vendredi 24 février 2017

Here come the Vultures, Les Foulards Rouges, saison 3 épisode 4, Cécile Duquenne

C'est parti pour le quatrième épisode de la saison trois des Foulards Rouges. Déjà quatre épisodes. Plus que quelques mois, trois si mon compte est bon avant la fin de cette formidable aventure. Et qui dit quatrième épisode dit donc moitié et parfois revirement de situation. Est-ce le cas cette fois ? C'est ce que nous allons voir

Here come the Vultures, Les Foulards Rouges, saison 3 épisode 4, Cécile Duquenne

Editeur : Bragelonne
Colleciton : Snark
Année de parution : 2017
Format : epub

A lire si :
- Vous avez lu et aimé la première et la seconde saisons
- Vous voulez une série qui mélange les genres avec bonheur

A ne pas lire si :
-... (toujours pas trouvé pourquoi il ne faudrait pas les lires, les Foulards Rouges)
- Par contre, si vous n'avez pas lu les deux premières saisons, autant éviter (tout comme de lire mes avis d'ailleurs)

Présentation de l'éditeur :

Retrouvez Lara et Renaud dans la dernière saison des Foulards rouges !

Mon avis

Faut-il vraiment que je rappelle que je vais spoiler ? Oui ? Donc je vais spoiler. Pour ceux qui n'ont pas envie de perdre le plaisir de la découverte, je vais tout de même en dire un peu sans rien divulgâcher (je suis gentille, n'est-ce pas). Bref, vous avez surement l'habitude, à force.

Les épisodes de milieu de saison sont aussi important que le début ou la fin. Parce qu'ils contiennent souvent le petit truc qui fait que tout bascule. On commence une saison tranquille (oui enfin, sauf pour les Foulards Rouges, et encore plus lorsqu'on en est à la troisième saison), puis ça augmente un peu en intensité, l'univers se pose, les personnages tout pareil. Et arrive la moitié de la saison et l'action bascule pour mettre en place la fin. Ce quatrième épisode, avec son nom si évocateur, est donc l'épisode où ça bascule. On passe de l'à peu près calme au beaucoup moins calme. Du moins, à la préparation de ce beaucoup moins calme. Ça se fait tranquillement, dans la lignée et pourtant, le stress, pour les personnages et le lecteur commence. 

/!\ SPOILER (en gros et en rouge, comme ça, vous êtes prévenus !)

Et c'est parti, sans même que l'on s'en rende compte. A l'Hacienda, Lara et Renaud mettent en place leur plan. L'arrivée de Marine Carax, Tsuitui et Claudia leur permet de le faire. Ainsi, l'idée d'un coupe-magie géant germe. Et pour le mettre en place, il leur faut obligatoirement l'argent caché en saison 1. Argent que sont allées chercher Fraan et Nikki. Ils partent donc à leur suite. Les retrouvailles sont chaleureuses mais ne durent pas tant que ça. Et surtout, on se rend compte que quelque chose cloche. La mer, morte encore en saison 1, est en train de revivre. Mais pas le temps de s'attarder sur le problème qu'il faut déjà repartir. Repartir pour trouver les espions du Partie et ralier les Foulards Noirs fidèles à Claudia l'Ibérique à leur cause.

Une Claudia qui prend une certaine importance donc dans cet épisode et que l'on découvre réellement sous un autre jour. Cécile Duquenne a toujours le chic pour faire évoluer ses personnages dans une direction qu'on ne pense pas au premier abords. Claudia est toujours apparue comme une sorte de vipère, surtout du point de vue de Lara, celui que nous avons le plus souvent. Mais elle est bien plus complexe que cela et surtout bien plus humaine. Je dois bien avouer que je me demande où cela va la mener. Je suppose que pour elle, les futurs épisodes ne vont pas être simple.

A vrai dire, il ne vont surement pas être simple pour tout le monde. Le coupe-magie va bouleverser la plupart des personnages, ce que l'on ressent déjà dans cet épisode. Renaud risque fortement de mal le vivre, même si pour le moment, tout semble aller. Et puis, rien ne dit que tout cela va fonctionner (parce qu'il reste tout de même trois épisodes hein, faudrait pas que ça aille trop vite non plus). Rien ne dit que le plan va se dérouler comme il faut (et l'habitude aidant, le lecteur sait très bien que cela ne va pas être le cas). Pourtant, tout semble aller comme sur des roulettes pour l'instant. Mais Cécile Duquenne commence à nous fournir quelques indices sur le fait que ça ne sera pas forcément le cas par la suite. Elle nous fournit aussi de nouvelles questions, ce qui est plutôt sympa pour le reste. J'aimerais bien savoir pourquoi la mer morte revit par exemple. Et elle ne répond toujours pas aux changements de Lara et Renaud..

Au final, cet épisode se déroule parfaitement et fait encore un peu plus monter le stress pour le lecteur. On sent que la fin approche, même si pas encore. Certains passages ressembleraient même à des testaments pour certains personnages. J'ai hâte de voir ce qu'il va se passer le mois prochain, surtout que le petit cliffhanger (pas aussi terrible que certains dans les saisons précédentes) donne envie d'avoir le cinquième épisode dans les mains dès maintenant. 

jeudi 16 février 2017

Le Couteau Aveuglant, Le Porteur de Lumière, tome 2, Brent Weeks

Le premier tome du Porteur de Lumière m'avait laissé avec un sentiment assez mitigé. J'avais apprécié pas de mal de chose, moins aimé d'autres. Du coup, j'ai mis un petit moment avant de me lancer dans le second tome. 

