique que cela entraine, ce n'est pas forcément très gênant. Une nouvelle intelligente avec un peu d'humour (ce qui n'est pas fréquent dans ce recueil).

La sortie de San Breta :
 Cette fois, nous voici dans un futur proche, du moins de la date à laquelle la nouvelle fut écrite, puisque nous sommes dans les années 90. Les voitures sont devenues désuètes, remplacée par les hélicoptères, les aéroglisseurs et les systèmes anti-G personnels. Pourtant, il reste quelques passionnés et nous allons en suivre un. Alors qu'il roule sur une autoroute encore en parfait état (malgré dix ans d'abandon), il va croiser une autre voiture avec laquelle il aura un accident. Mais voilà, lorsqu'il revient sur les lieux, sa voiture n'a rien et l'autre n'y est pas. De plus la si parfaite autoroute se révèle être dans un état lamentable. Il apprendra par la suite qu'il a eu affaire à une voiture fantôme. J'ai trouvé fort dommage que l'on apprenne justement ce fait, la nouvelle y perd beaucoup. Un peu de mystère n'y aurait pas fait de mal, surtout que le lecteur se doute fortement du fait que la voiture soit fantôme. La sortie de San Breta est la nouvelle qui m'a le moins plu du recueil, à cause de cela.

Diaporama :
  Becker est commandant de vaisseau pour l'entreprise ESPACE. Malheureusement pour lui, il ne fait plus partie de l'équipage et a été muté au département pub pour faire la promotion de l'entreprise et récolter des fonds. Sauf qu'il ne rêve que de retourner dans l'espace. Forcément, il est aigri et cela se ressent. Mais il fait son boulot avec tout le professionnalisme qu'on lui demande. Durant une présentation, il va se confronter à un autre récolteur de fond, un médecin. Leur confrontation ne dure finalement pas longtemps dans la nouvelle et pourtant, elle est la partie la plus intéressante de cela-ci, mêlant rêves brisés et espoir pour l'humanité.

Chanson pour Lya :
  La nouvelle, presque une novella qui donne le nom à ce recueil. Sur Ch'kea, les hommes se tournent peu à peu vers la religion des indigènes; le Culte de l'Union, que la plupart assimile à un suicide. Le nouvel administrateur humain fait appel à deux Talents, des gens ayant des pouvoirs psy pour enquêter sur ce phénomène, Robb, capable de lire les émotions et Lya, capable de lire les pensées. Ils vont donc mener l'enquête et découvrir ce qu'il se passe vraiment lorsque les adeptes Adhèrent au Culte. C'est une très belle nouvelle, qui parle d'amour mais surtout de la solitude des êtres. Car même si on aime quelqu'un, on ne peut le connaitre parfaite, fusionner avec lui pour ne faire plus qu'un. L'Union Finale du Culte semble être la solution à cela, et pourtant, on en vient à se demander si c'est la bonne solution, s'il n'y a pas autre chose.


Pour conclure, je dois avouer que j'ai plutôt apprécié le recueil, même si j'ai souvent trouvé que Martin ne laisse souvent pas de place au mystère et que ses fins sont trop rapides et explicatives. J'ai apprécié le cynisme que l'on retrouve régulièrement, sa façon de voir l'humanité à travers ses textes, pas toujours de la belle manière, mais souvent réaliste (je crois que c'est cela qui peut faire peur d'ailleurs dans le recueil). Chanson pour Lya et autres nouvelles est un recueil intéressant, surtout pour qui veut découvrir Martin autrement (le succès du Trône de Fer semble vouloir le cantonner à la fantasy alors que franchement, il est tout aussi bon dans les autres genres SFFF)

mercredi 19 novembre 2014

L'Ange de la Nuit, Intégrale, Brent Weeks

Je n'ai pas lu d'histoire d'assassin en Fantasy depuis l'Assassin Royal. Par peur de ne tomber que sur une pâle copie, un héros qui ressemblerait trop à Fitz. Et puis, je me suis dis que flute, il était temps de passer au dessus de tout ça.

