lundi 11 septembre 2017

Comment Blandin fut perdu, Jean-Philippe Jaworsky

Je ne me suis pas promenée dans le Vieux Royaume depuis novembre 2015 avec ma lecture de Janua Vera. Il était temps que j'y retourne, surtout que l'auteur y retourne quelques fois avec un certain nombre de nouvelles.

Comment Blandin fut perdu, Jean-Philippe Jaworsky

Editeur : Folio
Collection : 2€
Année de parution : 2016
Nombre de pages : 144

A lire si :
- Vous aimez les longues nouvelles
- Vous connaissez déjà le Vieux Royame

A ne pas lire si :
- Vous voulez quelque chose de long

Présentation de l'éditeur :

Pour avoir dessiné encore et encore, avec un talent ensorcelant, le visage de madone d’une jeune moniale aux yeux verts, le novice Blandin est chassé du monastère de Havreval. Le jeune enlumineur entame alors sur les routes du Vieux Royaume son apprentissage auprès d’Albinello, talentueux peintre sur fresque itinérant. Blandin dépassera-t-il son obsession amoureuse? Et l’élève surpassera-t-il le maître?

Mon avis

Il ne faut jamais croire les titres et les quatrièmes de couverture. Ce bouquin ne contient pas juste l'histoire de Blandin. En réalité, il s'agit d'un petit recueil. Petit autant par la taille que par le nombre de nouvelles, puisqu'elles ne sont que deux. Elles ne sont pas petites, puisque la première fait presque 60 pages et la seconde une vingtaine de plus.

La première, Montefellóne  nous entraine à la frontière entre Leomance et le territoire de la toute jeune république de Ciudala. Nous voilà donc devant Montefellóne, ville assiégée par les armes du Duc D'Arches. Oui, nous allons assisté à un siège, donc, cela du côté du Duc D'Arches et donc de l'armée de Leomance.

Comme à son habitude, Jean-Philippe Jaworski nous entraîne avec lui dans un récit au vocabulaire parfaitement maîtrisé. Alors, ça peut faire peur à certain. Mais en réalité pas du tout. Jaworski est un maître des mots, des phrases mais ne va pas du tout nous prendre la tête avec des tournures trop complexes. Et grâce à cette maîtrise, on entre réellement dans le siège et dans la tête du duc.

L'action est assez réduite, dut au format mais aussi au fait que ce soit un siège et qu'il faut bien avouer que les sièges, ça peut être un peu barbant (même si c'est Gemmel qui l'écrit, c'est barbant un siège). Et pourtant, je me suis vraiment retrouvée là-dedans. Et ça, c'est quelque chose que j'adore avec Jaworski, c'est vraiment de pouvoir entrer dans l'action avec des descriptions ultra détaillées sans être ennuyantes (Tolkien pouvait être ennuyeux, mais vraiment quand il détaille les préparatifs de la fête d'anniversaire de Bilbo...). Et ici, vraiment, c'est parfait. On retrouve des descriptions géniales sans être ultra violente des batailles, des batailles sympathiques et un personnage principal qui est vraiment bien à suivre. Seul bémol, la fin ne m'a pas surprise, mais du tout.

La seconde nouvelle donne donc son nom au petit recueil. Elle est assez éloignée de la première puisqu'ici pas de bataille, pas de siège. Comment Blandin fut perdu ressemble à un conte. Alors qu'un groupe de voyageur fait halte, l'un d'eux va raconter l'histoire de son apprenti, le jeune Blandin. Je ne vous résumais pas l'histoire, sachant que finalement, la quatrième de couverture le fait très bien (et c'est assez rare pour être signaler).

J'ai beaucoup aimé ce conte et surtout son petit univers, celui des peintres itinérants. Il faut dire que Jaworski ne maîtrise pas que le vocabulaire guerrier mais aussi celui de cet ancien métier. Qu'il est agréable de découvrir des techniques que je ne connaissais pas du tout. Tout cela m'a semblé tellement mais tellement vivant. J'ai vraiment adoré me plonger dans la réalisation des fresques avec Albinello et Blandin. J'ai aussi beaucoup aimé l'histoire de fond. Ce jeune homme obsédé par son premier amour à tel point que, pour ne pas l'oublier, il va la peindre partout, tout le temps. Les affres de Blandin sont retranscrit d'une manière assez douce amère par son maitre, Albinello, qui a bien du mal à le comprendre. Et ici, la fin m'a surprise, pour de vrai. Je ne m'y attendais pas vraiment et je ressors de cette lecture encore plus intriguée que lorsque j'ai pu la commencer.

Au final, j'ai donc passé un très très bon moment avec ce petit recueil. Comme toujours, je suis admirative de l'écriture de Jaworski. Sa maîtrise du vocabulaire et ses histoires passionnantes font que je pourrais me plonger mainte et mainte fois dans ses romans et nouvelles. Elles ont un côté ultra vivant que j'apprécie beaucoup et cela même avec des descriptions parfois un peu longue des actions. Pour moi, c'est vraiment ce qui fait le charme des récits du Vieux Royaume, un côté un peu suranné contrebalancé par des histoires prenantes. 


dimanche 10 septembre 2017

L'Epée Enchantée, La Romance de Ténébreuse, Marion Zimmer Bradley

Récemment, j'ai récupéré quelques tomes solo de la Romance de Ténébreuse. Adieu donc pour le moment les intégrales (ma bibliothèque n'est pas vraiment contente..., nous n'aimons pas quand je dépareilles les collections...). Je continue tout de même dans l'ordre des dites intégrales, histoire de ne pas trop me perdre.