Le Couteau Aveuglant, Le Porteur de Lumière, tome 2, Brent Weeks

Editeur : Milady
Collection : fantasy
Année de parution : 2015
Titre en Vo :  Lightbringer, book 2: The Blinding knife
Année de parution en VO : 2012
Format : AWZ

A lire si : 
- Vous voulez une magie un peu différente de ce qu'on peut voir
- Vous voulez des héros qui ne sont pas tout blanc

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas quand c'est long à démarrer
- Vous n'avez pas peur de vous perdre un peu dans les intrigues secondaires

Présentation de l'éditeur : 

Chaque lumière dissimule un secret. Chaque secret porte en lui une révélation.
Gavin Guile se meurt. Il croyait encore avoir cinq ans de répit avant de succomber au sort de tous les Prismes. En vérité, il lui reste à peine une année… À travers le monde, la magie des couleurs devient incontrôlable et menace de destruction les sept satrapies. Les anciens dieux reviennent à la vie, levant une implacable armée de spirites. L’unique salut pourrait se trouver du côté du frère renégat de Gavin. Celui dont il a volé la liberté il y a seize ans…

Mon avis

Ce qui devait être à la base une trilogie sera bien plus longue que ça. Et cela se ressent déjà dans ce second tome (je me demande à quel moment Weeks a compris qu'il prenait un peu trop son temps pour réussir à tout finir en trois tomes ?).

Reprenant là où nous avions laissé le tome 1, ce Couteau Aveuglant commence plutôt pas trop mal. Mais, une nouvelle fois, il prend parfois un peu trop son temps et parfois pour ce qui semble être pour pas grand chose. Si le début s'annonce plutôt sympathique avec la découverte d'un bane (sorte de temple où se retrouve les spirites dans l'idée de donner naissance à leur dieu) bleu combattu par un Gavin ne pouvait plus voir le bleu justement, on revient vite à la lenteur de mise en place de l'énigme, tout comme dans le premier tome. Gavin place ses pions, Kip à la Chromerie avec ordre de devenir Garde Noir et de mettre le Bleu en échec, il en va de même pour Poing-de-Fer qui rentre lui aussi, quant à Karris, elle va suivre Gavin dans son voyage.

Côté Gavin et Karris, on avance pas vraiment pendant une bonne partie du roman. Enfin... Le problème avec Weeks, c'est surtout qu'on a l'impression de le faire, parce qu'il sait très bien dosé action et moment de calme. Si il pouvait utiliser cela pour réellement faire avancer son histoire, ça serait pas mal du tout. Donc, ça avance lentement, mais on ne s'ennuie pas vraiment. De plus, la relation Gavin/Karris évolue un peu dans la première moitié, bien plus dans la seconde et ça fait plaisir à lire (pis ça change des guerres et autres complots pour la peine, même si c'est mièvre). Mais au final, la première partie du roman les concernant ne m'a pas tant plu que cela. C'est trop long malgré les qualités de l'écriture de Weeks. Heureusement, la seconde partie permet enfin de voir Gavin sous un jour meilleur, dans le style du Gavin du premier tome. Il est retors (le conseil du Spectre est juste génial, un magnifique moment de fourberie), retrouve l'envie de se battre qui semble l'avoir déserté un petit moment. J'aime beaucoup plus ce Gavin-là que celui du début.

Côté Chromerie et surtout Kip, on commence à voir le garçon évolué d'une manière plutôt sympathique. Kip prend de la gueule, surtout contre son "cher" grand-père Andross Guile. Il prend aussi un peu plus d'assurance, ce qui est vraiment pas mal. On commence à s'éloigner du gamin qui pige pas grand chose et subit pour arriver à un jeune homme qui pige un peu plus et surtout essaie de ne plus subir. L'évolution est parfois un peu trop rapide (il me semblait plus timide le Kip quand même) mais on ne s'ennuie pas trop (entre le côté grande gueule et les épreuves pour entrer dans la Garde Noire, on ne risque pas de s'ennuyer il est vrai). Du moins jusqu'à ce que Kip nous fasse sa Marie-Sue. Heureusement qu'Andross Guile et toute sa vilenie se retrouve face à lui, au final. Andross est d'ailleurs un personnage que l'on découvre un peu plus et qui me plait de plus en plus (oui, j'aime les personnages méchants). Par contre, j'avoue que pour le moment, je n'ai pas trop compris l'arrivée de Teia, la jeune esclave voulant entrer dans la Garde Noire. Est-elle là pour faire le penchant de Liv, partie avec l'ennemi, pour fournir juste une option à Andross Guile dans son dangereux jeu, pour faire un nouveau love interest à Kip maintenant que Liv est loin ? Parce que pour le moment, à part qu'elle possède une couleur longtemps interdite, elle n'a pas fait grand chose.

D'ailleurs, c'est un peu le cas de la plupart des femmes dans ce tome. Et là, je suis déçue. Liv aurait pu être vachement plus intéressante, mais elle n'a qu'une dizaine de chapitres où tout le monde la fait tourner en bourrique. Pourtant, voir le camp ennemi par ses yeux étaient une bonne idée. Karris devient juste un love interest pour Gavin. Elle l'était déjà, mais elle était surtout bien plus que ça. Là où elle était la femme forte, elle devient mièvre. Quant à Teia, comme je l'ai dit, je ne vois pas trop encore à quoi elle sert vraiment pour le moment. Or, Weeks m'avait habitué à ne pas laisser les femmes sur le côté, à ce qu'elles ne soient pas juste là pour faire pot de fleur. Et quand on sait le nombre de femmes qu'il met dans ses romans, c'est quand même chiant de les voir réduite à des rôles aussi peu important. J'espère que ça changera dans les autres tomes.