L'Ange de la Nuit, Intégrale, Brent Weeks

Editeur : Bragelonne/Milady 
Collection : Intégrale
Année de parution : 2014 pour l'intégrale
Titre en VO : The Night Angel Trilogy
Année de parution en VO : 2008 (pour les trois tomes d'ailleurs, je suis étonnée là...)
Format : epub

A lire si :
- Vous voulez de l'assassin
- Vous voulez du complot dans tous les sens
- Vous aimez suivre plusieurs personnages en même temps

A ne pas lire si :
- Vous voulez un héros tout gentils


Présentation de l'éditeur : 

Le tueur parfait n'a pas d'amis, il n'a que des cibles. 
Pour Durzo Blint, l'assassinat est un art et il est l'artiste le plus accompli de la cité, grâce à des talents secrets hérités de la nuit des temps.
Pour Azoth, survivre est une lutte de tous les instant. Le petit rat de guilde a appris à juger les gens d'un seul coup d’œil et à prendre des risques - comme proposer à Durzo Blint de devenir son apprenti.
Mais pour être accepté, il doit commencer par abandonner son ancienne vie, changer d'identité, aborder un monde d'intrigues politiques, d'effroyable dangers et de magies étranges, et sacrifier ce qui lui est le plus précieux.

Mon avis

Il m'aura fallu dix ans pour passer à autre chose. Oublier - un peu - l'Assassin Royal et enfin lire une autre saga d'assassin. Et lorsque j'ai commencé à lire le premier tome de l'intégrale, La Voix des Ombres, je me suis rapidement dit que franchement, dix ans avant de relire une saga avec ce genre de héros, c'était tout de même bien long. Surtout que dès ce tome, j'ai trouvé quasiment tout ce que j'apprécie dans la ce genre là de fantasy.

Ça commence par un univers assez vaste, même si le premier tome se concentre surtout sur la ville de Cénaria. Il faudra attendre Le Choix des Ombres, le second tome, pour s'en éloigner et à partir de là, nous allons découvrir quasiment tout le monde créé par l'auteur. Et il n'est pas petit. Bien sur, la quasi totalité de l'action se déroule tout de même à Cénaria, et j'ai parfois trouver cela dommage, surtout lorsque nous découvrons Khalidor ou encore le Chantry. Il n'y a pas que géographiquement parlant que l'univers est vaste et plutôt bien foutu. Que se soit au niveau des religions (plutôt diverses et variés, même si certaines sont stéréotypées) ou politique (je vais en reparler), on a affaire à diverses visions, rendant tout cela encore plus plausible. Et franchement, j'apprécie tout particulièrement ce genre de chose.

Ensuite, il y a l'histoire. Même si on part d'abord sur un tome initiatique, qui nous permet par la même occasion de nous familiariser avec tous les aspects géographique, politique, religion et j'en passe de l'histoire, on dépasse rapidement tout cela pour entrer dans le vif du sujet. D'ailleurs, autant le dire de suite, la moindre information, même la plus insignifiante dans un dialogue, est importante pour chaque tome. Même ce qu'il a pu se passer au tout début. L'enchainement des actions et réactions donnent toujours un résultat et rien n'est laissé au hasard. Et ça, franchement, c'est juste génial (surtout quand on lit tous les tomes à la suite les uns des autres). Je me suis régalée à voir comment certaines choses fournies comme ça, qui semblaient sans importance, étaient en fait capitale pour la suite. Outre cela, il y a aussi l'aspect politique. Brent Weeks, avec ses guerres qui jalonnent les trois tomes, auraient pu nous offrir des batailles épiques, un héros qui mènerait l'armée "gentille" à la victoire. A la place, il a préféré faire agir les hommes et femmes (et elles tiennent une bonne place ces dames) de l'ombre pour gagner cette guerre. Même si nous assistons à de grandes et belles batailles, nous allons surtout voir les guerres de pouvoir entre le Sa'Kague (la mafia locale), les divers rois et reines, mais aussi les écoles de magies. A coup de complot, d'assassinat et de non-dit, l'histoire va se faire et se defaire pour arriver à la bataille finale. Bataille finale qui n'épargnera pas grand monde, d'ailleurs.