L'Epée Enchantée, La Romance de Ténébreuse, Marion Zimmer Bradley

Editeur : Pocket
Collection : Science-fantasy
Année de parution : 1988
Titre en Vo :Darkover, Against the Terrans : The First Age, book 2 : The Spell Sword
Année de parution en VO : 1974
Nombre de pages : 217

A lire si :
- Vous voulez continuez la romance de Ténébreuse
- Vous aimez le mélange Sf/Fantasy

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas les demoiselles en détresse
- Vous voulez des héroïnes

Présentation de l'éditeur :

Andrew Carr rêvait de trouver un monde où quelqu'un l'attendrait. C'est sur Ténébreuse qu'il entend l'appel, qu'il voit l'image de cette fille aux cheveux de feu : Callista. Elle-même est enfermée dans un lieu obscur. Où ? Elle n'en sait rien. Elle a lancé l'appel, et c'est Andrew qui l'a reçu. Leurs esprits s'unissent dans un déferlement d'intime tendresse. Alors il part en quête de la prisonnière -infiniment lointaine, infiniment proche de lui. Un jour, il retrouve ses parents : ils la cherchent à tous les niveaux de réalité, impuissants à rentrer en contact avec son esprit malgré leurs pouvoirs psi. Surpris qu'un Terrien ait reçu son appel ; ils choisissent de lui faire confiance. Ensemble, ils affronteront l'invasion des cruels hommes-chats, experts à lacérer les âmes. Mais qui trouvera l'abîme où est plongée Callista la très belle ?

Mon avis

L'épée Enchantée fait partie de ce qu'en France on a nommé l'Age de Damon Ridenow. Plus largement, comme l'intégrale trois, il fait partie de la Redécouverte. Les divers tomes de cet âge de Damon Ridenow semble se passer presque en même temps que les tomes des Renonçantes de la troisième intégrale. Voilà pour la situation temporelle de l'Epée Enchantée. Une situation qui n'est pas du tout pour l'aider, surtout en suivant l'ordre des intégrales. Je vais vous expliquer ça plus tard.

Andrew Carr est un terrien qui, suite à une entrevue avec une voyante Ténébrane, décide de rester sur la planète. Il fait partie d'une expédition cartographie lorsque son avion s'écrase. Seul survivant, blessé, il ne va pas tarder à suivre les autres membres dans les enfers de Zandru.  C'était du moins sans compter la présence d'une jeune femme fantomatique qui va le conduire jusqu'à Armida. Entre temps, nous suivons aussi Damon Ridenow, appelle par sa parente Ellemir à la rescousse après l'enlever de la jumelle de celle-ci, Callista. C'est donc le sauvetage de Callista que relate l'Epée Enchantée.

Un sauvetage qui ne m'a absolument pas enthousiasmé. Déjà parce qu'après le cycle des Renonçantes, je trouve ce tome-là particulièrement peu tourné vers les personnages féminins. Les hommes prennent une place particulièrement importante et voilà les deux jumelles reléguées à des rôles bien secondaire. Tout l'inverse en fait des Renonçantes. Je me demande ce qui fait cette différence ? Le fait que l'Epée Enchantée est été écrit avant les Renonçantes ? Je suppose que cela peut être un élément de réponse. Il n'empêche, que trop habituée à voir les femmes ne pas se laisser faire, Ellemir et Callista m'ont paru bien fades.

Elles n'ont d'ailleurs pas été les seules à être fades pour moi. Et c'est bien là le plus gros problème de ce premier tome de l'Âge de Damon Ridenow, aucun personnage n'a trouvé grâce à mes yeux. Mais vraiment aucun. Andrew aurait pu être sympa jusqu'à ce qu'il devienne crétin en découvrant qu'il a eu le coup de foudre pour Callista, Damon est lâche qui ne fait pas grand chose et il n'est intéressant qu'au moment où son esprit est occupé par son futur beau-père, Dom Esteban. Les filles sont effacées, ne servent pas à grand chose, Dom Esteban est le stéréotype du barbare guerrier. Bref, rien ne m'a plu. Et c'est bien la première fois que cela m'arrive avec un Zimmer Bradley.

Quant à l'histoire, ben, là aussi, j'ai connu bien mieux. Vraiment. C'est dommage parce qu'elle avait un fort potentiel cette histoire, surtout concernant l'apparition de pouvoirs psychique chez Andrew. Mais non, je n'ai pas réussi à m'y intéresser et cela à cause des personnages. Ils sont réellement le point faible de ce roman pour moi (et ils seront aussi dans le tome suivant... je crains le pire du coup).

Au final, pour moi, ce tome-là de Ténébreuse est le premier que je n'ai pas du tout apprécié. Je l'ai lu parce qu'il est court et que ça m'embête quand même un peu de rater un des tomes de la série. Surtout qu'il semble avoir une petite importance tout de même pour la suite. Mais voilà, il n'est pas du tout passé avec moi. J'espère que la suite sera bien mieux.


lundi 4 septembre 2017

Un pont sur la Brume, Kij Johnson

Parce que je suis fan des couvertures d'Aurélien Police et que ma première incursion dans la collection une heure lumière m'avait plu, je me suis lancée dans cette novella dont je ne connaissais pas l'autrice mais dont on m'avait dit que du bien. Alors, ça donne quoi ?