Au final, si le Couteau Aveuglant offre une belle part d'intrigues, de complot et quelques batailles fort sympathiques à lire, il ne m'aura pas tant plu que ça. Une nouvelle fois, comme son prédécesseur, il est long à se mettre en place et j'ai eu l'impression qu'il n'allait pas vraiment au bout de ses idées. Le fait que la série passe de trois romans à (il semblerait) cinq y est aussi pour quelque chose dans cette lenteur. J'espère juste que Weeks ne va pas se perdre dans les divers fils qu'il tend. Et puis, vraiment, que les femmes reprennent la place qui leur convient le mieux. A quoi ça sert d'en faire des guerrières, des femmes fortes pour finalement s'en servir comme simple intérêt amoureux ? (oui, ce point m'a déçue, profondément). Heureusement, le style de Weeks et sa maîtrise de son monde réussissent toujours à me faire apprécier la série. Elle n'est pas au niveau de l'Ange de la Nuit mais elle reste divertissante. Plus qu'à espérer que le troisième tome relèvera le niveau.


mercredi 15 février 2017

Celle dont j'ai toujours rêvé, Meredith Russo

Celle dont j'ai toujours rêvé a fait grand bruit bien avant sa sortie en France. IL s'agit du fameux If I Was Your Girl, roman LGBT américain. Cindy Van Wilder en a beaucoup parlé et j'avoue que c'est grâce à elle que j'ai a tout prix voulu le lire une fois sortie en France. Et j'ai eu raison. Merci beaucoup, Cindy !

Celle dont j'ai toujours rêvé, Meredith Russo

Editeur : Pocket Jeune
Collection : Territoires
Titre en VO : If I was Your Girl
Année de parution : 2017
Année de parution en VO : 2016
Nombre de pages : 306

A lire si :
- Vous voulez une belle histoire
- Vous voulez découvrir une héroïne qui change de ce que l'on voit d'habitude
- Vous voulez de la lecture LGBT mais pas que

A ne pas lire si :
- Il n'y aucune raison de ne pas le lire.

Présentation de l'éditeur : 

Amanda Hardy arrive dans un nouveau lycée. Comme beaucoup, elle souhaite avant tout s'intégrer. Mais malgré sa popularité, un secret l'empêche de s'ouvrir aux autres. Sa rencontre avec Grant remet tout en question. Il est le premier garçon qui parvient à lui faire baisser sa garde. Amanda comprend que pour être heureuse, elle doit se révéler, au risque de tout perdre.
Car le secret d'Amanda c'est qu'avant, elle s'appelait Andrew.

Mon avis

En prenant le livre, et malgré le super avis de Cindy Van Wilder, j'avais une grosse peur, celle de trouver un roman d'amour avec de bon gros clichés. C'est d'ailleurs ce qui me fait souvent hésiter sur les lectures de romance, encore plus lorsqu'elles sont LGBT. Je n'ai absolument rien contre les personnes LGBT+, juste que j'ai peur de trouver des clichés, genre l'homosexuel folasse (à quel moment les gens vont-ils comprendre que les gays ne sont pas tous des folles ? voire même qu'il y en a très peu ?). Et puis, il faut bien avouer qu'en France, on manque tout de même de bonnes histoires portant sur l'homosexualité, la bisexualité ou encore l'asexualité (là, je crois même qu'on touche le zéro). C'est bien dommage, parce que ce sont des sujets qui mérite d'être traité comme les autres. 

Celle dont j'ai toujours rêvé se présente comme n'importe quelle romance YA. Il en possède même pas mal de clichés, la jolie fille qui débarque dans une nouvelle ville, le beau garçon qui l'attire rapidement, l'histoire d'amour pas toujours facile entre deux adolescents, les sorties entre copines, le bal du lycée... Mais sous ses abords de simple romance, il cache bien plus. Il cache d'abord une héroïne magnifique. Amanda porte le roman, réellement et pas seulement parce qu'elle en est la narratrice. Il cache aussi une quête d'acceptation de soi bien menée, des thèmes pas facile à aborder aussi. Et tout cela repose sur les épaules de la jeune fille. 

Une Amanda qui ressemble à toutes les filles de son âge ou presque. Jolie, intelligente, aimant lire, un peu renfermée aussi. Une jeune fille avec de lourds secrets, surtout dans la région où elle vit. On l'apprend rapidement (encore plus en lisant la quatrième de couverture), Amanda est transsexuelle. Si elle est née garçon, elle s'est toujours sentie fille. Malheureusement, dans le sud de l'Amérique (pas que d'ailleurs, on tue des personnes trans juste parce qu'elles le sont dans de nombreux pays où c'est illégal, mais aussi dans des pays où la transsexualité est légale)(j'ai plus les chiffres en tête comme ça, mais faites une ou deux recherches sur le net, ça fait peur), la LGBTphobie est grande, très grande, et les personnes comme elle sont victimes des pires atrocités. Ainsi, Amanda a toute sa vie subit agressions verbales et physiques à cause de cela. Trois ans avant le début du roman, elle essayerait même de se suicider, se pensant anormale et surtout pensant qu'elle n'aurait jamais du être là. Sauvée de justement, sa mère lui permettra de faire sa transition, de passer de mâle à femelle et d'avoir la vie qu'elle veut, celle qui lui correspond. Mais même si Amanda a enfin le corps qu'il lui faut, ça ne va pas forcément mieux. Après une nouvelle agression, elle va aller vivre chez son père pour finir le lycée et peut-être commencer une nouvelle vie sans brimade. On se doute que cela ne va pas être simple.

Le roman met l'accent sur les relations d'Amanda. D'abord celle avec ses parents, seules personnes aux début à connaitre la vérité. Ces deux relations sont magnifiques. Celle avec la mère, on l'a découvre à travers les flashback de l'histoire d'Amanda. Cette femme va vivre au plus près les problèmes de sa fille, va lui faire confiance, va aussi devoir faire le deuil de son fils. Si la transition est dure pour Amanda, elle le saura aussi pour cette femme qui a vu son fils tenter de se suicider puis "disparaitre" pour "laisser la place" à une fille. Elle va remonter la pente avec sa fille, découvrir ce qu'est Amanda, prendre le temps d'accepter la nouvelle apparence de sa fille et surtout continuer à aimer son enfant, quelque soit son corps. Pour le père, absent depuis des années, c'est un peu plus compliqué. Honteux du comportement de son fils enfant et au début de son adolescence, il finira par divorcer de sa femme et ne plus les revoir. Ainsi, il n'est pas là après la tentative de suicide, ni durant la transition. Il va devoir apprendre à découvrir sa fille, à faire le deuil d'un fils lui-aussi. Si la relation est tendue au début, elle devient petit à petit tendre et il va se rendre compte qu'Amanda est son enfant. L'évolution est bien faite et m'a tiré quelques larmes. Amanda a clairement de la chance d'avoir des parents comme les siens.