Et c'est donc là qu'interviennent les personnages. Le premier, c'est Kylar, notre héros. Je dois avouer que j'ai un gros faible pour lui. Simple orphelin, rat de guilde martyrisé par le poing de celle-ci, il va devenir l'apprenti de Blint pour échapper à un destin plutôt funeste. Mais cela a un prix et il va le payer dès le départ, avec en premier lieu, l'interdiction de revoir tout ce qui lui était cher (interdiction qu'il va bien sur contourner). En grandissant, il va de plus en plus s'opposer à son maitre, jusqu'à l'invasion Khalidorienne. A partir de là, Kylar va essayer d'échapper une nouvelle fois à son destin et devenir l'Ange de la Nuit, un personnage de légende. Le caractère du jeune homme va s'affirmer, il va murir et finir par devenir ce qu'il a toujours été. Son évolution ne se fait pas tranquillement, il va affronter les pires épreuves et n'en sortira pas toujours au mieux. Et surtout, surtout, il n'est pas le gentil petit assassin qui va se repentir pour devenir bon. Ensuite, il y a Logan, fils du duc Gyre, à l’âme noble. J'ai eu du mal avec lui dans le premier tome, trop gentil, trop noble, l'inverse total de Kylar en fait. Et puis, à partir du second tome, il va gagner en nuance et devenir un personnage comme je l'ai apprécié, même s'il gardera tout le long son côté gentils. Niveaux femmes, nous avons d'abord Mamma K, maitresse des plaisirs du Sa'Kague (et bien plus encore, mais ça, je vous le laisse découvrir). Cette femme est la plus puissante de la ville, elle contrôle la pègre et même pas mal de noble. Elle sait tirer son épingle du jeu en toute situation et est aussi intelligente que belle et froide. Un personnage tout en nuance. Ensuite, il y a Vi, une pisse-culotte, comme Kylar. Je crois qu'elle est le personnage qui évolue le plus de toute l'histoire. Vi est puissante, dans tous les sens du terme. Elle va passer de pisse-culotte qui n'aime rien ni personne à un personnage torturé par sa vie, par l'amour qu'elle va porter à Kylar, par celui qu'elle aura pour Elène, sa rivale dans le coeur du jeune homme et surtout par la prise de conscience de qui elle est réellement. Au final, elle sera juste parfaite. Et puis, il y a donc Elène, avec qui j'ai eu du mal aussi. Elène, c'est le pendant féminin de Logan (comme Mamma K est celui de Blint et Vi celui de Kylar) et elle va le rester pendant très longtemps. Pourtant, elle n'en reste pas moins une femme forte et intelligente et petit à petit, j'ai aussi appris à l'aimer. Les personnages secondaires ne sont pas en reste, aucun n'est là pour faire joli, chacun d'eux a une place bien défini et il en va de même pour leur personnalité.

Alors forcement, l'alliance de tout cela a fait que j'ai eu beaucoup de mal à décrocher de ma lecture, à tel point que j'en ai oublié ma lecture papier. La saga est prenante, il n'y a pas à dire. Elle souffre pourtant de quelques défauts. Le premier qui pourra perturber pas mal de monde, c'est qu'elle semble un peu "brouillonne". Elle part rapidement en tout sens, suivant les divers personnages et on se demande souvent où cela va nous mener, cela se remarque d'ailleurs particulièrement dans le troisième tome, Au delà des Ombres. Pourtant, ce n'est pas du tout le cas, puisque tout se regroupe à un moment ou à un autre. Ensuite, oui, il y a quelques stéréotypes fantasy dedans. L'assassin orphelin, les prophéties, le héros des temps anciens, l'artefact de légende... Et pourtant, ils ne sont pas si gênant que cela, parce que souvent détournés. Mais on va pardonner à l'auteur, après tout, c'est son premier roman. 

Bragelonne dans la partie présentation, décrit ce livre comme un mélange de Robin Hobb, de David Gemmel et de Scott Lynch. Pour avoir lu les trois, je suis presque d'accord avec eux, et c'est aussi pour c'est raison, ayant plus qu'aimer l'Assassin Royal, les Salauds Gentilhommes ou encore les livres de Gemmel, que j'ai apprécié, que dis-je aimer, suivre les aventures de Kylar. Pourtant, l'Ange de la Nuit n'a au final, que quelques points communs avec ses ainés et sort plutôt bien son épingle du jeu.

Pour finir, un petit comparatif entre l'Assassin et l'Ange de la nuit par ici, écrit alors que j'en étais à la moitié du premier tome.