Un pont sur la Brume, Kij Johnson

Editeur : Le Bélial'
Collection : Une heure lumière
Année de parution : 2016
Titre en VO : The Man Who Bridged the Mist
Année de parution en VO : 2011
Nombre de pages : 138

A lire si : 
- Vous voulez une aventure humaine
- Vous aimez lorsque les personnages sont creusés
- Vous voulez une ambiance calme et sereine

A ne pas lire si : 
- Vous voulez de la baston
- Vous n'aimez pas le calme

Présentation de l'éditeur : 

Kit Meinem d’Atyar est peut-être le plus doué des architectes de l’Empire. Peut-être… et tant mieux. Car il lui faudra convoquer toutes ses compétences, l’ensemble de son savoir pour mener à bien la plus fabuleuse qui soit, l’œuvre d’une vie: un pont sur le fleuve de brume qui de tout temps a coupé l’Empire en deux. Un ouvrage d’art de quatre cent mètres au-dessus de l’incommensurable, cette brume mortelle, insondable, corrosive et peuplée par les Géants, des créatures indicibles dont on ne sait qu’une chose : leur extrême dangerosité… Par-delà le pont… l’abîme, et pour Kit une aventure humaine exceptionnelle.

Mon avis

Je ne savais pas trop à quoi m'attendre avec ce Pont sur la Brume. La quatrième de couverture était alléchante, la couverture aussi (mon amour pour les couvertures d'Aurelien Police me ferait faire n'importe quoi). Le format, un court roman me faisait dire que de toute façon, si je n'aimais pas, je ne perdrais pas non plus trop de temps avec. Bon, en réalité, j'ai râlé finalement qu'il ne fasse que 138 pages. 

Kit Meinem est architecte pour l'Empire. Il se voit confier la construction d'un pont sur le fleuve de brume, premier édifice qui permettra de relier les deux parties de l'Empire. Nous allons le suivre du moment où il pose le pieds sur le chantier jusqu'à celui où le pont sera inauguré. Soit cinq années. Or en cinq ans, il se passe beaucoup de chose, surtout sur le plan humain.

Ne vous attendez pas à de l'action, des accidents en voulez vous en voilà. Ici, l'autrice ne fait pas dans le gros sensationnel, ni dans les effets spéciaux. Non, elle se concentre sur son personnage, Kit Meinem et sur les personnes qu'il va rencontrer tout le long de son périple. Car oui, c'est un périple que de construire un pont. Un périple humain surtout. Et c'est là tout l'interet de ce court roman. Les rapports entre l'architecte et les gens dont il va d'une manière ou d'une autre changer la vie.

Les rapports entre Kit et les habitants de Proche et Loinville sont étudiés avec soin, sans en faire trop. Il est celui qui va leur apporter le changement. Il n'y aura plus à craindre de traverser le fleuve de brume avec les bacs. Les deux villages vont s'en trouver changer, d'une manière ou d'une autre. L'afflux de monde pour la construction puis pour le passage entre les deux rives après la construction. Si pour la plupart des habitants, tout cela semble fort bien, ce n'est pas le cas pour une famille de Loinville, les Bac, qui comme leur nom l'indique, pilote les bacs permettant le passage.

Ainsi les vies de Rasali et de son neveu Valo vont se trouver entremêler à celle de Kit. Et c'est particulièrement bien fait. D'ailleurs, ce sont ces amitiés qui vont ponctuer le roman. De biens belles amitiés d'ailleurs. Si avec Rasali, on sent très rapidement qu'il se passera surement quelque chose, la relation avec Valo m'a semblé un petit plus intéressante. Le jeune homme ne voit pas d'un bon oeil le pont au départ. Il changera au fur et à mesure. Il ne sera pas le seul à changer. Kit aussi. D'ailleurs, il est le seul dont on voit l'évolution depuis avant le pont. 

On s'attache réellement au personnage de Kit Meinem. J'ai aimé le suivre dans ses doutes, nombreux, ses peines, mais aussi ses joies et ses réussites. Kij Johnson a vraiment réussi à créer un personnage vivant, avec ses défauts et ses qualités sans en faire trop. D'ailleurs, il en va de même avec les autres personnages que nous découvrons. Et il n'y a pas que les personnages qui sont réussi. Toute l'histoire l'est. Bien que cinq années soient condensées en 138 pages, on ressent bien le passage du temps et les diverses avancées des travaux. Et puis, le texte est doux. Je ne sais comment le dire autrement. J'ai ressenti une certaine sérénité en le lissant. C'est assez compliqué à décrire en fait.

Au final, j'ai donc beaucoup apprécié ce texte qui parle de construction, à la fois matériel et humaine. Je l'ai trouvé frais dans une production littéraire SFFF qui essaie toujours de faire plus que l'autre. C'est doux, c'est beau, ça se lit non pas d'une traite mais en profitant de chaque pages. Je dois bien dire que j'aimerais tomber sur plus de romans comme celui-ci. Pas d'ennemis, pas de bataille, juste la vie. Bref, un coup de coeur.

dimanche 3 septembre 2017

Le Vol du Dragon, La Ballade de Pern, Tome 1, Anne McCaffrey

Je me lance enfin dans la Ballade de Pern, une saga qui je voulais depuis très longtemps. Il me semble que j'en ai entendu parlé en même temps que la Romance de Ténébreuse, lorsque j'avais une quinzaine d'année, peut-être moins. Il était plus que temps que je commence !