Il y a aussi les relations avec les jeunes de son âge. Si elle va rapidement trouver des amies, elle va avoir un peu plus de mal avec les garçons, sauf Grant. Grant va devenir son petit copain assez rapidement et s'il lui cache bien quelques petites choses, elle est incapable de lui dire qu'elle est née garçon alors qu'elle se doute bien que cela aura de l'importance. Il en va de même pour Chloé, Anna et Layla. Elle n'ose pas leur dire la vérité par peur d'être une nouvelle rejetée. Cette peur du rejet, bien compréhensible, est omniprésente dans le roman, et pas seulement de la part d'Amanda d'ailleurs. Et si elle trouvera finalement une personne à qui le dire, Bee, elle s'en mordra les doigts au final. Mais le plus intéressant dans ses relations (outre l'histoire d'amour bien mignonne entre Amanda et Grant), c'est que les autres ne sont pas aussi normés qu'on voudrait bien le croire. Chloé est homosexuelle et n'ose pas l'avouer, Bee est bisexuelle et semble en jouer beaucoup... Il est intéressant de les voir interagir entre eux, de voir à quel point ils se cachent tous. Et puis, il y a la cruauté entre eux, la méchanceté qu'Amanda essaie d'éviter sans toujours y parvenir. Avec les adolescents, on va parler viol, agression, homophobie, violence en tout genre. Finalement, et malheureusement aussi, ce sont des adolescents ordinaires. Rien de spécial en eux, Mérédith Russo décrit parfaitement le lycée comme il l'est en réalité.

Je continuerais bien comme ça, je vous parlerais bien de cette scène vers le dernier tiers du roman et de ce qui va en découler, mais ça serait spoiler à mort l'histoire. Pourtant, ce qu'il va se passer par la suite est clairement important, pour Amanda et pour le lecteur, que celui-ci soit cisgenre ou pas. Disons juste que l'on va découvrir le pire de la LGBTphobie (ça fait deux fois que j'emploie ce terme sans même savoir s'il existe vraiment... Il existe ou il y a un équivalent ?). Cette épreuve-là va aussi ouvrir les yeux à pas mal de personne, dont Amanda qui va comprendre qu'elle peut être elle-même quoique les autres en pensent et surtout qu'elle peut s'aimer et être aimer. Un très beau message.

Pour finir cet avis déjà bien long, je vais essayer de conclure. J'ai adoré. J'ai eu un vrai coup de coeur. Parce que le sujet est compliqué mais bien traité, et cela surement parce que l'autrice est elle-même une personne transgenre. Le roman est remplie de message d'amour, de preuve d'amour magnifique. Amanda n'est pas seule, elle est entourée par ses parents malgré leur difficultés à la comprendre, par ses amies, qui seront toujours présentes pour elle, même lorsqu'elles vont apprendre qu'Amanda est née garçon (bravo les filles !). Parfois, oui, on tombe dans le cliché, parfois, on se dit que l'histoire d'Amanda est finalement loin de celle que vivent des personnes trans. Mais l'essentiel, c'est surtout que Celle dont j'ai toujours rêvé passe un message fort, celui de l'amour envers nous-même, celui de l'amour envers les autres. Ce n'est pas parce que son héroïne est trans qu'elle est différente d'une héroïne cisgenre, ce n'est pas parce qu'elle est trans qu'elle est différente des autres filles. Amanda, même si elle est née garçon, EST une fille, l'a toujours été. Et cela, c'est important.

Un dernier petit truc, j'ai beaucoup apprécié les liens à la fin du livre, pour diverses association venant en aide aux personnes LGBT, on y retrouve celle du refuge, celle de l'ANT (association nationale transcende), de l'espace santé trans et d'autres (en anglais, français, d'associations belges, française...). On y trouve aussi une note de l'auteure pour les cisgenre et les trans afin de mettre en garde que l'histoire d'Amanda est une histoire, qu'elle ne doit pas forcément servir de référence mais que si elle peut aider certains, alors tant mieux. 


mercredi 25 janvier 2017

Landslide, Les Foulards Rouges, saison 3, épisode 3, Cécile Duquenne

j'ai enfin fini de lire l'épisode du mois des Foulards Rouges, presque une semaine après sa sortie. Quelques empêchements m'ont obligé à étaler une lecture qui ne me prend normalement que deux jours et encore. Mais en même temps, ça se savoure un épisode des Foulards Rouges, puis faut en profiter.

Landslide, Les Foulards Rouges, saison 3, épisode 3, Cécile Duquenne

diteur : Bragelonne
Colleciton : Snark
Année de parution : 2017
Format : epub

A lire si :
- Vous avez lu et aimé la première et la seconde saisons
- Vous voulez une série qui mélange les genres avec bonheur

A ne pas lire si :
-... (toujours pas trouvé pourquoi il ne faudrait pas les lires, les Foulards Rouges)
- Par contre, si vous n'avez pas lu les deux premières saisons, autant éviter (tout comme de lire mes avis d'ailleurs)

Présentation de l'éditeur :

Retrouvez Lara et Renaud dans la dernière saison des Foulards rouges !