Le Vol du Dragon, La Ballade de Pern, Tome 1, Anne McCaffrey

Editeur : Pocket
Collection: Science-fantasy
Année de parution : 1989
Titre en VO :Dragonriders of Pern, book 01: Dragonflight
Année de parution en VO : 1968
Nombre de pages: 310

A lire si :
- Vous voulez une saga mais dont les tomes ne sont pas forcément des suites.
- Vous voulez de la SF et de la fantasy en même temps.
- Vous voulez des dragons

A ne pas lire si :
- Vous aimez les grandes et longues descriptions
- Vous n'aimez pas les têtes à claques

Présentation de l'éditeur :

Tout est calme en tous lieux sur la planète Pern.Les terrifiantes incursions des Fils argentés ont cessé depuis des temps immémoriaux. Les habitants ne savent plus pourquoi ils vivent dans des grottes et versent la dîme aux chevaliers-dragons. On ne croit plus les mythes relatifs à leurs folles chevauchées sur les grands dragons télépathes et à leur lutte d'éclat contre les redoutables Fils, qui anéantissaient toute vie organique. Les dragons deviennent rares dans le ciel de Pern.Mais le chevalier F'lar, maître du dragon Mnementh, se remet à étudier les vieilles légendes. L'Etoile Rouge se rapproche. Bientôt les Fils se remettront à tomber. Sur Pern il faut organiser la défense, et pour commencer rendre à la race des dragons son antique fécondité. Une nouvelle Reine va naître. Il faut une fille énergique pour la chevaucher. Où trouver celle en qui survit le don ancestral ?

Mon avis

Comme l'autre grande saga de Science Fantasy écrite par une femme, j'ai nommée la Romance de Ténébreuse connue de ceux qui viennent par ici (et dont je reparlerais bientôt puisque je me plonge à nouveau dans l'univers de Zimmer Bradley), La Ballade de Pern mêle sans vergogne SF et Fantasy. Et comme Ténébreuse, l'ordre de lecture peut être différent. J'en parle dès maintenant. Pour Ténébreuse, j'ai choisi l'ordre de l'histoire (et plus particulièrement celui des intégrales à la base). Pour Pern, et suivant les conseils de lecture de Vert et donc de suivre l'ordre de parution des tomes. Il parait que c'est mieux pour une première lecture et de toute façon, ayant récupérer pas mal de livres de Pern anciens (pas les intégrales donc, que j'achèterais pourtant surement pour compléter les livres que je n'ai pas...), je peux me permettre de les lire comme j'en ai envie. Bref, cela étant dit, je vais m'arrêter de comparer deux minutes Ténébreuse à Pern et à parler d'ordre de lecture pour entrer dans le vif du sujet, ce premier tome de la Ballade de Pern.

Ce premier tome nous entraine directement sur Pern, planète ressemblant à notre Terre mais dont les ressources sont bien moindres. Pern est un monde à l'aspect très médiéval, pastoral aussi. Ici, peu de technologie. Rapidement, le lecteur apprend que Pern est régulièrement menacé par la Chute des Fils, venant d'un planétoïde passant dans son orbite toutes les deux cents révolutions environs. Mais voilà, au moment où notre histoire commence, cela fait quatre cent révolution que la Chute n'a pas eu lieu. Depuis tout ce temps, beaucoup ont fini par croire que cela n'arriverait plus...

Ainsi dans les Forts, on ne fait plus attention aux vieilles traditions, on oublie volontairement la dîme envers les Chevaliers-Dragons, seuls à pouvoir contrer les Fils. D'ailleurs, sur six Weyrs (bastion où se vivent les Chevaliers-Dragons et leurs Dragons), il n'en existe plus qu'un. Or sa reine dragon vient de mourrir. Commence alors la Quête pour trouver la future Dame du Weyr qui sera associé à la nouvelle reine encore à naitre. Commence alors pour nous l'histoire de la Ballade de Pern.

Le Vol du Dragon est un tome d'introduction. Autant au monde de Pern lui-même qu'à l'un des plus importants cycles dans le cycle. Et je trouve qu'il est très bien pour se mettre en bouche. Est-ce parce que justement il a été le premier tome écrit par McCaffrey ? C'est plus que probable. Je me demande d'ailleurs comment les auteurs de ce genre de cycle où les tomes semblent ne pas réellement se suivre dans le temps font pour imaginer tout cela. Mais bref, passons à la suite.

Tout commence avec l'apparition dans le ciel de Ruatha de l'Etoile Rouge, annonciatrice du retour des Fils. Mais personne, si ce n'est la jeune Lessa, n'y prend garde. En même temps, commence pour le Weyr de Benden la Quête qui lui permettra de trouver sa nouvelle Dame du Weyr. Nous voilà donc à faire la connaissance de Lessa, héritière de Ruatha dont le Fort familial a été attaqué il y a une dizaine de révolution et dont toute la famille fut décimée, et de F'Lar, chevalier-dragon, seul à croire au retour de la Chute des Fils. Les deux seront le fils conducteur du Vol du Dragon. 

Anne McCaffrey commence sa Ballade de manière finalement assez classique côté fantasy. On trouve d'ailleurs peu de SF dans ce tome-ci, je pense que la dénomination de Science Fantasy est venu par la suite (j'en reviens à Ténébreuse qui dès le premier roman (projet Jason, pas encore lu) pouvait être classée comme telle). Une jeune femme qui se retrouve être élue sans le vouloir, un chevalier... Tout cela aurait pu être très mais alors très stéréotypé. Or, ce n'est pas le cas. Rapidement les enjeux dépassent largement ce qui aurait presque pu faire un conte de fée. Car le danger est bien présent. Et si on ne trouve pas de "vrais" méchant (si ce n'est les fils), l'histoire est remplie de tensions. De plus, l'autrice ne rendre pas dans les détails insignifiants. Elle va droit ) son but, parfois de manière un peu trop abrupte. Ce qui fait que malgré la densité de ce qu'il se passe, le livre en lui-même ne fait que 310 pages, chose qu'on aurait du mal à trouver de nos jours. Pour ma part, j'apprécie grandement cela. Des romans courts mais efficaces.

Efficaces, effectivement, mais pas sans défaut par contre. Le premier pour moi ce sont les personnages. Si Lessa et F'Lar sont fort sympathiques à suivre, ils sont peut-être les seuls à l'être. McCaffrey ne s'attardent pas vraiment sur les autres et réussit presque à les rendre tous semblables. Heureusement le caractère de son couple principal gomme ce défaut-là (faut pouvoir se les faire les deux...). Autre chose, le coté parfois un peu trop je m'attarde sur un truc qui semble ne pas du tout avoir d'importance et je passe en deux lignes même pas sur quelque chose qui en a réellement. Disons que parfois, l'autrice va bien trop vite pour moi. Je lui trouve aussi parfois des accents un peu trop "adolescent". Disons que la saga peut être lu par les plus jeunes mais que certains passages sont décidément sombre et bien plus adultes (l'accouplement des dragons par exemple... et ce qu'il en découle côté humain). 

Mais autant le dire, ce ne sont pas ces petits défauts qui m'ont empêcher d'adorer cette lecture. Parce que vraiment, l'univers de Pern, cette première vision de cet univers, m'a beaucoup plu. Je ne sais pas si c'est le côté médiéval, les dragons, Lessa et F'Lar ou alors le côté un peu trop utopiste du livre (tout le monde s'entraide sans se poser de questions, c'est assez rare dans un roman, voire même dans la vie), mais je veux vraiment en découvrir plus sur Pern. A tel point que j'ai failli enchainé direct avec la suite, La Quête du Dragon (finalement, j'ai préféré attendre un peu et me relancer dans Ténébreuse...).

En conclusion, voilà un début de cycle plaisant qui donne envie de lire la suite. J'ai adoré l'univers de Pern, son système, sa mythologie que nous ne faisons qu'effleurer pour l'instant, ses dragons et les personnages qui peuplent ce premier livre. J'ai hâte de voir où tout cela va me mener et de connaitre ce qu'il a pu se passer avant et après ce tome-là. 

mardi 29 août 2017

A gauche après l'Asile, intégrale saison 1, Jessie

Le premier épisode d'A gauche après l'asile m'avait fait forte impression. Alors quand Walrus a aussi mis l'intégrale dans son OPMORSE, je l'ai récupéré. Et je l'ai rapidement lu aussi d'ailleurs.

A gauche après l'Asile, intégrale saison 1, Jessie

Editeur : Walrus
Collection : pulp
Année de parution : 2017
Format : epub

A lire si : 
- Vous voulez du déjanté
- Vous voulez une enquête
- Vous voulez une héroine qui n'a pas la langue dans sa poche

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas Lovecraft
- Vous voulez du calme et de la sérénité.

Présentation de l'éditeur : 

 Comment décrire l’indescriptible ? Il se passe beaucoup de choses à Arkham, ce qui n’est pas pour déplaire à Casey Bolton, détective privée de l’occulte à la tête d’une agence qui se voit confier d’étranges enquêtes. Entourée de curieux spécimens plus ou moins aptes à mener à bien les noirs desseins des Grands Anciens, la jeune femme doit démêler d’extravagantes affaires... sans jamais perdre son style (tout le reste pourra être négocié).
À ceux qui ont toujours su que Lovecraft n’était pas devenu fou pour rien, ce livre va vous donner raison : aucune chance que vous sortiez indemne de la lecture des aventures de Casey Bolton. Les éditeurs et surveillants du Walrus Institute déclinent quant à eux toute responsabilité concernant la perte de vos points de santé mentale, mais s’engagent à prodiguer les meilleurs soins à Jessie, l’auteure de cette truculente fresque haute en couleur.

Mon avis

J'avais eu une très bonne première impression que A gauche après l'asile. Une série qui prend racine dans l'univers Lovecraftien tout en le faisant oublié par moment pour faire sa propre vie. L'intégrale regroupe donc tous les épisodes, aux nombres de cinq. Ayant déjà lu quelques temps plus tôt le premier, j'ai fait l'impasse sur celui-ci. Je me suis donc lancée direct sur l'épisode deux et les autres.