Mon avis

Bon, avant toute chose, on commence par la partie sans spoiler. C'est encore une fois un bon épisode, avec plein de rebondissement, quelques réponses, beaucoup de questions aussi et qui se lit parfaitement. Voilà voilà...  C'est du bon, du lourd et surtout du qui promet une suite explosive.

Bon, voilà qui est fait. A présent passons à un peu plus long et surtout :

/!\ SPOILER (en gros et en rouge, comme ça, vous êtes prévenus !)

S'il y a une chose qu'on apprend au fur et à mesure de l'avancée de cette série et qui pourtant surprend quand même souvent, c'est bien que rien, mais alors rien, ne va comme Lara et Renaud le voudrait. C'est aussi ce qui fait le piment de la série, croire que tout va aller bien quand ce n'est pas du tout le cas. Ainsi, si à la fin de l'épisode deux, ils avaient enfin réussi à entrer dans New Eldorado et à trouver cinq minutes pour se reposer, Cécile Duquenne leur fait un bien sale coup. Nos deux héros sont aux prises avec les Foulards Noirs et doivent fuir avant de se faire reconnaître. 

Cette première partie de l'épisode est juste géniale. Il manquait à la saison deux cette ambiance western que me plaisait tant dans la saison un, elle est revenue à présent. Il faut dire que Bagne s'y prête tout de même mieux que le bush australien (quoique). Mais imaginez donc une bataille de saloon où ça se flingue à tout va, où Lara et Renaud saute du balcon pour attiré au milieu du cercle ennemi... Ca se lit tellement bien, c'est tellement bien fait, tellement imagé qu'on s'y croit vraiment (oui, j'ai adoré ce passage, mais vraiment). La course poursuite qui s'en suit à elle aussi tout du western avec ce petit plus magique qui s'installe. Et les questions qui arrivent avec (on en reparle bientôt). La seconde partie est bien plus calme, on retrouve l'Ibérique Claudia découvrant la présence de Lara et Renaud mais surtout se faire trahir par son second qu'elle compte de toute façon elle-même trahir. Nikki et Fraan essayent toujours de remettre le hubb en fonctionnement tout en se posant quelques questions métaphysiques qui ne sont pas du tout sans fondement. Et enfin l'arrivée de la blonde Claudia, Marine Carax et Tsutsui sur Bagne risquent de changer encore pas mal de chose.

Comme je le disais, cet épisode apporte son petit lot de question. Dont une qui est son importance, mais que sont en train de devenir Lara et Renaud ? On se doute bien que cela a quelque chose à voir avec Bagne mais aussi Evoria (du moins, je suppose), mais heu, on ne sait finalement pas grand chose. Sauf que les changements ont bien lieu et que si pour le moment cela ne semble affecté que leur physique, l'autrice ne va surement pas en rester là. De même, on se demande bien comment une alliance Claudia/Lara/Renaud pourra fonctionner, surtout si en plus de ça, Marine Carax vient y mettre le bout du nez. Et puis, Nikki et Fraan vont-elles enfin dépasser l'état émotionnel dans lequel elles se trouvent toutes les deux pour finalement faire vraiment quelque chose ? (j'adore Nikki, moins Fraan, mais là, vraiment je me demande à quoi elles servent sur Bagne)(heureusement que je sais qu'elles vont servir à quelque chose, mais quoi ? et quand ?). Bon en même temps, ça permet aussi pour toutes les deux de mieux les connaitre, vu qu'elles ne sont là que depuis la saison deux. Quoique je dis ça, mais on en apprend tous les jours aussi sur ceux qui sont là depuis le début.

Au final, c'est donc un épisode équilibré, qui s'est mettre de l'action quand il faut et qui est capable d'être aussi un peu plus calme pour les nerfs du lecteur. Et surtout c'est un épisode sans gros cliffhanger !! (oui, c'est assez rare pour y mettre deux points d'exclamation). Bref, un épisode des plus sympathiques qui augure encore une fois du bon pour la suite et une fin qui risque d'être des plus magistrales.

mardi 24 janvier 2017

Le tournoi des Ombres, une enquête de Georges Hercule Bélisaire Beauregard, tome 2, Hervé Jubert

Il est rare que je lise aussi rapidement un tome 2, surtout depuis un ou deux ans. J'ai tellement de série en cours et de tomes à lire... Mais j'ai beaucoup apprécié le premier tome des aventures de Beauregard que finalement, je lis plutôt rapidement le second.

Le tournoi des Ombres, une enquête de Georges Hercule Bélisaire Beauregard, tome 2, Hervé Jubert

Editeur : Folio
Collection : SF
Année de parution : 2016
Nombres de pages : 336

A lire si :
- Vous voulez du Steampunk
- Vous voulez un récit plutôt exigent
- Vous voulez du mystère

A ne pas lire si :
- Vous voulez une vraie enquête
- Vous  n'avez pas aimé le premier tome

Présentation de l'éditeur : 

Georges Beauregard, l’ingénieur mage, est envoyé à New London en compagnie de Jeanne, son assistante, pour sécuriser la venue d’Obéron III et de l’impératrice Titania. Au terme d’une semaine de festivités, le tunnel sous le détroit sera inauguré.
Beauregard travaillera avec John Dee, le psychomancien de la reine Victoria. Alors que les souverains respectent le programme, le smog s’abat sur la ville. Trois entités insaisissables en profitent pour accomplir un carnage. Mais le véritable ennemi se cache derrière elles. Il s’apprête à frapper l’Empire. Il s’agit d’un enfant. Et il est en colère.

Mon avis

Comme je le disais en intro, j'avais aimé le premier tome des enquêtes de Georges Hercule Bélisaire Beauregard et j'avais plutôt hâte de retrouver l'univers de Hervé Jubert, surtout en sachant qu'il allait délocaliser son petit monde pour New London, à savoir la capitale d'Albion, copie du Londres de Victoria. Bref, si j'aime le Sequana/Paris de cette époque, je crois que j'aime encore plus la capitale anglaise. Mais revenons à ce Tournoi des Ombres.