Et autant le dire, il y a une différence entre ce premier épisode, qui introduit Casey, sa joyeuse bande et les grandes lignes de la série, et les autres. Déjà parce que comme on connait déjà Casey et les autres, il n'y a plus rien pour nous les situer les uns par rapport aux autres. Ensuite, parce qu'on passe d'un tout et n'importe quoi maîtrisé à un énorme tout et n'importe quoi pas forcément toujours maîtrisé. Et en même temps, malgré cette impression, tout cela semble ultra logique vis à vis de l'esprit de Casey, notre narratrice.

En réalité, on se retrouve souvent un peu perdu dans les épisodes. Parce que Casey ne détaille pas grand chose, si ce n'est ses états d'âmes ou l'horreur de certains monstres de manière vraiment amusantes, par contre, elle rapporte toutes les conversations. Parfois un peu trop. Certains épisodes semblent n'être qu'une succession de dialogue, rendant parfois compliqué la vision du lecteur sur l'enquête. Mais en même temps, l'enquête est-elle la chose la plus importante des épisodes, sachant que bien souvent, elles sont résolue de manière totalement improvisée, voire parfois surréalistes. En même temps, c'est aussi ça qu'il y a de génial dans A gauche après l'Asile. Franchement, j'apprécie cet étrange bordel que sont les divers épisodes. Parce qu'il donne la part belle aux personnages.

Déjà lors de ma lecture du premier tome, j'avais mis en avant les personnages, et plus particulièrement Casey Bolton. J'aime toujours autant la narratrice de la série, sa grande gueule qu'elle ferait mieux parfois de fermer, son auto-dérision aussi. J'apprécie tout autant les dialogues entre elle et Xavier, pleins de vacheries, ou ceux avec Shaliyr. Étrangement, j'apprécie moins Amanda, parfois un peu trop parfaite. Quant aux hommes de la troupe, ils se font tout de même assez discrets. Faut dire qu'avec ces dames, il en faut pour réussir à se faire une place. Et puis, elles sont plus souvent en vadrouille qu'eux. Tout ce petit monde me fait finalement penser à un peu tous les gens qu'on peut côtoyer dans la vraie vie. En fait, on se retrouve finalement avec une bande de potes qu'on a pas vraiment envie de laisser. Et ça, ça fait vraiment une différence dans le bouquin. Ce ne sont pas de supers héros à qui tout réussi. Ce sont des gens presque normaux et ça fait du bien.

On retrouve aussi toutes les références à Lovecraft mais pas que. Forcément, quand des œuvres fort connues sont tournées en dérision, j'apprécie beaucoup. Il n'y a pas Casey qui aime la dérision, surtout quand elle est bien amenée. Et comme dans l'épisode un, une écriture rapide, efficace et pleine d'humour. Bref, malgré un aspect qui pourrait sembler un peu brouillon, c'est avec une grande joie que j'ai donc lu l'intégrale de cette saison 1. C'est pas de la grande littérature au sens premier du terme mais qu'est-ce que c'est bon de lire des choses comme ça.



lundi 28 août 2017

Sagesse Geek : les enseignements sacrés, Stephen Segal

Les Opérations Bragelonne me permettent souvent de prendre des livres que je n'aurais pas pris s'il n'était pas autant en promo. Celui-ci en fait parti. Un titre qui pouvait me divertir un moment sans toutefois m’intéressait assez pour le prendre à son prix normal. 

Sagesse Geek : les enseignements sacrés, Stephen Segal

Editeur : Bragelonne
Collection : Geekmemore
Année de parution : 2014
Format : AWZ

A lire si : 
- Vous êtes un geek
- Vous aimez bien quand la philo s'invite dans un autre domaine
- Vous êtes un mâle

A ne pas lire si : 
- Vous voulez quelque chose d'ultra sérieux
- Vous n'avez pas de sens de l'humour

Présentation de l'éditeur : 

Pas de panique ! La peur tue l’esprit. Tout ce qui est or ne brille pas, tous ceux qui errent ne sont pas perdus. La vérité est ailleurs. La première règle du Fight Club est : il est interdit de parler du Fight Club. N’essaie pas. Fais-le. Ou ne le fais pas. Il n’y a pas d’essai. J’adore qu’un pl an se déroule sans accroc. Le gâteau est un mensonge. La cuillère n’existe pas. Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités. La route ? là où on va, on n’a pas besoin de route. Ne Jamais croiser les effluves. Longue vie et prospérité.
Les geeks savent des choses sur la vie, l’univers et le reste que le commun des mortels ignore. Sagesse geek est un recueil de citations extraites de films, séries TV, romans, jeux, Internet… et de bien d’autres sources. Une équipe de nerds purs et durs, venus d’horizons variés, s’est livrée à une exégèse de ces perles de la culture populaire, en poussant à fond les curseurs de leur imagination. Rédigé par des geeks, le présent ouvrage traite des geeks et s’adresse à eux, mais les pensées et paroles qu’il recèle sont d’une profondeur si stupéfiante que le reste du monde serait bien crétin de ne pas le lire. « So say we all. »

Mon avis

Sagesse Geek est un livre qui ne se veut pas vraiment philosophique. L'auteur en a eu l'idée alors qu'on lui demandait qu'elle était sa religion. Il a alors répondu la science-fiction, pour rire. Sauf que l'idée a fait son bout de chemin et qu'il s'est avéré qu'il n'avait pas forcément tord pour pas mal de personnes. Oui, être geek peut être une sorte de religion avec ses textes sacrés. C'est donc sur cette idée qu'est conçu le livre (et ce n'est pas moi qui le dit, c'est l'auteur lui-même dans la préface).