Beauregard, suite à son succès durant le premier tome, se voit accorder la confiance d'Oberon III et surtout de Titania. Une confiance dont il se serait bien passé, vu que l'empereur est un petit con narquois, la reine une belle manipulatrice et leurs fils est à l'image de son père... Mais il doit faire avec et il va faire avec. C'est donc ainsi qu'il se retrouve avec son assistante à New London pour préparer le terrain aux vues de grandes réjouissances, inauguration du tunnel sous le détroit, de Big Ben et rapprochement des deux pays pas vraiment copains. Il sera aidé dans cette mission par John Dee, psychomancien de génie et espion de la reine Victoria. Mais si tout semble presque bien se passer au départ, ils vont rencontrer quelques problèmes, des activistes, un enfant de 11 ans voulant venger sa famille, le smog et des massacres...

Je dois bien avouer que ce second tome est palpitant. On ne s'ennuie pas une seule seconde à suivre Beauregard, Jeanne ou Dee. Hervé Jubert n'est pas avare de rebondissement, ni de références historiques ou folklorique. Je l'ai déjà dit dans le tome 1, mais j'adore ce genre de références, surtout que je les comprends pour la plupart. Il est toujours intéressant de tomber sur des personnages ayant exister ou appartenant à la littérature de cette époque. Encore plus lorsque l'auteur s'amuse à les mélanger à la Féerie. Ainsi, un certain auteur (dont je ne dirais pas plus vu qu'il fait parti de l'intrigue de l'un des personnages) voit ses personnages de papier naître dans la vie réelle (et se retrouve avec quelques problèmes à cause de ça), Le Barde (qui n'est autre que Shakespeare) s'allie à Puck pour former le groupe An II, groupe terroriste, Spring Heeled Jack sème la panique en début de roman. J'adore vraiment.

Tout comme les personnages. Nous commençons à connaitre Jeanne et Beauregard. Si je trouve toujours qu'ils se laissent plus porter par les événements qu'autre chose, tout comme dans le tome 1, j'apprécie grandement qu'ils s'étoffent un peu plus. On en apprend d'ailleurs un peu plus sur leurs passés à tous les deux et cela s'avère des plus intéressants. Mais le personnage intéressant c'est bien John Dee. Un mélange entre Sherlock Holmes (à peine nommé d'ailleurs dans le livre et pas dans de très bons termes) et James Bond. Ça donne un homme patriote, séducteur, intelligent, et carrément insupportable, ce qui le rend encore plus attachant Son apprenti, Henry est bien sympathique aussi mais nous n'en voyons pas assez de lui, ce qui est bien dommage (surtout quand on sait de qui il est inspiré). Il en va de même pour l'enfant de 11 ans, qui semble être l'antagoniste principal, qui est lui aussi inspiré d'un personnage que j'aime beaucoup et dont finalement, nous ne saurons pas grand chose.

D'ailleurs, en parlant d'antagonistes... J'ai eu un peu de mal avec ça. En fait, Jubert s'amuse à en sortir un petit nombre, du groupe An II en passant à ce fameux gamin sans vraiment leur offrir de fin. Je suppose que pour le fameux groupe c'est qu'on le reverra à un moment où un autre, pour le gamin, la fin du livre nous dit pourquoi. Mais c'est assez dérangeant. Beauregard, Dee et leurs apprentis partent en chasse, se laissent souvent porter par les événements et tout ça pourquoi ? Ben pas grand chose, on dirait. Je dis bien, on dirait. Parce qu'en fait, si, il se passe beaucoup de chose, surtout pour Beauregard, mais au final, l'enquête, comme dans le tome 1, est secondaire. Un défaut qui se veut donc assumer et qui finalement n'en est plus un. Suffit juste d'avoir l'habitude.

Au final, cette nouvelle immersion dans l'univers de Beauregard m'a tous aussi plu que la précédente. Ah, j'ai juste oublié de dire une chose, qui m'a un peu déçue, plus de notes de bas de pages, c'est dommage, ça faisait aussi partie de l'originalité du premier tome. J'adore vraiment l'univers et le parti pris par l'auteur de faire de ce qui pourrait être des défauts (les personnages qui se laissent guider par les divers événements, une enquête qui finalement n'en est pas vraiment une...) des valeurs sûres dans cette série. 

mercredi 18 janvier 2017

9.99$ La Guerre du livre numérique, Andrew Richard Albanese

J'ai acquis ce livre depuis un moment déjà et je n'avais pas encore pris le temps de me plonger dedans. Il faut dire que je ne suis pas toujours bien disposée pour lire des essais, et que si en plus ça parle justice et autre, il faut vraiment que je suis bien accrochée pour tout comprendre. Mais la question m’intéressant grandement en temps que lectrice de numérique, utilisatrice à la fois d'Apple et de Kindle, je me suis dit qu'il étant temps.

9.99$ La Guerre du livre numérique, Andrew Richard Albanese

Editeur : Bragelonne
Collection : Snark
Année de parution : 2014 
Format : epub

A lire si :
- Le sujet vous interesse
- Vous appréciez lire des essais

A ne pas lire si :
- Vous n'en avez rien à faire.

Présentation de l'éditeur : 

Comment Apple, Amazon et les six plus gros éditeurs américains ont transformé le marché du livre numérique en l’espace d’une nuit.
Pour tout comprendre au marché du livre numérique et anticiper les changements à venir. Un document indispensable, par Andrew Albanese, spécialiste de l'édition numérique et Senior Writer de Publishers Weekly.
Le compte-rendu des évènements retracés dans cet ouvrage est issu de témoignages, documents et preuves recueillis lors du procès d’Apple sur le prix du livre numérique. Nous avisons notre lecteur que certaines de ces preuves sont restées censurées ou cachées au grand public ; qui plus est, comme dans tout procès, le contexte précis de ces retranscriptions de témoignages peut faire débat. À travers ce récit, apparaît le tableau saisissant et détaillé de ce mois de janvier 2010 qui devait bouleverser les fondements du marché du livre numérique américain.

Mon avis

Lorsqu'on lit en numérique, du moins, moi, j'ai souvent tendance à râler contre le prix (sauf pour quelques maisons d'éditions, souvent qualifiées de petites qui font un réel effort sur leur prix par rapport aux papiers (Walrus qui ne fait que du numérique, les Editions du Riez, Voy'el et j'en passe, en plus gros Bragelonne). Je n'arrive souvent pas à comprendre comment un livre numérique peut être plus cher que la version poche du même texte. C'est un problème assez français, vu notre législation, le prix unique du livre, la loi Lang ainsi que celle sur le numérique (je n'entrerais pas dans les détails, je n'y comprends pas grand chose à vrai dire). Aux USA, c'est un peu différent. Là où chez nous ce sont les éditeurs qui fixent leur prix qui restera unique partout, chez eux, ce sont plutôt les distributeurs qui fixent le prix (en gros, idem pour l'explication, je ne suis pas vraiment dans ce domaine). 

C'est ainsi que lorsqu'Amazon lança son Kindle, il réussit à faire signer aux Big Six (les grands six groupes d'éditeurs des USA) un contrat de distributeur leur permettant de vendre les livres numérique à 9,99$. Un prix dérisoire qui va leur permettre de prendre le monopole du marché alors naissant. Ce contrat et surtout le prix faisait grincer les dents des editeurs mais ils n'avaient pas vraiment le choix. Après quelques tentatives pas vraiment fructueuses, ils en étaient presque à laisser faire Amazon.

Et alors arrivés Apple et son futur Ipad. Nous sommes fin 2010, Jobs veut se lancer dans le marché du livre numérique. Pour cela, son entreprise va tout faire pour faire signer des contrats d'agence (soit les mêmes que les librairies physiques) avec clause pour pouvoir diminuer le prix si un concurrent vend moins cher aux Big Six tout en leur promettant qu'ainsi ils couleront la politique du prix d'Amazon, puisqu'eux seront dans l'obligation de vendre plus cher avec le contrat d'agence. L'offre est alléchante et les éditeurs se laissent prendre dans les filets d'Apple. Sauf que ça ne va pas aussi bien passé que ça, puisque l'état fera un procès à Apple sur le prix des livres numériques. 

Albanese va relater tout cela, se servant de mail, de transcription du procès... Forcément, il raconte ça beaucoup mieux que moi. Ce qui est particulièrement intéressant dans ce livre, c'est vraiment l’enchaînement des opérations et comment Apple et les éditeurs ont violé la loi Antitrust. Et il n'y a pas besoin de s'y connaitre en juridique pour comprendre les explications de l'auteur. On suit ça comme un roman policier, se demandant ce qu'il va se passer, comment les éditeurs vont réagir, comment Amazon surtout va réagir. Et si l’enchaînement est logique, on reste tout de même surpris par ce que l'on peut apprendre sur l'élaboration d'un contrat et surtout d'une attaque en règle contre un monopole, puisque monopole d'Amazon il y avait.

Au final, le procès aura fait grand bruit et Apple le perdra. Mais sont-ils réellement de grands perdants ? Je n'en suis pas si sûre. Ils auront réussi à changer la donne sur le marché du livre numérique et à s'y imposer sans pour autant en acquérir le monopole. Amazon se verra obliger d'abandonner sa politique de prix à 9.99$. Sont-ils perdant eux-aussi, du coup ? Non, puisqu'ils pourront toujours faire des promotions sur les livres numériques, en vendant ainsi toujours plus. Même les éditeurs ne seront pas perdants. Ni gagnant. On retiendra surtout cela, pas de vrai gagnant, si ce n'est peut-être quelques lecteurs et l'état fédéral. 

C'est une étude qui m'a vraiment passionné, entrer, même si ce n'est que par des bribes de mails, de conversation..., dans la tête de grands groupes comme Amazon ou Apple ou même l'un des big six est vraiment fort sympathiques. Tout comme il est bien de comprendre pourquoi on paye les livres numériques à ces prix-là (oui, enfin, pas en france donc, vu que ni Amazon ni Apple ne peuvent fixer le prix du livre)(par contre, ils peuvent faire des promos un peu comme ils veulent apparemment)(enfin, il me semble). C'est à lire pour sa culture personnelle mais pas que je pense. En tout cas, des études comme ça, je veux bien en lire d'autres.

lundi 16 janvier 2017

Les Ombres de Wielstadt, Cycle de Wielstadt, tome 1, Pierre Pevel

Je n'ai pas lu de Pevel depuis un moment (juin). Ça me manquait. En fait, je crois que ce qui me manquait surtout c'était l'ambiance cape et épée après avoir fini le Vicomte de Bragelonne. Et comme j'ai quelques Pevel dans ma PAL, autant en profiter. Et surtout, autant lire ma PAL Pevel avant de me faire la relecture des Lames du Cardinal dont j'ai acquis pour Noel la superbe intégrale des 10 ans (et qu'il faut que je relise avant de me lancer dans la suite qui n'en est pas une).