Mais qu'y trouve-t-on ? Et bien l'analyse de certaines phrases cultes pour les geeks de manière qui se veut un peu philosophique et cela dans des parties comme le "moi", "moi et les autres" ou encore "le futur". Ainsi, l'auteur et ses coauteurs cartographie la psyché geek. Du moins, ils essayent. Pour cela, ils prennent donc une phrase culte, la remette dans le contexte de son oeuvre puis l'analyse dans la vie réelle.

Cela donne parfois de bonne surprise. Parfois moins. Je ne suis pas tout à fait sûre que beaucoup d'auteur (de livre ou de script) avait en tête d'aider le geek à faire face à la vie avec certaines punchline. C'était surement plus fait dans l'idée de plaire, de faire rire ou autre. Mais pourquoi pas après tout. On philosophe bien sur Buffy (mais là, il y a du contenu pour). Ici, l’intérêt me parait disons moins intéressant. Je crois surtout que nous avons tous notre manière de voir ces phrases cultes et que se voir "imposer' un modèle m'a moins plus. Je n'ai pas trouvé à réfléchir en lisant Sagesse Geek. Pire, si j'ai parfois un peu souris ou hocher la tête, je me suis globalement ennuyée en lisant le texte.

Est-ce parce qu'il faut moins d'une minute pour lire l'analyse de chaque phrase ? Peut-être. Parce que parfois, l'analyse aurait pu, aurait du, être plus longue. Est-ce parce que le livre s'adresse plus particulièrement au geek mâle ? Surement. Parce qu'étant une femme, je me suis trop souvent retrouvé de l'autre côté de la barrière, vu juste comme l'être qui donne envie mais qu'on n'ose pas aborder. Rien ou presque (une seule phrase pour les geeks femme dans tout le livre) n'est fait dans ce livre pour parler à tous les geeks du monde. Parce que oui, les femmes peuvent aussi l'être et ça, l'auteur (alors qu'il a une coautrice tout de même) semble l'avoir oublier. De même, la définition du geek dans le livre me semble réductrice et pas seulement en terme de sexe. Tous les geeks du monde ne sont pas des accros aux Jeux-Vidéos, au GN ou que sais-je encore. Parfois, le geek du livre devient un nerd voire un nolife. Ce que je trouve du coup dommage, c'est que j'ai eu l'impression d'avoir plus droit à tous les stéréotypes du geek qu'à autre chose. Après, cela a peut-être avoir avec le fait que l'auteur soit américain et que le geek n'est pas le même que chez nous ?

Au final, conceptualiser des phrases que je connais pour certaines par coeur, d'oeuvre que j'aime pour leur ensemble, ne m'a pas tant plus que ça. J'ai trop souvent eu l'impression de ne pas être la cible visée (alors que je peux me considérer comme geek) et d'avoir un livre qui ne va pas au bout des choses. Je suis sûre qu'il devrait plaire à certains, surtout si pris de manière humoristique (ce que j'ai fait pour ma part). Mais ne vous attendez pas à voir votre vision du geek ou du monde geek chamboulé par ce qu'écrit Stephen Segal. C'est amusant, sans plus. 

dimanche 27 août 2017

Les Illusions de Sav-Loar, Manon Fargetton

J'avais vraiment beaucoup aimé l'Héritage des Rois-Passeurs et du coup lorsque j'ai vu que Bragelonne avait inclus les Illusions de Sav-Loar dans sa dernière opération, je l'ai acquis. Et il me confirme que j'adore cet univers !

Les Illusions de Sav-Loar, Manon Fargetton

Editeur : Bragelonne
Collection :  fantasy
Année de parution : 2016
Format : AZW

A lire si :
- Vous voulez de la fantasy féministe
- Vous voulez de la magie
- Vous du voyage

A ne pas lire si :
- Vous n'avez pas encore lu les Rois-Passeurs (spoiler sur celui-ci dans le livre)

Présentation de l'éditeur :

Plusieurs versions de la naissance de Sav-Loar circulent dans le royaume. Toutes racontent comme de jeunes magiciennes poursuivies par les capes d’or se réfugièrent dans la forêt des Songes et y érigèrent une ville secrète. Sans être entièrement fausses, ces légendes sont approximatives, car les fondatrices de cette ville n’avaient rien des adolescentes terrifiées et à peine pubères qu’elles décrivent. Elles étaient des femmes dans la fleur de leur féminité, à l’apogée de leur art, au zénith de leur colère. Elles étaient d’anciens membres du Clos traquées par leurs pairs, ayant assisté au massacre de deux centres d’entre elles par la peur de la différence et la soif de domination. Sav-Loar, le lever de lune, devint le pendant clandestin d’Astria l’éclatante. Ainsi débuta la nuit des magiciens.

Mon avis

Comme je le disais en introduction, j'avais beaucoup aimé l'Héritage des Rois-Passeurs qui, pour pas mal de raisons, changeait de ce que l'on a l'habitude de lire en Fantasy. Parce qu'il faut bien le dire de la fantasy qui se veut féministe on en trouve pas vraiment (je ne compte pas le Guin ou Zimmer Bradley dedans)(j'ai mes raisons, je pourrais un jour vous l'expliquer, mais pas maintenant). Me fait penser que ma question sur twitter à ce sujet est restée lettre morte. Donc qui connait de la fantasy féministe ? Et je peux en trouver où ? (parce que la SF pas de soucis, le fantastique, on en trouve déjà un peu plus mais la fantasy, niet). Et donc je voulais absolument lire les Illusions de Sav-Loar pour retourner dans l'univers d'Ombre mais aussi pour retrouver ce féminisme qui manque tant à la fantasy.