Les Ombres de Wielstadt, Cycle de Wielstadt, tome 1, Pierre Pevel

Editeur : Bragelonne
Collection : fantastique
Année de parution : 2013 pour le numérique
Format : AZW

A lire si :
- Vous voulez une aventure mêlant histoire et fantastique
- Vous voulez un héro un peu mystérieux
- Vous voulez des rebondissements

A ne pas lire si :
- Vous voulez du pur cape et épée
- Vous aimez tout comprendre d'un coup

Présentation de l'éditeur : 

Hiver 1620. Une guerre qui va durer trente ans ravage le Saint-Empire romain germanique. Mais le chevalier Krantz, aprés une mission au service des Templiers est de retour dans la cité de Wielstadt, protégée par un mystérieux dragon volant qui, depuis quelque temps, ne suffit plus à la tâche. Les catholiques se méfient des protestants, lesquels se méfient des juifs, qui se méfient de tout le monde. La nuit, les ombres se multiplient : des goules pillent et assassinent, répandant la terreur dans la ville. Contre ces créatures du Mal, Krantz mène un chasse frénétique, riche de sa seule rapière, de la magie cabalistique et de quelques alliés de marque : la cour des miracles, les centaures, les faunes et surtout la minuscule fée Chandelle. Krantz est un croisé, un exorciste en armes ; il aura fort à faire avec les ordres militaires, les sociétés secrètes (la Sainte Vehme !) et plus simplement les traîtres de tout poil qui complotent contre son monde et ne songent qu'à d'obscures vengeances. Wielstadt, c'est le croisement improbable de Disneyland et du château du comte Dracula. Pour tout dire, un classique de la génération de Tim Burton

Mon avis

Ah, cette quatrième de couverture. Elle donne envie quand même, surtout avec la mention de Tim Burton dedans. Bon, du Burton, je l'avoue, je n'en ai pas beaucoup vu. L'ambiance peut-être ? Et encore. Tout comme pour le croisement entre Disneyland et le château du comte Dracula. J'ai vu mieux que ça.

Nous sommes en 1620, durant l'hiver à Wielstadt, ville imaginaire se trouvant en Allemagne. Une allemagne qui ne s'appelle pas encore comme ça, et qui subit le début des Guerres de Bohème (je vous ai mis le lien Wiki qui explique ça bien mieux que moi). En fait, nous sommes juste après la bataille de la Montagne Blanche, qui signa une défaite pour les protestants. Voilà pour le contexte historique. Nous avons donc un Saint Empire en guerre, catholique contre protestant (en gros) et une ville, Wielstadt qui accueille les deux dans une à peu prés parfaite intelligence. Mais si les guerres de religions n'arrivent pas encore dans la ville, protégée par un Dragon attaquant toutes armées voulant s'en prendre à elle, elle n'est pas à l'abri du danger.

Si Wielstadt semble à l'abri de la guerre, elle ne l'est pas de ce qui se trame entre ses murs. L'Ombre guette, attend son heure, envoie ses monstres et autres démons. Un homme combat les séides de l'Ombre, apparemment seul. Cet homme, c'est le chevalier Kantz dont nous ne savons pas grand chose au départ, juste qu'il combat l'Ombre, que l'on pourrait voir comme les forces du Mal, du moins ce qui vient des Enfers ou des Limbes. Or le chevalier est appelé à l'aide par le Guet pour résoudre une série de crimes sanglant et bien barbare. Nous allons donc le suivre dans son enquête et plonger avec lui dans l'horreur.

Enfin, l'horreur. Si ce n'est quelques passages et descriptions un peu gore des meurtres ou des goules, il n'y pas vraiment de sang ou de chose vraiment horrifique. Même l'exorcisme du début ne l'est pas vraiment ( ou alors, je suis devenue clairement insensible à tout ça). Par contre, il n'y a pas à dire, l'ambiance dans Wielstadt, hivernale et plutôt sombre, elle, m'a beaucoup plus plus. Pevel joue beaucoup sur l'ambiance, le brouillard, le vent, la neige. Et du coup, on s'y croirait vraiment. Peut-être pour ça que la quatrième parle de Burton. Et cette ambiance colle parfaitement avec son histoire. Une histoire que j'aurais eu bien plus de mal à suivre si nous avions été en plein été.

D'ailleurs, on en parle de l'histoire ? Elle est plutôt bien foutue, tout en mystère, comme son personnage principal. Ce que j'ai apprécié, c'est que nous ayons parfois la vision des "méchants" de l'histoire sans toutefois tout y comprendre. Pevel distille ses informations au fur et à mesure, soulignant les liens de manière parfois un peu trop subtile, usant parfois d'effet de suspenses (qui servent pas à grand chose avec moi, vu qu'à chaque fois, j'ai deviné ce qu'il allait faire). Du coup, on avance souvent en aveugle, autant que Kantz, chose plutôt appréciable. Tout comme lui, on comprend vraiment à la fin ce qu'il se passe réellement. Certaines révélations semblent parfois arriver comme un cheveux sur la soupe alors que pas du tout, on aurait pu le voir venir depuis un moment (et on le voit venir si on fait attention aux détails). Chose appréciable aussi, la partie fantastique de l'histoire. On pense bien sûr au dragon au dessus de la ville, mais celui-ci semble pour le moment n'être qu'un "figurant". Non, c'est tout le folklore qui est fantastique. Ainsi Kantz va recueillir une fée demoiselle (qui m'a bien fait rire souvent), des faunes, des goules (moins drôle d'un coup, n'est-ce pas) et j'en passe. J'aime cette incursion du fantastique dans ce qui aurait du être le réel. Surtout quand cela semble aussi naturel (un peu comme dans le Paris des Merveilles quoi)

Au final, ce premier tome, qui est vraiment un tome d'introduction (on découvre un certain paquet de personnages qui, je l'espère, seront-là par la suite pour certain), est vraiment sympathique. J'ai adoré le mélange historique-fantastique, toujours bien mené et parfaitement intégré. L'histoire est bien menée, avec une ambiance assez sombre comme je peux les aimer et quelques touches d'humour bien placé (Chandelle et sa mémorable cuite...). Les personnages, même si on se focalise un peu trop sur Kantz (en même temps, c'est le perso principal), ont l'air intéressant pour la plupart, bien que j'aurais voulu en voir certain un peu plus. Au final, je vais donc continuer la série parce que je suis sûre qu'elle est fort bien (pis, c'est Pevel, quoi)