Avant toute chose, je préfère prévenir. Les Illusions spoile la fin de l'Héritage des Rois-Passeurs. Pas sur tout, mais il le fait quand même. Les Illusions n'est pas un tome deux. Ni un tome un à vrai dire. Disons que les deux livres sont complémentaires. Et si on peut très bien lire les deux dans n'importe quel ordre finalement, il vaut tout de même mieux commencer par l'Héritage (déjà il est plus court, ce qui permet d'être sûr d'apprécier le livre ou pas sans trop perdre de temps (et d'argent)). Bref, sur ce, passons à ce qui nous intéresse.

Les Illusions nous raconte l'histoire de Bleue, déjà croisée donc dans l'Héritage. Et tout commence dans l'Empire donc, avec un groupe d'esclave dont elle fait partie. Amenée dans le palais du Sker, un fils du Dieu Aa, ses pouvoirs magique vont naitre au moment où celui-ci la violera. Commencera alors pour elle et un petit groupe d'esclave, la fuite vers Sav-Loar. 

Le roman se divise en plusieurs parties où l'on va alterner entre Bleue et Fél, sa compagne d'évasion. Bien que différentes, les deux jeunes femmes ont le même objectif, survivre dans un monde qui ne veut pas forcément d'elles. En tant que femmes, elles vont devoir apprendre à s'affirmer face à un monde patriarcal qui voit en Bleue un monstre à détruire à tout prix et en Fél une esclave. Ce sont deux parcours qui seront bien différent de part les caractères des deux femmes et la manière dont elles appréhendent le monde et pourtant, ils sont tout de même assez égaux. Car la lutte pour une égalité entre la femme et l'homme a beaucoup de visage pour finalement n'être qu'une seule et même chose. 

L'aspect féministe du roman m'a beaucoup marqué. Parce qu'il ne se contente pas de dire "nous sommes femmes, donc vos égales, et tant pis si vous pensez le contraire". Et c'est quelque chose que j'ai beaucoup apprécié ici. Outre les destins de Bleue et Fél, il y a celui de toutes les magiciennes de Sav-Loar, pourchassée et tuée depuis des millénaires par les magiciens du Clos. Il y a aussi celui des dits magiciens, dont certains s'interrogent beaucoup sur ce qu'ils font. Et puis, il y a le troisième élément de ce combat dont je ne parlerais pas vraiment sous peine de spoiler une grande partie de l'intrigue.  Je trouve particulièrement intéressant de mettre au gout fantasy certains combats d'aujourd'hui (je pense à la liberté d'avorter ou non, à l'égalité entre femme et homme passant parfois par des combats qui semblent bien petits mais qui font grands bruits au final). Les solutions ne sont pas toujours les plus évidentes, ni les plus contemporaines (nous sommes en fantasy ne l'oublions pas). Et qu'est-ce que ça fait du bien de se retrouver avec un livre qui arrête de prendre les femmes pour des nunuches et qui posent de vrais questions (et posent des réponses intéressantes aussi). Le roman fait réfléchir en plus de divertir et ça, c'est vraiment cool.

Bien entendu, même si pour moi ce féminisme fait déjà beaucoup pour le roman, il n'est pas seul à me l'avoir fait adoré. Manon Fargetton m'a prouvé une fois de plus qu'elle savait écrire des personnages denses, non manichéens et particulièrement plaisant à suivre. Si nous restons dans les pas de Bleue et Fél, celles et ceux qui les entourent ne restent pas à la traine. J'ai adoré tous les personnages, ce qui assez rare chez moi. Et j'ai apprécié de ne pas avoir finalement de gros méchants (même si il y en a bien, ils sont fait de manière à ce que le lecteur comprenne leurs motivations et finalement, on arrive presque à les comprendre)(seul le Sker finalement fait méchant très méchant qu'on a envie de voir mourir très vite). Je me suis tout de même prise d'affection pour certains, comme Enarion (oui, nous l'avons déjà vu) qui va voir sa vie changée du tout au tout en présence de Bleue, Manala dont l'idéal est peut-être trop idéal justement, Ashar, jeune magicien qui ne trouve pas sa place à Sav-Loar, Oreb, prêtre guérisseur ou encore Guilhem qui parle bien trop pour son bien.

Et puis, il y a l'écriture de l'autrice qui fait que nous ne voyons pas passer les quelques 665 pages en version papier. Tout est fluide, que se soit les dialogues, les scènes d'actions, les sentiments. On ne s'ennuie pas une seconde en lisant ce livre. Une sensation que j'avais déjà trouvé dans l'Héritage et qui me fait vraiment dire que Manon Fargetton est une autrice à suivre. 

En conclusion, je recommande vraiment mais vraiment ce roman ainsi que l'Héritage des Rois-Passeurs à toutes et tous. Surtout à celles et ceux qui en ont un peu marre de voir de gros bourrins taper dans tout ce qui bouge et des femmes juste là pour faire décoration. Il nous faudrait bien plus de romans comme celui-ci en fantasy !